Chasse aux «Kuluna» à Ngiri-Ngiri et au Camp Luka : deux innocents tués

Le Camp Luka, un des quartiers chauds de la ville de Kinshasa, ploie depuis près de trois ans, sous la loi des marginaux appelés «kuluna». Dès que ces délinquants sortent de leurs tanières pour effectuer quelques opérations, c’est tout le Camp Luka qui tremble. Les piétons sont dépouillés de leurs biens, et les plus malheureux s’en sortent en plus avec des blessures béantes sur la tête et sur les membres, causées avec des machettes. La police du district de la Lukunga s’est déployée dernièrement dans certaines localités. Bilan : aucune arrestation, mais des balles tirées en l’air qui ont alerté les marginaux de la présence policière dans le secteur. Ces délinquants ont vite fait de traverser la rivière Makelele, trouvant refuge dans la commune de Bandalungwa, pour les uns, et à Selembao.

            La semaine passée, un policier excédé par ces agressions barbares des «kuluna», a décidé de leur régler les comptes. Samedi 18 mai, il les a pourchassés, en tirant des coups de feu en l’air. Un de ces délinquants a été atteint à la poitrine et au bras gauche. La victime a été identifiée plus tard comme étant plutôt un vendeur de charcuterie. Il s’agit de Gédéon Ayombe Mutinga, âgé de 32 ans, résidant sur avenue Mutuelle n° 12, quartier Jamaïque, commune de Kintambo. Aux dernières nouvelles, nous apprenons que le policier Yembo Songali du commissariat de Kintambo, fait l’objet des poursuites judiciaires du chef de meurtre du commerçant ambulant Ayombe.

            Le même samedi, des kuluna ont assiégé la parcelle sise avenue Bosenge n°30, quartier Karthoum, commune de Ngiri-Ngiri où ils ingurgitaient de l’alcool indigène et fumaient du chanvre. Une façon de se mettre en euphorie avant d’aller attaquer de paisibles citoyens. Alertés, les policiers du commissariat de cette mairie ont effectué une descente sur le lieu. Une jeep bondée d’éléments de cette unité est arrivée sur la rue Bosenge et a surpris quelques marginaux en flagrant délit de consommation de drogues non loin de là. Des coups de feu tirés en l’air ont malencontreusement fait une autre victime. Sefu Mulambalamba, âgé de 10 ans, a attrapé une balle dans le ventre. Il est mort sur le champ.

            Encore une fois, ces incidents malheureux montrent aux yeux de certains observateurs, que soit la police cible mal les kuluna, soit que sa traque n’est orientée que sur des innocents, alors que les têtes d’affiche de «kuluna» paradent dans certains quartiers, au vu et au su de tous. Dans certains coins, ils sont connus et bien localisés. Eux-mêmes ne s’en cachent pas, sûrs de leurs protecteurs qui se recrutent dans les milieux judiciaires. D’ailleurs, c’est ce qui assure leur impunité depuis qu’ils se sont lancés dans cette sale besogne. Parmi eux, il y en a qui n’ont jamais été arrêtés par la police, ni interrogés. Ils ignorent la rigueur de la justice, les incarcérations et la peine d’emprisonnement. Il est temps que l’on repense la traque de ce genre des malfaiteurs dont les pépinières prolifèrent sans être inquiétées par la police de proximité.

                                   J.R.T. 

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