Bureaux fictifs et électeurs omis : la Ceni ne lève toujours pas les équivoques

Mercredi, 23 Novembre 2011 00:39

Si toute la population congolaise tient à la tenue des élections apaisées, la Ceni ne cesse elle aussi de formuler les mêmes vœux pour des scrutins qui se dérouleront dans la paix et la quiétude.
Aussi à chacun de ses points de presse, le bureau de la CENI martèle qu’il fera tout pour que le pays connaisse des élections apaisées. On veut bien le croire, mais face à d’éventuels incidents, au lieu d’inviter le comité des sages de l’Union africaine à accompagner le processus électoral de la RDC, pour exhorter les leaders politiques à la retenue, le bureau de la CENI s’est empressé de solliciter l’arrivée en RDC, des enquêteurs de la Cour pénale internationale. 

Depuis que de nombreux pays africains ont organisé des élections, la RDC est curieusement le premier pays à faire appel à cette instance judiciaire internationale, comme s’il visait particulièrement un camp politique. Partout ailleurs, sur le continent, on privilégie la concorde nationale.
Que la Commission électorale nationale indépendante ait pris l’initiative d’intéresser la CPI aux dérives électorales et post-électorales ne peut réjouir les adeptes de la non-violence. Certes, les troubles peuvent provenir de n’importe quel camp politique.

Quand on examine le processus électoral tel qu’il est exécuté jusqu’ici, on se rend compte que sa mise en œuvre est entachée de beaucoup d’irrégularités que l’opposition ne cesse de dénoncer.
A-t-on sanctionné les promoteurs de l’affichage des panneaux de campagne politique au Stade des Martyrs ? Les affiches sont encore là et le message est sans équivoque. Aucun doute n’est possible quant à l’objectif visé : atteindre le plus de sportifs possibles.
Outre les cas de doublons, des omis, les listes électorales, cartographie opaque des bureaux de vote, le refus de l’audit du serveur central, auxquels aucune suite favorable n’a été réservée, les frustrations qui sont à l’ordre du jour actuellement, ont été provoquées par la publication des listes des bureaux de vote.
On relève de nombreux cas de bureaux fictifs. Certains sont situés dans des écoles autres que celles signalées sur les listes. D’autres bureaux de vote sont installés dans des écoles délocalisées, les bâtiments ayant été transformés en appartements. Il y a des cas d’adresses inexactes, des bureaux situés dans des maisons d’habitation et dont la disposition des lieux ne peut pas garantir la sécurité des opérations de vote.

A cinq jours de la tenue des élections, la CENI pourra-t-elle remettre de l’ordre dans ce dossier? Déjà, il y a des problèmes sérieux pour n’avoir pas respecté les dispositions légales relatives à la date de publication des listes des électeurs qui est de 30 jours.
Si la préoccupation majeure était de vouloir des élections apaisées, on aurait pu enregistrer les doléances et les plaintes des uns et des autres pour pouvoir leur trouver des solutions, au lieu de multiplier des frustrations.
Qu’on signale des faits comme le rachat des cartes d’électeurs, aucune enquête n’est menée. Qu’on porte à sa connaissance la découverte d’une parcelle où seraient entreposées des urnes, on n’initie pas des investigations.
Voilà pourquoi certaines langues accusent la CENI d’être dans le schéma des élections contestées. Dans certains milieux politiques, on continue à douter de la volonté du bureau de la CENI d’organiser des élections apaisées.

Au regard de certains paramètres dans la mise en œuvre du calendrier électoral, la Ceni ne parvient pas à rassurer.
Il est dommage que cette institution d’appui à la démocratie ne semble pas privilégier la voie du dialogue qui devait déboucher sur des élections apaisées. D’une part, elle dit qu’elle veut des élections apaisées, et de l’autre, elle n’œuvre pas pour ce climat d’apaisement et de quiétude.

J.R.T.

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