Carburant : la raison de la pénurie

La ville de Kinshasa connaît, depuis quelques jours, une pénurie progressive des produits pétroliers. C’est le gasoil qui a commencé à se raréfier au niveau des stations-services, avant que cela ne touche l’essence. Hier lundi, la situation était en train de virer au pire, avec la fermeture d’une grande partie des points de vente des produits pétroliers.

            Pour nombre d’automobilistes et usagers de la route, le décor d’une nouvelle hausse des prix du carburant paraissait solidement planté. En effet, chaque fois que s’annonce la révision à la hausse des étiquettes, c’est le scénario que l’on observe aux quatre coins de la ville, avec la montée en force des « Kadhafi », ces vendeurs au noir des produits pétroliers.

            Intrigué par l’impossibilité de la quasi-totalité des stations-services de la capitale de desservir les automobilistes en essence ou en gasoil, Le Phare s’est employé à chercher la raison de la pénurie auprès des sources autorisées. A en croire l’une d’elle, qui réunissait tous les paramètres de  crédibilité, il n’y a ni rupture de stock des produits pétroliers, ni une quelconque intention délibérée de spéculer, encore moins un signe annonciateur d’une nouvelle hausse des prix.

            La raison de la pénurie actuelle, que notre source estime passagère et de très courte durée, est liée à un problème de charroi dans le chef de SEP-Congo, la société chargée du stockage et de la distribution des produits pétroliers. Selon les dispositions arrêtées par cette dernière, la situation pourrait se normaliser dans les 72 heures. Il n’y a, par conséquent, aucun motif de céder à la panique.

            Au sujet de l’état des stocks, une source proche de la profession pétrolière a indiqué au Phare que les quantités des produits pétroliers disponibles sont en mesure de couvrir les besoins de l’ensemble du pays sur une période d’au moins 6 mois.

            Ainsi, les difficultés passagères de distribution du carburant ne devraient pas être mises à profit par les spéculateurs pour se lancer dans des opérations maffieuses de nature à compliquer l’équation des transporteurs publics et privés à la veille de la fête de Nouvel An.

            Mais les automobilistes, échaudés par la dernière augmentation des prix de vente de produits pétroliers, laquelle a fait exploser la parité entre le litre d’essence et le dollar, en portant  le litre d’essence à 1.150 FC et celui du gasoil à 1.140 FC, ont du mal à croire que la pénurie actuelle serait purement indépendante de la bonne volonté aussi bien des opérateurs du secteur pétrolier que des pouvoirs publics.

On croise donc les doigts en attendant que SEP-Congo revienne à la desserte normale des produits pétroliers à travers non seulement la ville de Kinshasa mais aussi plusieurs contrées du territoire national.

Jacques Kimpozo

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