Brigade d’intervention : la Monusco souffle le chaud et le froid

 Le porte-parole militaire de la Mission des Nations-Unies pour la
stabilisation de la RD Congo(Monusco) a apporté davantage d’éclairage
sur les activités de la Brigade internationale d’intervention, chargée
par l’Onu de traquer les forces négatives en RD Congo. Hier mercredi 5
juin 2013, au cours du point de presse hebdomadaire de l’institution
onusienne, le Lieutenant-colonel Félix Prosper Basse a indiqué que la
Brigade qui est en train de se déployer ne se focalisera pas
uniquement sur le mouvement rebelle M23, mais sur tous les groupes
armés. «…Plusieurs phases seront observées en commençant par le
nettoyage, la conservation des territoires, etc. et tout sera fait en
étroite collaboration avec les FARDC», a complété le casque bleu.
Confirmant par ailleurs la poursuite du déploiement des éléments de
cette Brigade, Félix Prosper Basse a fait état de la collaboration de
certains pays voisins de la RDC dans cette tâche. Dans le lot, le
Rwanda et l’Ouganda accueillent les éléments de cette équipe qui
passent par Kigali et Entebbe. « Nous voyons cette mission dans une
approche globale de l’Accord-cadre signé par 11 pays et 4 structures
internationales à Addis-Abeba… »
Comment l’Onu peut-elle recommander le retour du gouvernement et du
M23 à Kampala pour les négociations alors que la Brigade s’apprête à
diriger des opérations contre ce mouvement rebelle ? En d’autres
termes, si le M23 retournait à Kampala, l’action de la Brigade
va-t-elle le concerner ? A cette question, le lieutenant-colonel Félix
Basse a souligné que les pourparlers sont nécessaires car il n’y a pas
que cette question. Le lieutenant-colonel Félix Basse a souligné que
les pourparlers sont nécessaires car il n’y a pas d’autre alternative
à la paix que la discussion. « Les négociations sont incontournables.
La Brigade n’ira pas attaquer les éléments du M23 là où ils sont,
s’ils ne dérangent pas la population… » a relevé le galonné onusien.
Le cessez-le-feu rompu
Au registre de la situation sur terrain au Nord-Kivu, le
lieutenant-colonel Basse a rapporté que le cessez-le-feu décrété
unilatéralement le 22 mai 2013 par le M23, a été rompu le 4 juin 2013,
suite aux échanges des tirs entre les patrouilles FARDC et celles du
mouvement rebelle dans la région de Bujavu, située dans la périphérie
de Goma. « Aucune victime n’a été déplorée dans les deux camps.
Cependant, le M23 continue de contraindre les populations civiles dans
les localités sous son administration à participer activement dans la
conduite des patrouilles sécuritaires » a-t-il appuyé.
Il convient de noter, à la suite de Prosper Basse, que la Brigade du
Nord-Kivu de la Force de la Monusco poursuit des opérations
unilatérales dénommées : « Wide awake »( Réveil total), « Formidable »
et « Silent Guns »( armes silencieuses), dans le but de contrer toute
menace des groupes armés contre la ville de Goma, notamment le M23 ;
et maintenir la sécurité optimale dans et autour de la capitale
provinciale.
Par ailleurs, la Monusco a déployé des patrouilles d’intervention
rapide dans la ville de Goma à travers l’opération « Wide awake ». «
Le périmètre de l’aéroport de Goma continue d’être renforcé grâce à
une muraille érigée par les éléments du génie du contingent
Sud-africain de la Monusco, agissant dans le cadre de l’opération
‘Formidable’ »
Notons par ailleurs que du 28 mai au 3 juin 2013, au total 13
éléments en provenance de différents groupes armés se sont rendus aux
troupes onusiennes déployées à l’aéroport de Goma, Katale, Kiwanja,
Kirumba et Nyamilima. Il s’agit notamment de 10 du M23, 2 éléments
Maï-Maï Front Populaire Congolais (FPC/AP) et 1 des divers groupes
Maï-Maï.
Tshieke Bukasa

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