Chebeya : la vérité dans un mois…

L’affaire Chebeya est sur le point d’amorcer un tournant décisif. C’est le grand suspense en attendant les résultats de l’autopsie promis dans plus ou moins un mois (3 à 5 semaines), à en croire les informations circulant le week-end dernier. Ce délai est donné sur la foi du travail conjoint réalisé sur le corps du défunt vendredi à l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa par l’expert médico- légal congolais, Docteur Tshomba Honda, et ses confrères néerlandais conduits par Docteur Franck van de Goot. Il faudra le concours de plusieurs instituts spécialisés basés aux Pays-Bas pour la certification des analyses des éléments recueillis à Kinshasa.

Compte tenu de la haute valeur de la double expertise congolo-néerlandaise mise à contribution avec l’aval des gouvernements de la République Démocratique du Congo et des Pays-Bas, il est permis de croire qu’une partie de la vérité pourrait déjà éclater d’elle-même, sans qu’il ne soit besoin de forcer la nature. Parmi les précisions impatiemment attendues par l’opinion tant nationale qu’internationale, il y a celles concernant l’heure exacte de la mort de Floribert Chebeya ainsi que sa cause principale.

A partir de ces deux indications, il serait possible de savoir si les Sms envoyés par le défunt à son épouse, le mardi 1er juin 2010, étaient authentiques ou « fabriqués » dans une officine. L’on pourrait également être fixé sur l’authenticité ou non de la scène présentée par la Police Nationale Congolaise le mardi 02 juin à Mitendi, avec le cadavre de Chebeya reposant sur la banquette arrière de sa voiture, à demie nu, dans un décor fait de mèches de cheveux féminins, de préservatifs et d’aphrodisiaques.

Une réponse serait peut-être aussi apportée à la bosse sur son visage et au sang coagulé dans ses narines et oreilles, selon le constat des membres de sa famille biologique et de ses collaborateurs de la Voix des Sans Voix, lors de leur passage à la morgue de l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa. Les conclusions de l’autopsie du corps de Chebeya vont-elles démentir ou confirmer l’hypothèse présentement retenue par le Procureur Général de la République et selon laquelle il ne s’agirait pas d’un assassinat mais d’un meurtre ? Il est difficile de se prononcer à ce stade des investigations que supervise ce haut magistrat, dont on attend également l’autre partie de l’éclairage du mystère de sa mort mais aussi celui de la disparition de son chauffeur, Fidèle Bazana.

Lorsque d’aucuns pensent que Chebeya avait été invité à l’office de l’Inspecteur Général de la Police Nationale Congolaise le mardi 1er juin 2010, qu’il était en contact presque permanent avec son épouse entre 17 h 30 (heure du rendez-vous) et 21 heures 13’ (instant de son dernier Sms) avant que son téléphone ne se ferme brutalement ainsi que celui de son chauffeur, ils ont du mal à croire à autre chose qu’à un crime planifié, c’est-à-dire à un assassinat.

Toutefois, rien n’est définitif à ce stade du dossier. Le souhait de tous est que les zones d’ombres soient balayées au plus tôt, de manière à permettre aux familles biologique et associative du défunt et de son chauffeur d’être définitivement fixées sur leur sort et d’organiser, si leur destin commun était la mort violente, leurs funérailles communes.              

Jacques Kimpozo

 

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