Candidature unique ou commune de l’opposition : marché des dupes et distraction de trop

Le débat sur la question de la candidature unique ou commune se clarifie de plus en plus. Au lendemain de son retour à Kinshasa après une tournée aux Etats-Unis et en Europe, Léon KENGO Wa Dondo s’est empressé de mettre en place une plate-forme électorale dénommée FORECO réunissant des partis politiques et associations civiles l’ayant adopté comme leur candidat unique à l’élection présidentielle du 28 novembre prochain. Une démarche comprise par le commun des mortels comme une façon d’enterrer définitivement l’aile de l’opposition hier dénommée « groupe de Sultani ». Vital KAMERHE, un autre poids lourd de ce Groupe de Sultani qui n’a vécu que l’espace d’une semaine devrait fixer l’opinion sur ses intentions à court et long terme, entend-on dire dans les salons politiques de la haute ville. Va-t-il renforcer sa plate-forme dite « A.V.K. » ou Alliance Vital Kamerhe ou en créer une autre sur la base d’une connotation beaucoup plus mobilisatrice ? On ne tardera pas à le savoir, les échéances approchent à grands pas. Pour sa part, le Sphinx de Limete continue à ne jurer que par sa « D.T.P. »  ou Dynamique Tshisekedi Président qui s’est élargie à d’autres formations politiques pour se fondre dans l’aile dite de Fatima.

Marché des dupes et distraction de trop 

Une lueur d’espoir avait pointé à l’horizon de ceux qui croyaient encore en la formule d’une candidature unique ou commune dès lors que Léon KENGO avait été récemment  reçu par Etienne TSHISEKEDI dans sa résidence privé de Bruxelles. Ce dernier avait promis de rencontrer Vital KAMERHE aux Etats Unis d’Amérique. Depuis lors, beaucoup d’eau a coulé sous le pont et à la surprise générale, voilà qu’une fois à Kinshasa,  le président du Sénat a immédiatement lancé sa plate-forme électorale. Oubliant le discours sur la candidature unique qu’il venait de prononcer à la sortie de ses entretiens avec Etienne TSHISEKEDI à Bruxelles. Selon des sources dignes de foi, le président national de l’Union pour la Nation Congolaise n’a pas rencontré son homologue de l’UDPS à Washington, preuve que ce dossier tant claironné de la candidature unique fera partie des archives de l’histoire politique très mouvementée de la nation. Un marché des dupes ou une distraction de trop ? Marché des dupes pour les naïfs que sont ceux qui avaient cru aux vertus de cette candidature unique censée permettre à l’opposition de battre Joseph KABILA. Distraction de trop, car ce genre des propositions abondent dans la bibliothèque de la vie politique congolaise. Celle-ci, on le sait, est faite des tentatives de rassemblement, d’alliance et des rapprochements depuis les premières heures de l’indépendance de ce pays. Que des déchirements n’a-t-on pas vécus pendant et après la Table Ronde Politique de Bruxelles ? Cela, dans la plupart des grandes formations politiques de cette période cruciale de la fondation de l’Etat congolais ! Il en fut de même avant, pendant et après la Conférence Nationale Souveraine. D’où le recours au dédoublement des partis politiques en plusieurs ailes : le MNC-Lumumba, le MNC-Kalondji, le MNC-Nendaka, L’ABAKO-Kasa-Vubu, l’ABAKO-Mwinda, l’ABAKO-Kanza, le PSA-Gizenga, le PSA-Kamitatu, le CEREA-Weregemere, CEREA-Kashamura, le PDSC-Kamitatu, le PDSC-Sesanga, l’UDPS-Birindwa, l’UDSP-Kibassa, l’UDPS-Tshisekedi, le MPR-Vunduawe, le MPR-Nzuzi, le FCN/Kande, le FCN/Kamanda, le FCN/Mandungu, etc.  Il apparait clairement que cette affaire de candidature unique constitue une distraction de trop. Ceux qui en parlent avec délectation utilisent un double langage pour distraire les naïfs car ils ont leurs yeux tournés ailleurs, ils savent ce qu’ils cherchent : la conquête du pouvoir par tous les moyens. Au moment où ils distraient l’opinion, leurs officines travaillent ardemment sur les stratégies électorales et les alliances utiles en cas d’un retournement spectaculaire et inattendu de la situation sur le terrain.

Comment battre Joseph KABILA ?   

Qui a dit que pour battre Joseph KABILA, l’opposition  doit nécessairement présenter un seul candidat ? S’est exclamé un cadre de ceux qui espèrent déloger l’actuel locataire du Palais de la Nation. Autrement dit, c’est comme si Joseph KABILA dispose déjà à l’avance des 30 % des voix dans les urnes et va se disputer les 70 % des voix restantes avec les autres dix  candidats à l’élection présidentielle. Avant de renchérir que, vu sous cet angle, c’est comme si Joseph KABILA et ses stratèges sont parvenus à infiltrer les rangs de l’opposition politique en inoculant en son sein le venin  de la discorde pour les empêcher de se doter d’un seul candidat à même de le battre le 28 novembre prochain. N’est-ce pas induire Joseph KABILA en erreur en lui faisant croire qu’il peut dormir tranquillement sur ses lauriers car il dispose déjà des 30 % des voix dans les urnes et qu’il va partager les 70 % des voix restantes avec ses dix adversaires ? Alors que l’Est où il avait réalisé des scores à la soviétique en 2006 lui a tourné le dos du fait de la non visibilité des cinq chantiers en ce qui concerne l’eau, l’électricité et les routes. Ensuite, les habitants de ces contrées sont d’avis que l’insécurité ambiante qui sévit à l’Est résulte des détournements des salaires des militaires opérant au Nord et Sud Kivu ainsi que dans l’Ituri par des groupes maffieux bien identifiés mais tapis dans les institutions de la République à Kinshasa et qui ne sont pas du tout sanctionnés. Enfin, la nomination des officiers provenant de l’ancien mouvement politico-militaire du CNDP à la tête des bataillons opérant dans ces territoires ne rassure pas car le pouvoir de Kinshasa les avait toujours présentés comme des criminels devant être déférés devant la Cour Pénale Internationale. Voilà le tableau que de nombreuses hautes personnalités de la Majorité Présidentielle originaires du Kivu ont fait parvenir à Joseph KABILA et ne cessent de proclamer haut et fort dans les salons politiques de la haute ville.

Pourquoi signer des accords particuliers ? 

Si en 2006, Joseph KABILA a été contraint de signer des accords de gouvernement avec le PALU d’Antoine GIZENGA et l’UDEMO de MOBUTU Nzanga, c’était pour obtenir quelques voix au deuxième tour dans les territoires du Centre et de l’Ouest du pays où son challenger Jean-Pierre BEMBA avait récolté un succès formidable. A ce jour, l’on remarque que non seulement le deuxième tour a été supprimé du scrutin présidentiel mais en plus Joseph KABILA n’a signé aucun accord ni avec le PALU et encore moins avec aucun parti politique ou personnalité indépendante de la majorité présidentielle. Ainsi donc, ce qui est valable pour la majorité présidentielle devrait l’être davantage pour l’opposition qui se bat pour renverser la situation en sa faveur. Sinon, si après avoir été chassés de l’UDPS, Valentin MUBAKE ou Rémy MASSAMBA créent des partis politiques, peuvent-ils se présenter à la majorité présidentielle pour exiger la signature des accords particuliers avec Joseph KABILA ? D’aucuns sont d’avis que cet acharnement de conclure des accords particuliers avec Etienne TSHISEKEDI cache une conspiration destinée à faire éclater l’aile de l’opposition dite de Fatima. Car, les autres leaders de la trempe de Martin FAYULU, Franck DIONGO, Joseph Olenghankoyi, le Dr KABAMBA Mbwebwe, Pierre PAY PAY, Le Professeur MAMPUYA, et bien d’autres vont aussi réclamer des accords particuliers. A qui profiterait ce crime ?

F.M.

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