Cathédrale Notre Dame : les larmes de Ngakoso

Une foule immense a pris d’assaut  la cathédrale Notre Dame du Congo pour suivre le culte religieux organisé hier mardi 12 juin 2012 en mémoire de Ndombe Opetum.  Pour ce deuxième jour des obsèques, le  président de l’Assemblée Nationale, Aubin Minaku, les ministres de la Culture des deux Congo, Jean-Claude Ngakoso et Banza Mukalay, le président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa Nsingi…. étaient  à l’avant plan.
L’évangile  du jour portait  sur la notion du temps.  Le sage ne se soucie pas beaucoup es biens de cette terre. N’est-ce pas que nous sommes des passagers ici sur terre ?

Il y a un temps pour naître et un temps pour mourir.  Il y a un temps pour pleurer et un temps pour rire. Il y a un temps pour parler et un temps pour se taire. Il y a un temps pour se rencontrer et un temps pour se séparer….. Au fil des jours, on s’approche lentement mais sûrement de la mort. Le 21 février 1944, une cloche avait sonné pour annoncer la naissance de Ndombe Opetum. C’était un jour de joie, a-t-on entendu de la bouche d’un des officiants du culte.

Le 24 mai 2012, une seconde et dernière cloche a tinté pour nous annoncer la disparition d’Opetum. Il est revenu sur les paroles de Jésus à ses disciples lors du dernier festin : « N’ayez pas peur. Je vous précède à la demeure de mon père. Et reviendrez pour vous prendre ». La musique contribue à unir les êtres humains.  Durant toute sa vie, le disparu s’est employé à rapprocher les gens à travers la musique.
Ndombe était à cheval entre les écoles Kabasele et Odemba.  Il est l’un de meilleurs représentants de la rumba congolaise. Qui fait d’ailleurs partie de notre identité. Les vieux ont balisé le chemin. Les jeunes feignent de l’ignorer.
Le disparu était un peintre de la société. Il l’a prouvé à travers  « Chance ya mondele ». et « Nayebi ndenge bakolela ngai ».

Des moniteurs blancs qui débarquent en Afrique sont  bombardés des titres de professeurs. On les voit toucher des salaires faramineux. Des licenciés et agrégés congolais croupissent dans la misère. Ndombe était un bon père de famille. On le voyait payer en personne  les frais scolaires de ses enfants.
Les stars congolaises ont pris la vilaine habitude de tester leur popularité lors des cas de deuil. JB Mpiana est venu hier à la cathédrale avec un grand retard, toublant  quelque peu le déroulement du culte.

Les larmes d’un poète.

  «Prendre la parole maintenant est une épreuve redoutable pour moi .  C’est une tâche difficile pour moi.
Ceci dans la mesure où la renommée du disparu  a dépassé les frontières nationales. Sa dépouille mortelle est inondée des fleurs. La mort restera une énigme pour l’intelligence humaine. A Brazzaville, la tristesse est  immense.  Chacun  d’entre nous a quelque chose de Ndombe en lui. Ndombe et Tabu Ley ont formé un duo de choc pendant près de cinq ans. Cette paire des chanteurs nous a  gratifié des titres comme Mokrano, Mundi…..

Sa voix était angélique et berceuse. Je l’ai vu pour la première fois à Brazzaville en 1969. Il avait chanté « Longo » et d’autres titres. C’était sublime. Lors du dernier Fespam, je l’ai revu. Egal à lui-même, il était tour à tour charmeur, sensuel.
On avait fait une escapade ensemble. Nous sommes allés du côté de l’île Mbamu. Cet être cher n’est plus. Mais l’artiste ne meurt jamais, il dort simplement. Je m’incline avec révérence devant sa dépouille. », a fait observer le ministre brazzavillois  de la Culture.

« Au sommet de l’Etat, on a été touché par la disparition de Ndombe Opetum. Le ministre de la Culture et des  Arts a été chargé de faire les choses proprement. Le défunt est un des monuments de la musique congolaise. Son œuvre va lui survivre. Je suis honoré par la présence de nos frères d’en face. N’est-ce pas qu’on reconnaît ses amis dans le malheur ? » a souligné Banza Mukalay.
Kiamuangana Mateta a loué le courage de son collègue. Qui  pendant plusieurs jours a fait comme s’il était réellement bien portant. En somme, il ne voulait pas faire trop de peine à ses proches.

Après qu’Aubin Minaku ait déposé la gerbe des fleurs, plusieurs autres personnes se sont alignées en file indienne pour s’adonner au même exercice. Reprogrammée le matin  , l’étape de Bandal a été annulée en raison des contraintes du temps. Le point de chute a été le cimetière Nécropole, à Kinkole, où Pépé Ndombe a été inhumé.
 Jean- Pierre Nkutu

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