BUDGET ALLOUE A L’AGRICULTURE : Kinshasa a oublié ses engagements à Maputo

La Confédération Nationale des Producteurs Agricoles du Congo (CONAPAC en sigle) a tenu le lundi 20 octobre 2014, un point de presse dans le but de faire un état de lieu de la déclaration de Maputo dix ans après. Cette activité organisée en son siège dans la commune de Barumbu, a réuni tous les leaders paysans de la CONAPEC.

 En effet, depuis la déclaration de Maputo en 2003 qui engage chaque pays africain à augmenter progressivement son budget alloué à l’agriculture et au développement rural  jusqu’à 10%, il ressort que celui-ci n’a jamais dépassé 3,66% en RDC, allant jusqu’en dessous de 1% certaines années.

C’est dans ce cadre que la Conapac a décidé de mener un plaidoyer pour l’augmentation et l’affectation efficiente du budget national dans ce domaine, en sollicitant la responsabilité morale des décideurs vis-à-vis de petits producteurs agricoles, qui représentent plus de 70% du peuple congolais. Cela dans le but de redynamiser le secteur alimentaire et agricole en vue d’assurer la prospérité et le bien-être économique des populations.

Invitée à prendre la parole au nom de tous les membres de la Conapec, Rosalie Biuma, vice-présidente de cette structure, a indiqué que si le gouvernement réservait le 10%, de son budget comme convenu à Maputo, au moins la moitié serait destinée directement à l’amélioration des conditions de travail à la base. Notamment en ce qui concerne l’accès à l’outil de production amélioré et adapté, la construction des routes de desserte agricole, l’encadrement technique au sein des organisations paysannes et même dans la vulgarisation agricole.

Rosalie Biuma, a  laissé entendre qu’hormis le fait que ce faible budget  constitue un véritable obstacle à l’atteinte du premier OMD portant sur la réduction de la pauvreté, il occasionne également un frein face au fonctionnement efficace des services étatiques de l’agriculture.

C’est ainsi que l’on  remarque un désintéressement total de la population à l’agriculture puisqu’elle n’est pas rémunératrice et aussi à cause de l’absence d’un encadrement efficace par les services étatiques (intrants, formations, crédits agricoles, évacuation des produits…), poursuit-elle.  En plus, l’on enregistre à ce jour une faible productivité du secteur agricole, qui fait qu’il y ait une importation massive des produits alimentaires, mettant ainsi la souveraineté alimentaire du pays à la merci des opérateurs économiques nationaux ou internationaux.

Différentes actions sollicitées au gouvernement

 Dans le cadre de la recherche d’une amélioration de leur vie et travail, les conférenciers ont sollicité au gouvernement, en plus de leur plaidoyer sur l’augmentation du budget, d’associer désormais les organisations des producteurs agricoles dans l’élaboration des budgets  nationaux et provinciaux de l’agriculture et du développement rural. D’affecter aussi à la commission d’élaboration, des mesures d’applications de la loi portant principes fondamentaux relatifs à l’agriculture ainsi qu’un budget qui répond aux besoins réels de son fonctionnement.  Ensuite de promulguer, diffuser et vulgariser cette loi ainsi que ses mesures d’applications.

            Il sied de noter que la Conapac est une structure faitière paysanne de niveau national, composées  de différentes organisations des producteurs agricoles du pays.

            Elle a pour objectif de défendre et promouvoir les intérêts des producteurs agricoles, d’accompagner la structuration du monde paysan suivant les intérêts spécifiques de chaque catégorie de producteurs agricoles et veiller sur la bonne gouvernance au sein des organisations membres.

PersideDiawaku

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