Ces Ben Laden qui dirigent l’Afrique !

Les Etats-Unis d’Amérique ont réservé au monde entier une grosse surprise hier lundi 02 mai. En effet, Oussama Ben Laden, l’ennemi public n°1 du peuple américain depuis 10 ans, celui-là même qui paraissait insaisissable et invulnérable, a connu une fin brutale dans une forteresse où il vivait en clandestinité, non loin d’une base militaire pakistanaise, dans la périphérie d’Islamabad.

L’opération commando menée par les « Forces spéciales » américaines contre cette résidence a été sans pardon pour le chef mythique et charismatique d’Al Qaïda. Oussama Ben Laden était sorti de l’anonymat peu après les attentats du 11 septembre 2001 contre les deux tours jumelles de New York. Pendant que l’Amérique de George W. Bush Junior était sous le choc, celui qui s’était révélé au monde entier comme le porte-étendard du terrorisme international ne cessait de promettre des malheurs à l’Occident en général et au peuple américain en particulier.

Au vu de la tragédie du 11 septembre 2001, l’ancien président américain avait pris l’engagement de traquer Ben Laden et Al Qaïda jusqu’à leur anéantissement total. Hélas, au lieu de concentrer les efforts sur le maquis d’Afghanistan où la présence du « fils du diable » avait été signalée, l’administration Bush avait trouvé le moyen d’ouvrir le front de l’Irak, favorisant ainsi un relâchement qui avait permis au fugitif de se diluer dans la nature.
Invisible, imprenable, Oussama Ben Laden était devenu un cauchemar pour les gouvernants et les peuples du monde occidental. Dans sa multiple et mystérieuse cachette, il faisait trembler les « grands » de la planète par des menaces de plasticage d’immeubles, de sabotage des lieux publics et d’avions, d’assassinats planifiés, des colis piégés, les attaques des « kamikazes », etc.

Pendant dix ans, le terrorisme international a frappé des ambassades, des marchés, de grandes surfaces, des gares de train, des aéroports, des boîtes de nuit, des écoles, des universités, des hôpitaux, des jardins publics, des avions, des trains, des autobus, des véhicules, des voitures… bref tout ce qui bougeait, au seul motif qu’il fallait punir les occidentaux, coupables d’injustices diverses et d’avoir désacralisé la terre sainte de l’Islam en Arabie Saoudite.

Ben Laden mort… et mort le terrorisme ?

Maintenant que Ben Laden est mort, est-il permis de croire que la mort du terrorisme international va s’ensuivre ? Rien n’est moins sûr. Et le président américain, Barack Obama, était le premier à s’interdire tout triomphalisme dans son allocution solennelle d’annonce officielle du trépas du chef spirituel d’Al Qaïda. Tout le monde a compris, à travers son adresse, que la lutte contre le terrorisme doit se poursuivre.
Rien ne doit être négligé face à l’émiettement presque certain d’Al Qaïda en un conglomérat de mouvements terroristes appelés à nuire à leur manière aux intérêts des occidentaux et à tous les citoyens du monde. Tout en saluant l’initiative américaine ayant conduit à la décapitation de la nébulaise Al Qaïda, l’on ne peut s’empêcher d’interpeller ceux qui régentent les relations entre Etats.

Les succès futurs d’actions à mener contre les « héritiers » d’Oussama Ben Laden vont dépendre de leur capacité à traquer non seulement les sources de financement des mouvements terroristes, mais aussi à éliminer tout ce qui est de nature à faire le lit du terrorisme, à savoir les injustices sociales, la pauvreté, la mauvaise gouvernance, l’absence de démocratie, le non respect des droits de l’homme, etc.
L’Afrique en particulier se présente comme un terrain fertile aux activités terroristes. Déjà, plusieurs Etats de l’Afrique de l’Ouest (Mali, Niger), du Nord (Maroc, Tunisie, Libye, Egypte), de l’Est (Somalie, Soudan) et du Centre (RDC) hébergent des groupes terroristes et des milices dont le modus operandi rappelle Al Qaïda. C’est ce type de terrorisme rampant que les Etats industrialisés du Nord devraient s’employer à éradiquer aussi à travers une lutte sincère et efficace contre la pauvreté mais aussi contre les régimes dictatoriaux tenus par des présidents à vie, foncièrement opposés contre l’alternance politique au pouvoir.

L’Afrique, il faut bien le dire,  est infestée de nombreux Ben Laden en miniature. Appelés à tort «Père de la Nation» ou «Homme Fort» de telle ou telle capitale, ils ne sont en réalité que des techniciens de la violence d’Etat, des détourneurs patentés des richesses de la collectivité et des distributeurs automatiques de la mort aussi bien aux petits enfants, aux vieillards, aux femmes qu’aux hommes de tous les âges.

On ne peut pas arrêter la fertilisation des sols africains par le terrorisme  si on ne moralise pas les relations entre Etats et si on ne traduit pas  en actes les prescrits de la Déclaration universelle des droits de l’homme. L’heure est donc venue de mettre fin au règne de tous ces petits Ben Laden qui dirigent plusieurs Etats du continent. Elle est venue pour que les bonnes volontés du Nord et du Sud acceptent de se regarder dans le miroir pour analyser objectivement les actes qu’ils posent. Quelle cause sert-on lorsqu’on encourage des individus et régimes qui tuent, pillent et violent? La question mérite d’être posée.                                                                       

Kimp

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