Chebeya : la veuve et les enfants au Canada

Mme Annie MANGBENGA-Nzinga, veuve de Floribert CHEBAYA et ses cinq enfants ont quitté Kinshasa jeudi dernier et se trouvent actuellement à Montréal au Canada où ils comptent séjourner pour un temps.  Est-ce pour des raisons de sécurité ou un voyage amical, familial ? On ne tardera pas à le savoir, mais toujours est-il que ce déplacement intervient trois mois et demi après l’assassinat crapuleux de l’activiste des Droits de l’Homme et la disparition de son chauffeur Fidèle BAZANA qui est, comme on le sait, l’un des frères de son épouse. De même, ce déplacement intervient juste deux semaines après la rentrée des classes, preuve s’il en faut que les enfants de feu CHEBEYA vont poursuivre leurs études ailleurs que dans le pays de leurs ancêtres. Ce déplacement intervient aussi alors que le dossier se trouve en instruction pré juridictionnelle auprès de l’Auditorat Général Militaire après avoir transité par le Parquet Général de la République, accompagné par les résultats de l’autopsie effectuée par une équipe mixte hollando-congolaise qui avait relevé certains indices sérieux de mort violente. 

            On rappelle qu’au lendemain du défilé monstre sur le Boulevard Triomphal le 30 juin de cette année qui avait lancé officiellement les festivités du Cinquantenaire de l’Indépendance, l’une des invitées de marque en l’occurrence Mme la Sous Secrétaire américaine aux Affaires Etrangères avait effectué une visite de consolation et de courtoise auprès de la famille de l’illustre disparu. Une semaine après, ce fut le tour du Chargé d’Affaires des Etats-Unis d’Amérique à Kinshasa d’offrir en sa résidence officielle un dîner à la même famille.

D’autre part, outre des messages de protestation émanant de diverses organisations congolaises de défense des droits de l’homme, lors du Sommet de la SADC tenu à Windhoek en Namibie, plus de 75 organisations africaines de défense des droits de l’homme avaient émis le vœu de voir instituer une commission d’enquête internationale indépendante. Selon une étude menée par une organisation internationale spécialisée dans les questions militaires, l’on n’a jamais vu une juridiction judiciaire militaire africaine condamner des officiers supérieurs. En prenant cette position, ces Ong des droits de l’homme voulaient protester contre le transfert du dossier judiciaire relatif à l’assassinat de Floribert CHEBEYA à l’Auditorat Général Militaire.

            Selon certains responsables des organisations de défense des droits de l’homme, ce déplacement pourra faire bénéficier à la veuve et aux enfants une aide psychologique susceptible de les sortir du traumatisme dans lequel les a plongés l’assassinat ignoble de leur mari et père. La question est de savoir comment la veuve qui s’est constituée partie civile dans le procès à venir pourra se présenter devant les juges de la Haute Cour Militaire pour présenter se témoignages fort attendus car c’est elle qui avait annoncé au monde que son mari avait un rendez-vous avec l’Inspecteur Général de la Police le jour de son assassinat. Cela, grâce à un message SMS lui adressé par son défunt mari quelques heures avant sa disparition. 

Fidèle Musangu

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