Budget 2013 : la société civile sceptique

 

Le Réseau Gouvernance Economique et Démocratie, REGED, que dirige le bishop Abraham Djamba, et les Organisations de la Société Civile intéressées et impliquées dans la transparence budgétaire et l’implication des citoyens à chaque étape du processus budgétaire ont analysé le Projet du Budget 2013 dans le but de sensibiliser les Représentants du Peuple aux aspirations de la population. Cette analyse, menée aux sièges de SERACOB et de l’OSISA, est consinée dans un communiqué parvenu hier à notre rédaction.

            La Société civile est très intéressée par l’objectif 4 de la Stratégie Budgétaire du gouvernement ainsi que par l’objectif 5 qui sont « améliorer le cadre de vie et les conditions sociales de la population » d’une part et « de renforcer le capital humain et l’éducation à la nouvelle citoyenneté » d’autre part.

            Le communiqué renseigne au sujet de l’amélioration du cadre de vie et des conditions sociales, que le gouvernement déclare que sa part relative  au budget passe de 20% en 2011 à environ 35% l’an. La Société Civile se félicite de ces bonnes intentions du gouvernement et particulièrement de l’augmentation du budget alloué à l’éducation.

            S’agissant de la santé, une baisse significative du budget par rapport à celui de 2012 est constatée au moment où il y a résurgence des épidémies, des maladies endémiques et d’une prise en charge faible et inefficace des PVV/VIH et particulièrement les femmes enceintes séropositives pour la prévention de transmission de la mère à l’enfant. En 2012 le budget de la santé était de 750.565.758.676 FC soit 11,36% du budget, en 2013 il passe à 580.985.185.828 FC soit 9,29% du budget national, nous notons une baisse de 22,59% ce qui est catastrophique par rapport aux enjeux de ce secteur et l’atteinte des OMD. Il est important de signaler que la République Démocratique du Congo  est en-dessous des accords d’Abuja qu’elle a ratifiés et qui placent le budget de la santé à 15% du budget national.

            En ce qui concerne l’éducation, le montant alloué à l’enseignement pré-primaire et primaire est le plus faible de tous les autres cycles de l’enseignement alors que 90% du budget de l’éducation va dans la rubrique « autres affaires» concernant l’enseignement. En 2012, le budget de l’enseignement était globalement de 911.106.206.426 FC, tandis qu’en  2013 le montant est de 979.869.243.715 FC, il y a là une légère augmentation qui demeure insuffisante au vu du programme du gouvernement.

            Par ailleurs, la Société Civile n’a pas ressenti la préoccupation du gouvernement face aux enjeux du changement climatique dans le projet du Budget. Elle suggère, par exemple, que le Gouvernement augmente les allocations de la protection de l’environnement par la valorisation et la mobilisation des recettes générées par les crédits carbone.

            L’Assemblée nationale est appelée à revoir à la hausse le budget de l’agriculture et développement rural à 6% et le budget de l’environnement à 2% (au lieu de 0,52% tel que prévu dans le projet de budget 2013).L’augmentation progressive du budget de l’agriculture et développement rural permettra au pays de se rapprocher de l’allocation de 10% à ce secteur, tel que fixé dans les accords de Maputo que la RDC a signé et ratifié depuis 2003.

            Pour que le Gouvernement soit capable d’atteindre ses objectifs, il a besoin de maximiser et d’encadrer ses recettes. Or apparemment le projet de budget ne démontre pas cette volonté.

JRB

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