Changement du mandat de la Monusco : pourquoi la RDC traîne-t-elle les pieds ?

La « guerre » déclenchée par les mutins du M23 contre les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) au Nord-Kivu est parsemée d’épisodes marqués par des frappes aériennes des hélicoptères de la Monusco contre les rebelles. Ainsi, bien malgré elles, les troupes onusiennes sont contraintes d’intervenir dans les hostilités, dans le cadre du Chapitre VII du mandat de leur organisation, et plus précisément dans son volet relatif à la protection des populations civiles.
 Mais, à l’analyse des données du terrain qui font état de l’instrumentalisation de ce mouvement rebelle par le Rwanda et du schéma de la balkanisation de notre pays sous prétexte d’une fausse crise congolo-congolaise, il y a sans aucun doute nécessité de changement de mandat de la Monusco. Au lieu d’une application partielle du Chapitre VII, la situation d’insécurité persistante au Nord-Kivu exige son application intégrale.

 Mais, pour en arriver au changement de mandat, il faut une demande expresse des autorités congolaises au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Pourquoi traînent-elles les pieds ?
 
 C’est la question qui dérange plus d’un compatriote. L’on a souvent reproché aux Casques bleus onusiens de ne pas s’impliquer assez dans des actions de terrain contre les « forces négatives », se contentant le plus souvent du monitoring des violences et exactions dont sont souvent victimes les populations civiles.
 Les accusations portées contre la Monusco quant à son attitude quelquefois jugée passive face aux activités des « forces négatives » seraient entièrement fondées si son mandat lui permettait d’user de la force partout où l’intégrité du territoire de la RDC était violée ou la paix troublée par un groupe armé, interne ou externe. Dans ce cas, au lieu de se limiter à la protection des civils, elle ferait plus.


 A l’heure où l’Union Africaine a décidé de fourrer son nez dans le bourbier congolais, sans grande chance de réussite, le gouvernement congolais pourrait mettre à profit le nouvel et virtuel échec de son projet de positionnement d’une force internationale neutre à la frontière rwando-congolaise pour relancer la question du mandat de la Monusco. Au lieu que notre peuple attende le déploiement hypothétique de cette force, il serait mieux indiqué de saisir le Conseil de Sécurité dans le sens d’une plus grande responsabilisation des troupes onusiennes dans la traque des forces négatives.
 En principe, une mission de surveillance de la frontière rwando-congolaise par la Monusco ne devait rien coûter à cette dernière, compte tenu de sa présence permanente sur tous les fronts, actifs comme en veilleuse, depuis plus d’une décennie. Si le Rwanda n’a pas peur d’un témoin gênant et si la RDC n’a aucune dette financière ou morale vis-à-vis de son voisin, la bonne option pour la traque du M23, des FDLR et d’autres groupes armés serait celle de donner carte blanche à cette force onusienne. Agir autrement, c’est laisser le flanc à un nouveau coup fourré de Kigali, à travers ses rébellions et milices.


    Kimp

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