Chebeya et Bazana : la VSV et leurs familles dénoncent l’inertie de la justice

VSV,La commémoration du 4ème anniversaire du double assassinat par la Police Nationale Congolaise (P.N.C.) de deux défenseurs de Droits humains, à savoir Floribert Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana Edadi (01 juin 2010-01 juin 2014) – respectivement ancien directeur exécutif et chauffeur-chargé de dispatching de l’ong « La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) – s’est déroulée durant toute la journée de dimanche 01 juin 2014, au  siège de la VSV, dans la commune de Ngalièma.  En effet, depuis 2011, la VSV commémore cette date sans discontinuer. Le dimanche dernier, de nombreuses personnalités politiques nationales, du monde associatif et des représentants du corps diplomatique à Kinshasa, sont venus honorer le martyre de ces deux vaillants défenseurs des droits humains abattus dans la  commune de Lingwala, dans les locaux de la Police nationale Congolaise, pour avoir cherché à défendre les droits de leurs compatriotes. Au lancement de la commémoration sur la tombe de Floribert Chebeya, au cimetière de Benseke-Futi Nouvelle Cité, dans la commune de Mont Ngafula, il convient de noter qu’il y avait parmi les participants le représentant de la Ministre de la Justice et Droits Humains, le député Jean-Claude Vuemba et les représentants de nombreuses associations de défense de droits humains, tels que le Bâtonnier Jean Joseph Mukendi, Me Marie-André Muila Kayembe, Me Sylvain Lumu, etc.

 La Communauté internationale n’était pas en reste et se faisait remarquer à travers les représentants de la Belgique, du Pays-Bas, des Etats-Unis, de la France, du Royaume Uni, de l’Union Européenne, des Nations-Unies, etc. La cérémonie de recueillement a démarré avec le mot de circonstance du directeur exécutif de la VSV, Dolly Ibefo qui s’est déclaré ému par cette nombreuse participation de tous ceux qui portent la cause de droits humains dans leurs cœurs, et particulièrement qui ne ménagent aucun effort pour que justice soit faite dans ce dossier et des dommages et intérêts attribués aux familles des victimes. Soulignant cette union devant les commanditaires et exécutants de ce crime d’Etat, il a expliqué que cette commémoration était placé sous le thème : « Quatre ans après votre assassinat, tous unis pour défendre votre cause ». En plus, il a insisté pour que cette date ravive chaque année, la mémoire de l’opinion publique pour que personne n’oublie cet ignoble assassinat,  comme le veut le pouvoir en place.

Depuis quatre ans le corps de F. Bazana n’est toujours pas rendu à sa famille et les commanditaires restent impunis

 Enfin, le directeur exécutif de la VSV est revenu sur l’impunité dont jouissent les vrais commanditaires de cet odieux assassinat. Il en a appelé à la mobilisation de tous pour qu’ils ne continuent plus à jouir de l’impunité. Depuis quatre ans le corps de Fidèle Bazana reste introuvable et il a saisi l’occasion pour dénoncer l’impunité dont jouit le  suspect n° 1 dans cette affaire,  en  l’occurrence le général John Numbi Banza Tambo qui, jusqu’à présent, circule librement sur le territoire national sans être inquiété, ni interpellé par les autorités nationales en général et judiciaires en particulier. Ce cas, a-t-il conclu, risque de consacrer le régime des intouchables en RDC et qu’il était temps que les autorités de la Rd Congo s’en saisissent en  garantissant l’indépendance effective de la magistrature. Dolly Ibefo a aussi réitéré son appel aux autorités de la RDC pour laisser libre la diffusion, sur toute l’étendue du territoire national, du film « L’Affaire Chebeya, un crime d’Etat ? », produit par le cinéaste belge Thierry Michel. Il a également demandé que soit garantie à ce dernier la liberté de circulation  en Rd Congo.

Enfin, une messe d’actions de grâce a été célébré à la Paroisse Saint Léopold de Ngaliema, suivi d’un point de presse animé par Me Kabengela, un des avocats conseils des familles des victimes. Il a donné l’état de lieu du dossier judiciaire qui se trouve présentement à la Cour suprême de justice. Toutefois, dans le cas de la persistance des blocages dans ce dossier, les parties civiles affirment leur volonté de se référer aux instances judiciaires conventionnelles et internationales.

SAKAZ

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