Braquages à Bandalungwa : les enquêteurs enfin sur les traces des bandits

On en sait un peu plus sur la série des braquages, ainsi que le meurtre perpétrés le mardi 17 juin 2014, dans la commune de Bandalungwa, par des malfaiteurs non identifiés. En effet, les victimes qui, le lendemain matin, se sont présentées à la police, pour déposer des plaintes contre inconnus et exprimer leurs inquiétudes devant la montée de la criminalité dans la ville de Kinshasa, ont donné un éclairage sur ce feuilleton criminel. A partir de leurs récits, les policiers comprennent bien des choses sur le déroulement des attaques des bandits, de leur arrivée à leur départ.

Le cambiste Bangula qui était installé sur une chaise au coin du croisement des avenues Kisangani et Nsingi, quartier Makelele, à Bandalungwa, raconte que vers 22 heures, il s’est vu encerclé par trois hommes armés habillés en tenues civiles. Armes pointées sur lui, l’air menaçant et prêts à tirer à la moindre résistance, les bandits ont arraché son sac contenant 1.400.000 FC et 360 dollars.

Bangula, qui s’est exécuté sans rechigner, espérait que les passants et les autres changeurs de monnaie des environs allaient intervenir. Mais tout s’est passé en moins de 20 minutes. Et les bandits se sont évanouis dans la nature, laissant Bangula traumatisé et incapable d’expliquer à ses collègues, ce qui venait de lui arriver cette nuit-là. Il a eu juste le temps de leur dire que les trois bandits ont emporté toutes  ses économies et qu’il ne lui restait rien. «On m’a ruiné. Je suis foutu», ne cessait-il de se morfondre, tout en larmes, la gorge sèche.

Se déplaçant à pieds, ces malfaiteurs avaient alors dissimulé les armes sous leurs blousons, et progressaient sans être pourchassés. Qui l’aurait fait, en prenant le risque pour être abattu ?

On raconte que tout au long de son parcours, à travers les ruelles du quartier Makelele, le trio braqueur a dépouillé quelques piétons chargés des sacs sans en connaître le contenu. Derrière eux, il n’y avait que des pleurs et des grincements de dents des autres victimes.

Une fois le pont Makelele traversé sans incident par les pilleurs, Kintambo allait subir les assauts des trois malfaiteurs déterminés à poursuivre leur périple jusqu’à ce que s’épuisent tous les chargeurs de leurs armes. Des malheureux piétons croisés sur leur trajectoire, étaient brutalisés et dépouillés de leurs sacs à main.

La PNC mobilisée pour rechercher les tueurs de l’Opj Marasi Héritier

Dans ces circonstances où ils tiraient en l’air pour dissuader d’éventuels poursuivants, un policier, garde du corps d’une personnalité, assis devant la résidence de son protégé, verra les trois bandits s’engager sur l’avenue Inongo. Makasi Héritier, élément de l’Unité de la police d’intervention, chargée de la protection de hautes personnalités, s’est alors levé pour aller récupérer son arme.

Pour les malfrats, il fallait l’en empêcher, et par la manière forte, en tirant sur lui plusieurs coups de balle. Mortellement atteint, le jeune policier est mort sur le coup.

Les brigands continuaient leur parcours au pas de course, jetant de temps à autre, un regard furtif derrière eux, afin de détecter toute éventuelle chasse lancée contre eux.

Finalement, ils vont terroriser le sous-commissaire de police Landu commis au service de garde, à qui ils ont arraché son arme de service, avant de se volatiliser vers le quartier Jamaïque, en route vers le camp Luka où probablement ils sont allés procéder au partage du butin.

La reconstitution de cette série des braquages montre si besoin est, que les bandits avaient étudié auparavant le parcours. Leur trajectoire a éliminé les passages qui conduisent à certains postes de police. Et ils devaient connaître la première victime, le changeur de monnaie Bangula.

Et en se rendant au camp Luka, l’on comprend que leur refuge serait situé dans ce quartier de la commune de Kintambo incrusté à la cheville de Ngaliema.

Selon toute vraisemblance, ces malfrats sont des éléments incontrôlés qui n’en sont pas à leurs premiers crimes du genre. On croit savoir qu’ils se recrutent dans les rangs des voleurs à main armée terrorisant la ville de Kinshasa et dont le terrain de prédilection comprend les communes de Selembao, Bandalungwa, Kintambo et Ngaliema.

En période de disette, ils n’hésitent pas à étendre leur fief jusqu’à Bumbu et Makala. A la manière d’un commando, ils opèrent là où ils sont informés de la rareté des patrouilles pédestres de la police.

                                                                                                                                                      J.R.T.   

Leave a Reply