Ce mardi à Brazzaville : Lumanu-Mboulou : rencontre de vérité !

Le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Adolphe Lumanu, est attendu ce mardi à Brazzaville, en République du Congo. Dans une brève déclaration à la presse, il a indiqué : « Je crois que cela va être le rendez-vous de la vérité ». Les observateurs constatent que sa visite inopinée de l’autre côté du fleuve Congo intervient 72 heures après l’escalade verbale entre Kinshasa et Brazzaville, rappelant à certains nostalgiques les feuilletons Tshombe- Massamba Débat ou Mobutu Ngouabi des années ’60 et ’70.

On croit savoir que ce déplacement est vraisemblablement lié à ses déclarations en rapport avec l’attaque armée menée dans la nuit de jeudi à vendredi par des éléments ex-FAZ (Forces Armées Zaïroises) et des déserteurs des FARDC sur la localité de Lukolela, dans la province de l’Equateur, à plus de 500 Km de Kinshasa, en amont du fleuve Congo, lesquelles ont suscité une cinglante riposte de son homologue du Congo/Brazzaville, Raymond Zéphirin Mboulou.
En effet aux accusations de Lumanu faisant état d’assaillants venus du Congo voisin pour déstabiliser la RDCongo par la prise non seulement de Lukolela mais aussi des villes de Mbandaka, Kinshasa et Matadi, à l’instigation du général Faustin Munene, présumé toujours aux arrêts et en détention dans une prison du Congo/Brazzaville, Zéphirin Mboulou a répondu en parlant d’un « montage ». Le ministre de l’Intérieur du Congo/Brazzaville a poussé le bouton très loin en martelant que « cette attaque et ces arrestations sont un simulacre pour justifier la non tenue des élections en RDC. Si ceux qui organisent ces élections ne sont pas prêts, ils n’ont qu’à le dire… et laisser tranquilles les autres ».

L’atterrissage inattendu de Zéphirin Mboulou dans le dossier des élections présidentielle et législatives nationales annoncées pour le 28 novembre 2011 et sur lesquelles continue de planer le doute, a fait tiquer de nombreux analystes et acteurs politiques. Cela a certainement mis à mal non seulement le gouvernement congolais mais aussi la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), qui persistent à soutenir que l’échéance du mois de novembre sera respectée, en dépit de la présence de nombreux signaux négatifs qui semblent accréditer la thèse du report.
Le pavé jeté dans la mare par le ministre de l’Intérieur du Congo/Brazzaville est de nature à apporter de l’eau au moulin de l’opposition congolaise ainsi que de certains partenaires et Ong étrangers qui doutent de la capacité de la CENI d’être à jour à la date du 28 novembre 2011. Certains seraient tentés de faire un lien entre le refus de cette institution d’appui à la démocratie d’ouvrir son serveur central à l’opposition et les répressions policières des manifestations dictées par l’exigence de transparence du fichier électoral. D’autres pourraient donner raison à ceux qui pensent que l’insécurité ambiante à l’Est du pays ferait partie du schéma du report des élections pour « cas de force majeure ».

Rencontre de vérité à Brazzaville ? Des millions de Congolaises et Congolais de Kinshasa, fort préoccupés par la réussite du processus électoral, l’appellent de tous leurs vœux. Ils espèrent qu’Adolphe Lumanu et Raymond Zéphirin Mboulou vont échanger sans tabou en vue de tirer au clair non seulement l’affaire de l’attaque de Lukolela mais aussi le dossier des préparatifs des élections présidentielle et législatives nationales en RDC.
Nos compatriotes sont impatients de savoir d’une part si le général Munene a effectivement instrumentalisé une nouvelle tentative de rébellion contre le pouvoir en place à Kinshasa et, d’autre part, si la CENI leur dit la vérité au sujet de l’état d’avancement technique, logistique, juridique, financier et administratif du processus électoral. Chacun voudrait se convaincre que dans 48 jours, tout serait prêt : listes définitives de plus de 19.000 candidats députés avec numéros d’ordre, urnes, isoloirs, bulletins de votes pour la présidentielle et les législatives, bureaux de vote, etc.

Dans les salons politiques de Kinshasa, l’on continue de commenter en sens divers les propos incendiaires du ministre Raymond Zéphirin Mboulou, qui a donné l’impression de vouloir faire un déballage autour de la situation réelle du processus électoral en République Démocratique du Congo. Si les choses vont réellement mal, la question serait de savoir qui de Lumanu et Ngoy Mulunda devrait dire la vérité aux Congolais, de manière que cela ne leur fasse pas trop mal au cœur et au porte-monnaie.

Kimp

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