Cardinal Monsengwo : «Il faut deux tours parce que le Président à élire, doit l’être et le devient pour une majorité de la population»

Après son exposé sur le message du Pape, le Cardinal Laurent Monsengwo a répondu à quelques questions de la presse notamment sur la révision constitutionnelle et les élections prévues en RD Congo en Novembre 2011. Face à la presse, le Cardinal a indiqué ce qu’il considère comme zones d’ombre pour aider à la compréhension du message du Pape, notamment la nécessité de vivre dans un monde de paix. En effet, la liberté religieuse est un chemin vers la paix et un élément incontournable d’un Etat de droit. Cela fait partie de la civilisation politique, a-t-il ajouté. Des questions d’actualités ont également été abordées, ses relations avec l’Etat, les élections et  la révision de la Constitution prévue par l’article 218.

    S’agissant de ses relations avec l’Etat, le Cardinal Monsengwo a dit à la presse que « ses relations avec le pouvoir politique sont basées sur le dialogue et la collaboration. Ainsi donc, les messages et interpellations font partie de  mon rôle d’annoncer à temps et à contretemps la parole de Dieu. Cela cadre avec ma mission comme Cardinal et Pasteur. Et lorsque le Cardinal ou tout autre Evêque annonce la parole de Dieu, il l’adresse à toute la communauté des fidèles et des hommes de bonne volonté. Ce n’est donc pas des attaques individuelles.
A propos de la révision du code électoral, il est nécessaire de connaître les dispositions légales et faire la part de choses entre la lettre et l’esprit du texte».
    Concernant la révision du code électoral de 2006 qui donne des indications sur le scrutin direct à deux tours pour l’élection du Président de la République que la majorité présidentielle voudrait réduire à un tour unique pour novembre 2011, à l’ordre du jour d’un débat très animé entre les protagonistes de la classe politique, le Cardinal a donné son point de vue. En effet, le porte-parole du Gouvernement, Lambert Mende  a soutenu lundi 3 janvier 11 devant la presse que la révision du code électoral est devenue nécessaire pour deux raisons  fondamentales :
1. Le deuxième tour selon Mende, est devenu source de conflit au regard des élections organisées en Afrique, notamment en Guinée, en Côte d’Ivoire…;
2. La RD Congo ne dispose pas de moyens suffisants pour organiser le second tour en raison de son  coût exorbitant, il serait mieux indiqué de disposer ces moyens pour l’aménagement des infrastructures nationales.
    « Toutes ces raisons, affirme le Cardinal, ne me convainquent pas ».En effet, ajoute-t-il, si la Constitution a prévu un scrutin universel, c’est pour éviter le vote indirect par des représentants de  la population au Sénat. Pour affirmer la cohésion de tous, la Constitution a prévu le scrutin universel ;et le  code électoral a indiqué qu’il faut deux tours parce que le Président à élire, doit l’être  et le devient pour une majorité de la  population. Il  n’est pas intéressant d’être élu à 20% pour une population estimée à 100%. C’est pourquoi le second tour permet de départager les deux challengers. Celui qui obtient 50 % + 1, a donc la majorité des voix ».
    Sur d’autres questions relatives à la participation des ecclésiastiques dans les structures politiques électorales nationales, il a indiqué le refus et l’interdiction décidés en décembre  2010 par la Conférence Episcopale Nationale du Congo de voir des ecclésiastiques occuper des postes politiques. Toutefois, a-t-il précisé, l’Eglise qui n’a pas de candidats à supporter ou proposer lors des prochains scrutins, continuera à assurer la formation civique des fidèles en vue des élections. Et d’ajouter que l’Eglise ne donnera aucune consigne de vote mais proposera le profil des candidats en vue de permettre aux fidèles de faire un choix judicieux.

Leave a Reply