Bunagana : violents combats entre FARDC et mutins !

La citée de Bunagana, au Nord-Kivu, s’est réveillée hier jeudi 05 juillet 2012 sous les détonations assourdissantes d’armes lourdes. C’était le signal de la reprise des combats entre les troupes des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) et des mutins regroupés sous le label CNDP/M.23.
A en croire des sources locales, l’initiative de la relance des hostilités est venue des mutins, qui sont en fait des soldats d’origine rwandophone ayant déserté les rangs de l’armée congolais depuis le mois d’avril, appuyés par des troupes régulières de l’armée rwandaise.
La violence des combats, signale-t-on, a obligé la population civile à abandonner biens et maisons et à aller se cacher dans les forêts. Ainsi des centaines de familles congolaises, dans le souci de se mettre à l’abri des balles et bombes, n’ont pas trouvé mieux que de traverser la frontière et de se réfugier en Ouganda. Bunagana ressemblait hier soir à une citée fantôme vidée pratiquement de tous ses habitants civils.
Selon de nombreux témoins des affrontements d’hier, les mutins du CNDP/M.23 se sont présentés avec un armement lourd dont ils ne disposaient pas avant la vraie-fausse trêve qu’ils ont sollicitée la semaine dernière, sous prétexte de ne pas perturber les examens d’Etat réservés aux finalistes des écoles secondaires de la RDC. L’on croit qu’ils ont mis à profit le relâchement, par les FARDC, de la pression qu’elles exerçaient sur eux ces dernières semaines pour recevoir, du Rwanda voisin, des renforts en hommes, armes, munitions et logistique.
 
Le réchauffement du front de Bunagana, où les troupes loyalistes avaient délogés les mutins, est la parfaite illustration du double jeu auquel se livre le régime en place à Kigali. C’est aussi la preuve que le Rwanda est demeuré sourd aux critiques et condamnations internationales suscitées par les révélations des experts des Nations Unies sur sa participation au financement, à l’armement et au recrutement des soldats du CNDP/M.23. Paul Kagame est visiblement décidé à ne pas laisser le peuple congolais en paix.
Les autorités congolaises devraient, sans tarder, tirer les conséquences du refus du Rwanda de renoncer à son entreprise de déstabilisation des institutions de la République, de massacre des populations civiles et de pillage des ressources minières des Congolais. Elles devraient surtout jeter un regard nouveau sur la situation sécuritaire du Nord-Kivu, où les FARDC sont appelées à se battre contre des officiers et soldats rwandais camouflés en mutins.
Le rebondissement de la « guerre » à Bunagana signifie par ailleurs que le débat autour des tenants et aboutissants de l’insécurité récurrente dans la partie Est du pays ne doit pas être étouffé, comme on l’avait vécu au Palais du Peuple, à l’occasion d’une question orale avec débat adressée au ministre de la Défense par un élu du peuple. C’est un non sens de décréter un huis clos sur une matière aussi sensible, pendant que des soldats rwandais réfugiés sous la bannière du CNDP et du M.23 continuent de semer la mort au Nord-Kivu, de piller nos minerais et d’aménager le lit de la balkanisation du territoire congolais.
 
           Kimp

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