Budget 2011 : l’Etat enfin maître de sa politique

Conformément au caractère publicitaire obligatoire que revêt le budget de l’Etat, Jean-Baptiste Ntahwa  Kuderwa a procédé vendredi 4 février 2011 à la présentation officielle du budget de l’Etat Rd congolais pour l’exercice 2011 et des instructions relatives à son exécution. Cette cérémonie s’est déroulée à  Sultani Hôtel de la Gombe, en présence des secrétaires généraux du Budget et des Finances, de tous les partenaires au développement dont les institutions de Bretton Woods, des conseillers financiers, contrôleurs budgétaires ainsi que les Sous-gestionnaires des crédits de différents ministères. En termes de recettes et de dépenses, le budget 2011 s’élève à 6.746,3 milliards de francs congolais. Ce premier budget post Initiative des pays pauvres très endettés (I-ppte),  accuse un taux d’accroissement de 20,1%  par rapport au budget 2010 évalué à 5.607,5 milliards de francs congolais et représente 49,2% du produit intérieur brut (PIB).  

         C’est ainsi que  sur le plan macroéconomique, le gouvernement entend réaliser une croissance économique de 6,8%, avec un objectif d’inflation de 9,9% et un taux de change moyen de 961,6% en dollars américains. En ce qui concerne les recettes, elles sont constituées de 3.285,0 milliards de Francs des recettes internes du pouvoir central, soit 45,5% des recettes totales ; 3.011,6 milliards de francs congolais des recettes extérieures, soit 44,6% des recettes totales et 449,7milliards de francs des recettes propres des provinces qui représentent 9,9%de recettes totales.
            Quant aux dépenses, elles sont reparties comme suit : 262,8 milliards de francs congolais au titre du remboursement du principal de la dette publique, soit 3,9% des dépenses totales ; 381,9 milliards de francs congolais de frais financiers qui représentent 5,7% des dépenses totales. Les crédits des dépenses salariales s’élèvent à 1.215,4 milliards de Francs congolais, soit 18,0% des dépenses totales et ceux destinés aux dépenses des biens et matériels, ainsi qu’à celles des prestations diverses sont arrêtés respectivement à 99,9 milliards de francs congolais et 204,0 milliards de francs congolais. Les crédits ouverts au titre des dépenses de transferts et interventions de l’Etat, notamment les transferts aux provinces, s’élèvent à 1.605,3 milliards de francs congolais et ceux consacrés aux dépenses d’équipement sont fixés à 894,9 milliards de francs congolais, soit 13,3% des dépenses totales. Enfin, les dépenses de construction, réfection, réhabilitation, addition d’ouvrages et d’édifices, acquisitions immobilières, les crédits prévus sont arrêtés à 23.082,2 milliards de francs congolais qui représentent 30,9% des dépenses totales
            S’agissant de grandes lignes de ce budget, le ministre a signalé que  celui-ci qui vise la réalisation du programme d’action du gouvernement s’articule  autour de quatre domaines : politique et sécuritaire (organiser les élections générales, soutenir le processus de décentralisation) ; économique et financière ( consolidation de la stabilité du cadre macroéconomique, et mise en œuvre des reformes structurelles) ; la reconstruction( la réalisation des travaux d’infrastructures) et enfin le social (éducation et santé). Tout en appelant tous ceux qui participent à l’exécution de ce budget à l’orthodoxie et à éviter des missions «budgétivores» d’après les instructions du gouvernement de la république, le ministre a donné  les orientations en trois axes. Le premier concerne le maintien de la même rigueur, ou discipline budgetaire qui a permis au pays de franchir le point d’achèvement de l’I-Ppte. La seconde orientation est un appel lancé aux différents services pour une  mobilisation accrue des ressources intérieures afin de continuer à financer le programme  de  reconstruction du pays.
            Enfin, la dernière orientation est une invitation aux différents services à un endettement responsable qui doit privilégier le financement concessionnel  des projets destinés aux secteurs créateurs des richesses ou ayant un impact social avéré, en vue d’éviter que le pays retombe dans les erreurs du passé qui l’ont amené sous le joug du fardeau de la dette.
            Par ailleurs, le ministre a mis  en garde tous ceux qui participent à l’exécution du budget qu’ils doivent observer à la lettre le cadre règlementaire en cours   sur les principes généraux du budget et rappelé les procédures budgétaires avant d’énoncer des instructions spécifiques aux dépenses.
                                                                                                                                                                                                                                  A.Vungbo       

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