Chebeya : les parties civiles exigent la sécurisation de la

 Un débat houleux a marqué mardi à la Prison Centrale de Makala l’examen de l’appel des parties civiles sur l’arrêt avant-dire droit rendu au premier degré par la Cour militaire dans l’affaire « Chebeya » La Haute Cour Militaire(HCM) va entamer, dès le mardi 24 juillet prochain, l’examen des demandes nouvelles  ainsi que différentes requêtes qui ont été introduites. Dans le lot, on cite le mémoire unique des prévenus Georges Kitungwa et Blaise Mandiangu, et des mesures conservatoires réclamées par les parties civiles à l’instar de la sécurisation de la ferme du général John Numbi Banza Tambo où serait enterré, d’après le récent témoignage du policier fugitif Paul Milambwe, Fidèle Bazana, chauffeur de l’activiste Chebeya et membre de l’Ong la « Voix des Sans Voix ».

   En effet, outre la demande exprimée à la HCM d’ordonner la sécurisation de ce site, les parties civiles ont aussi sollicité l’audition, par toutes les voies de droit, de Thierry Michel, cinéaste belge qui a recueilli et diffusé les « révélations accablantes » du fugitif Milambwe et la comparution de l’auditeur général et l’auditeur supérieur de la Gombe pour éclairer la Cour sur les différents lots de décision de renvoi. Par dessus-tout, les parties civiles ont invité la Cour à constater la persistance de l’implication du général John Numbi à travers des nouveaux éléments qui font surface dans cette affaire. « Il y a urgence de prendre des mesures provisoires afin de protéger ces moyens de preuve ; un renvoi à une date ultérieure risque de faire disparaitre lesdites preuves… » a déclaré Me Jean-Joseph Mukendi, coordonnateur des avocats des parties civiles.
 Dans le même registre, son collègue, Me Kabengela, a indiqué que ces faits s’étant révélés après la saisie de l’auditorat, il y a lieu de prendre des mesures d’urgence pour conserver ce site sensible. Enfin, Me Richard Bondo a précisé à l’intention des juges que l’urgence ici n’est pas de vider le fond, mais de sécuriser la ferme de John Numbi réputée être un « cimetière non connu du public ». « Nous exigeons par ailleurs une restriction des mouvements du général Numbi car sa présence a été citée sur le lieu du crime par Paul Milambwe… » a déclaré Me Bondo.

L’Organe de la loi sur ses grands chevaux

  Balayant d’un revers de la main toutes les imputations des parties civiles, surtout celles concernant la nullité de l’œuvre de la Cour militaire de la Gombe, le ministère public a déclaré que la suppression de la mention « Haute » qui apparait, aux yeux des parties civiles comme une tentative de tricherie, n’était qu’une erreur matérielle pour laquelle on a utilisé l’encre de correction. 
 Objectant énergiquement sur une défaillance de l’auditeur général ou de l’auditeur supérieur dans la transmission des décisions de renvoi, l’organe de la loi a rappelé que les moyens des parties civiles manquent de pertinence car ces dernières avaient bel et bien suivi toutes les démarches de la phase pré-juridictionnelle jusqu’à la fixation devant la Cour militaire.
 Quant à la plainte nominative de la veuve Chebeya contre le général Numbi, le ministère public a appuyé que l’accusation n’a pas pu rassembler des preuves y relatives. « Il vous souviendra qu’en date du 27 janvier 2011, toute une journée a été consacrée à l’interrogatoire du général Numbi qui a reçu une avalanche des questions. Depuis lors l’Inspecteur général de la police nationale n’a pas été rappelé à la barre. En bref, à l’état actuel on ne sait pas le transformer en prévenu car il n’y a pas d’éléments de preuve… » a-t-il conclu.

Controverse sur la compétence de juridiction militaire

 S’invitant à la barre, Me Peter Ngomo Milambo s’est appuyé sur l’inactivité du général Numbi qui avait laissé Christian Ngoy Kenga Kenga et Jacques Mugabo aller à Lubumbashi alors qu’il savait très bien qu’ils étaient recherchés. « C’est encore une preuve de complicité car il ne les a pas dénoncé, mais au contraire leur a ouvert la voie… »
 Faisant par ailleurs constater que le ministère public n’a pas sa liberté de parole car se cantonnant dans ses écrits puisque n’ayant pas instruit le dossier, Me Ngomo a soupçonné une tentative de tricherie dès lors que le colonel Daniel Mukalayi a été envoyé à la Cour militaire de la Gombe au lieu de celle de Matete car habitant Lemba.
 Venue à la rescousse du ministère public, l’avocate de la République, civilement responsable, Me Charlène Yangazo a rejeté cette thèse car estimant que conformément à la loi de compétence territoriale, tout individu mis aux arrêts dans son lieu d’infraction peut être jugé dans cette juridiction judiciaire. « Le colonel Daniel Mukalayi a été invité à partir de son lieu de service qui est Gombe. Il est donc justiciable devant la Cour militaire de la Gombe… » a-t-elle conclu.

Tshieke Bukasa

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