Bolobo crie au secours : on viole les femmes !

Trois femmes – victimes de viols perpétrés par une milice armée résidant dans la localité de Nko, territoire de Bolobo, district de Plateau dans la province de Bandundu – ont décidé de briser la loi du silence en acceptant de dénoncer à visage découvert, devant la presse, les sévices sexuels dont elles ont été victimes dans ce coin de Bandundu en date du 25 mai 2013.

Leur détermination était d’autant plus affichée qu’elles en sont traumatisées, malades et cherchent secours auprès des autorités jusqu’à ce jour. Saisie par certains notables de Bolobo – parmi lesquels Moyami Sylva et John Ngansau, notables de Nko qui sont révoltés par la cruauté des faits – la Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (V.S.V.) a organisé hier mardi, 18 juin 2013, à son siège dans la commune de Ngaliema, une tribune de presse. Cette association a voulu ainsi dénoncer ces violences faites à la femme et à l’enfant car une des trois femmes violées portait un enfant de six mois.

En introduction aux différents témoignages des victimes, elle a noté le caractère barbare de ces viols qui sont l’expression manifeste de l’insécurité grandissante, tributaire du déficit de l’autorité de l’Etat dans cette partie du territoire national. Selon les victimes et les notables qui les accompagnent, cette violence qui s’abat sur Bolobo est le fruit d’un conflit de compétence et de leadership entre deux chefs coutumiers. L’un de deux, Cyprien Bongulu – rejeté par les ayants droit coutumiers, mais fort des appuis de certaines autorités de la Province de Bandundu – exerce le pouvoir par défi, en violation de l’ordre traditionnel établi et des us et coutumes de la contrée. Les victimes ont attesté que ce chef coutumier s’est entouré d’une milice qui impose son dicktat en semant la désolation. La scène vécue par les trois victimes ne serait qu’une des illustrations.

 En effet, en date de 25 mai 2013, vers 13h00, un groupe de trois femmes résidant dans la localité d’Etebe (une localité situé à 50 km de Nko, lieu du crime) dans le territoire de Bolobo, avait entrepris un voyage à pieds par manque de véhicules. Elles étaient accompagnées de deux hommes et se rendaient à Nko pour se faire soigner. Arrivé à la hauteur de la rivière Mbali, le groupe a été surpris par l’irruption de la milice de Cyprien Bongubu composée d’une trentaine d’individus déguisés, armés des machettes, couteaux, lance flèches, fusils calibres 12… Ces inciviques, selon les témoignages, ont brutalement procédé aux extorsions de tous les effets personnels trouvés en possession de trois dames et de deux hommes pour se livrer ensuite à des menaces de mort sur leurs victimes en les conduisant dans la forêt. La milice s’est ensuite répartie en trois groupes pour se partager les trois femmes. Bras et jambes écartés et attachés aux arbres, chaque femme a eu à subir sur son corps au moins sept violeurs. Celle portant un bébé a vu son enfant jeté dans l’herbe et menacé d’être éventré si jamais la maman ne cédait pas aux appétits sexuels des miliciens.

Pendant ce temps, les deux accompagnateurs, réduits à l’impuissance, criaient ou gémissaient de douleurs sous des tortures de toutes sortes. Ces violences ont duré de 13h00 à 17h00. Ne pouvant plus continuer, le groupe est rentré au village et a déposé une plainte commune au sous-commissariat de la police du village Mbe et l’OPJ instructeur a établi la réquisition d’information pour chercher à obtenir un rapport médical. Mais, faute de moyens, les victimes n’ont pas pu bénéficier d’examens appropriés. La VSV demande que les autorités de la RDC diligentent, toutes affaires cessantes, une enquête indépendante sur ces actes de viol et que les coupables répondent de leurs actes devant la loi et qu’elles indemnisent les victimes pour les pertes subies.

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