«Bus Matata»: les défis du 30 Juin

Le Premier ministre Matata Ponyo s’est offert, le lundi 24 juin 2013, un énième « tour du propriétaire » à travers les chantiers routiers de la ville de Kinshasa. Il s’est particulièrement intéressé aux « points chauds » tels que les ponts Bitshakutshaku, sur la route des Poids Lourds, Ndjili, Nsanga et Mokali, sur le boulevard Lumumba, ainsi que les axes du boulevard Lumumba en pleine restauration. A en croire l’estimation du Directeur général de l’Agence Congolaise de Grands Travaux qui l’accompagnait, les travaux seraient réalisés à 80 % et que le délai-butoir du 30 juin serait respecté, hormis pour les différents ponts dont l’exécution exige des prolongations jusqu’en octobre 2013.

            L’échéance de la fête nationale de l’Indépendance fait débat, car elle concerne particulièrement celle de la concrétisation de la promesse du gouvernement de mettre en circulation le lot de nouveaux autobus destinés à désengorger le transport en commun dans la ville de Kinshasa. Pour d’aucuns, l’aveu des entrepreneurs de ne pouvoir livrer, à la date du 30 juin 2013, des ouvrages aussi stratégiques que les ponts réaménagés des rivières Bitshatshaku, N’Djili, Nsanga et Mokali est lourd de menaces sur la fluidité du trafic.

            Si les « entonnoirs » qui donnent des migraines et des insomnies aux usagers de la route dans la partie Est de Kinshasa ne sont pas éliminés, il y a gros à parier qu’il va s’agir là d’un sérieux handicap pour la circulation des « Bus Matata », qui ont besoin de chaussées et ponts modernisés et suffisamment spacieux pour ne pas tomber dans les traquenards des embouteillages au quotidien.

            Sans une réponse convaincante au défi de l’élargissement du boulevard Lumumba et de l’avenue des Poids lourds ainsi que des ouvrages qui les traversent, les gestionnaires de ces nouveaux bus prendraient de gros risques à les mettant en circulation. Qu’est-ce qui a empêché les entreprises kinoises présentes sur certaines chaussées kinoises depuis 2013 de ne pas être à jour ? La question vaut la peine d’être posée que certains travaux en cours, lancées depuis 2010, auraient dû être terminés a avant le 30 Juin 2010, à l’occasion du Cinquantenaire de la République.

L’on a assisté à des scénarii d’essais-erreurs sur les boulevards du 30 Juin, Lumumba, Sendwe et Triomphal, où des séparateurs en métal implantés le plus sérieusement du monde être remplacés, quelques mois plus tard, par ceux en béton armé, alourdissant inutilement la facture, au préjudice du contribuable congolais, appelé en définitive à payer la facture. Des caniveaux et des trottoirs, « oubliés » au départ, ont été aménagés à la va-vite, à la suite de nombreuses critiques des usagers de la route. Tout récemment, l’on s’est affairé sur les dalots de l’égout situé à la hauteur de l’Hôpital Marie Biamba Mutombo, après des inondations monstrueuses qui paralysaient la circulation en temps de pluie. En principe, cet ouvrage aurait dû être construit en 2010, au moment où plusieurs dalots étaient réalisés entre le quartier Debonhomme et l’aéroport international de  N’Djili.

            D’aucuns commencent à se demander sir les études de faisabilité des artères de Kinshasa avaient été correctement menées. Car, cela fait trois ans que l’on semble tourner en rond autour des chantiers qui semblent ne pas toujours connaitre de fin.

Les défis des « 207 »

            Dans l’imagerie des Kinoises et Kinois, les bus de luxe commandés par le gouvernement devraient, logiquement, pousser vers la porte de sortie toutes les « mitrailles » qui assurent le transport en commun dans la capitale, notamment les célèbres taxi-bus Mercedes « 207 », coupables d’accidents mortels en grand nombre et de les faire voyager dans des conditions des plus inconfortables. Mais au vu du nombre limité des chaussées dignes de ce nom ( 30 Juin, Triomphal, Lumumba, Sendwe, Huileries), il est clair que ces nouveaux bus ne pourraient pas desservir des axes populeux tels que Kisenso, Ndjili, Kimbanseke Cimetière, Cecomaf, Mbanza-Lemba, Kindele, Ngaba, Makala, Mont-Ngafula, Selembao, Matadi-Kibala, Yolo, etc. Finalement, les « 207 », en dépit des critiques acerbes qui accompagnent leur présence sur les routes kinoises, vont rester maîtres du terrain pendant encore longtemps. Le désengorgement effectif du transport en commun et l’amélioration des conditions de voyage des Kinoises et Kinois exigent du gouvernement d’énormes efforts dans le financement et la surveillance des travaux de voirie.

                                               Kimp

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