ça chauffe à Kinshasa : l’opposition fait bloc contre la révision de la constitution et de la loi électorale

ça va chauffer cet après-midi au Complexe Commercial GB ! Les forces politiques de l’opposition, toutes tendances confondues, vont se retrouver là bas pour donner une position commune au sujet du projet de la révision constitutionnelle et de la loi électorale auquel s’accroche avec la dernière énergie la majorité présidentielle.

Cette rencontre fait suite à un chassé-croisé politique observé depuis peu soit au niveau de la résidence privée du président national de l’U.D.P.S., soit au niveau de celle du Cardinal Laurent MONSENGWO. Avant-hier tout comme hier, de grosses pointures de l’opposition politique parlementaire et non parlementaire, toutes tendances confondues, se sont concertées avant de rendre publiques leurs positions par rapport à ce qui prend de plus en plus les allures d’une nouvelle crise politique aux conséquences incalculables et qui risquent de franchir les frontières nationales si l’on n’y prend pas garde. La première alerte, faut-il le rappeler, avait été donnée le jeudi de la semaine dernière par une déclaration politique commune signée par des délégués des partis politiques de l’opposition parlementaire, à savoir François MWAMBA du MLC, Emery OKUNDJI de l’ODR, Me Moïse NYARUGABO du RCD et Gilbert KIAKWAMA des Chrétiens Démocrates. Dans cette déclaration, les signataires dénonçaient la tentative de l’AMP de changer les règles du jeu en cours de compétition. Ils se demandaient comment la famille politique proche du chef de l’Etat pouvait se permettre de modifier la loi électorale alors que les opérations de la révision du fichier électoral sont en cours. De même, ils se sont insurgés contre cette fâcheuse tendance affichée par l’AMP de récuser les candidats de l’opposition à la Commission électorale indépendante. Ce qui apparaît comme une manœuvre dilatoire pour retarder la mise en place de cet organe appelé à organiser et tenir les élections générales pourtant prévues pour se dérouler durant cette année en cours.

L’Eglise Catholique sur le terrain

 

Les coups les plus durs à l’endroit de la majorité présidentielle lui ont été assénés dès le début de cette semaine. Etant donné que cette question ne préoccupe pas seulement les cercles politiques, le coup le plus assommant selon un observateur attitré de la scène politique de la sous région des Grands Lacs a été administré par le tout nouveau Cardinal de la République qui profitant d’un message adressé par le Pape Benoît XVI aux fidèles du pays s’est permis de faire une critique en règle des motifs avancés par le Porte-parole du gouvernement pour justifier le projet de la révision constitutionnelle et de la loi électorale. A ses yeux : « il faut deux tours, parce que le président à élire doit l’être et le devient pour une majorité de la population ». Selon les statistiques les plus fiables, 75 % de la population congolaise est d’obédience catholique, ce qui justifie cette sortie du Cardinal pour montrer qu’il reste à l’écoute des préoccupations des fidèles éparpillés à travers tout le territoire national. Ce message et les critiques faites au sujet de ce projet de la révision constitutionnelle ont été lus et commentés dans toutes les paroisses du pays.

 

L’opposition non parlementaire en ordre de bataille

 

Le RADER du professeur Auguste MAMPUYA n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. Pour le RADER, ce projet aura comme conséquence néfaste d’installer sur le trône de Joseph KASA-VUBU un président mal élu, un président de la minorité, un président sans légitimité. De son côté, l’Union pour la nation Congolaise de Vital KAMERHE a dénoncé ce projet de l’AMP comme une démarche politique immorale, irresponsable et frisant la tricherie. L’UDPS, par le biais du message des vœux adressé par son leader charismatique à ses combattants et au peuple congolais lance un appel pathétique pour que l’année 2011 sonne l’heure du changement à la condition que la vérité des urnes ne soit pas galvaudée. Tout en dénonçant les prémisses de tricherie de la CEI de triste mémoire consistant à supprimer sans raison valable des centaines des bureaux d’enrôlement dans les provinces acquises au changement ainsi que les manœuvres dilatoires retardant la mise en place de la CENI. L’ambiance sera donc chaude cet après-midi au Complexe Commercial GB qui va recevoir plusieurs formations politiques de l’opposition et Dieu Seul sait quels seront les termes de cette déclaration politique commune qui sanctionnera cette rencontre.

Fidèle Musangu

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