Boeing malaisien, M23, ADF, FDLR, LRA, Bakata-Katanga… : la bêtise humaine !

295 personnes ont perdu la vie hier à 10.000 mètres d’altitude, dans une zone de combats entre troupes ukrainiennes et rebelles instrumentalisés par la Russie. Les autorités de l’Ukraine et certaines chancelleries occidentales sont tentées d’accréditer la thèse d’un acte terroriste. La disparition d’innocents incapables de nuire à un Etat ou à une communauté ethnique ou tribale dans les airs, sont tombés hier victimes de la bêtise humaine. Il y avait certainement parmi eux des hommes, des femmes et des enfants qui n’avaient qu’une préoccupation : passer des vacances tranquilles loin de leurs milieux habituels. Qu’ont-ils fait aux Russes ou aux Ukrainiens ? Rien.Soldiers in the Armed Forces of the Demo

L’humanité vient d’accomplir, à travers cet acte, un nouveau pas dans la voie de sa déshumanisation, à cause d’individus de plus en plus enclins à donner gratuitement la mort aux autres. Le monde n’est plus le monde, car des êtres humains n’hésitent plus à massacrer, à poser des bombes ou à se faire sauter carrément avec, à mutiler, torturer, à kidnapper… bref à causer du tort à leurs semblables, pour des intérêts politiques ou financiers… ou à la suite de la haine tribale, ethnique, raciale, religieuse. Tous les prétextes sont désormais bons pour supprimer, sans état d’âme, des dizaines, des centaines, des milliers, des millions de vies.

RDC : morts et souffrances en silence

En République Démocratique du Congo, et spécialement en Province Orientale, au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et au Katanga, les gens ont appris à souffrir et à mourir en silence, dans l’indifférence quasi générale de l’humanité. Tout cela arrive parce que le pays héberge un riche échantillon de groupes armés, nationaux et étrangers, qui passent le plus clair de leur temps à tuer, violer, torturer, piller de paisibles paysans, des femmes et des enfants, dont le tort est de se trouver là où s’entrechoquent les intérêts politiques, financiers, tribaux ou ethniques des parrains des seigneurs de guerre.

La bêtise humaine est devenue permanente en RDC à travers les actes criminels des éléments du M23, des FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda), des rebelles ougandais de la LRA (Armée de Résistance du Seigneur) et de l’ADF/Nalu, les miliciens Bakata-Katanga, Mai-Mai, etc.

Là où les avions visés par des missiles tuent 200 ou 300 personnes, la kalachnikov, la mitrailleuse, les bombes et les mines ont déjà envoyé au pays des ancêtres, des millions d’innocents. En vingt ans de conflits armés, le nombre des Congolais morts pour des intérêts obscurs s’élève entre six millions et dix millions, à en croire les statistiques des experts des Nations Unies et des organisations non gouvernementales internationales.

Après l’espoir du retour à la paix durable apporté par la défaite militaire de la rébellion du 23, en octobre 2014, les populations de l’Est du grand Congo en sont à craindre un nouveau cycle de rébellions, avec le retour en force de plusieurs forces négatives, nationales comme étrangères. Du côté du Nord-Katanga, le flambeau de la perturbation de la paix est solidement tenu par les Bakata-Katanga, qui semblent jouir de complicités de toutes sortes pour avoir pignon sur rue, dans un espace géographique où l’armée nationale devrait en faire à bouchée en l’espace d’une demi-journée.

Que signifie cette sorte d’aveu d’impuissance des pouvoirs publics face aux groupes armés internes et externes ? A quoi riment les programmes de reddition, désarmement volontaire, réintégration ou intégration militaire, réinsertion sociale ou cantonnement des ex-combattants nationaux ou étrangers, sans que cela puisse apporter une paix durable aux populations civiles congolaises ?                                                Kimp

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