Bernadette Tokwaulu : «Nous avons besoin des ministres de l’Opposition pour assurer la cohésion nationale…»

Le premier Ministre Matata Ponyo a stabilisé le cadre macro-économique au satisfécit de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International. Le taux de croissance serait de 8 à 9%.  Il est temps que les fruits de la croissance soient redistribués pour des effets concrets sur la population.

N’a-t-on  pas créé une monnaie stable, le franc congolais ? N’a-t-on pas créé de toutes pièces un secteur bancaire ? N’a-t-on pas crée des emplois dans les banques et les télécommunications ? Cela a été possible parce qu’il y aurait une volonté politique qui a obtenu le meilleur de la technocratie.

D’où doit provenir le Premier Ministre, de la Majorité Présidentielle ou de l’Opposition ?

         Le Parlement s’étant montré incapable d’assurer la cohésion nationale alors qu’il est le lieu légitime du débat politique, il a été nécessaire d’organiser des concertations nationales. Celles-ci ont conclu à la formation d’un gouvernement de cohésion nationale qui en 7 mois n’a pu émerger. A l’impossible, nul n’est tenu. La Majorité Présidentielle ne peut plus rester dans l’attentisme lorsque l’échéance de 2016 s’annonce inexorablement. Elle a besoin pour premier ministre d’une personnalité politique de stature, issue de ses rangs pour relever le défi de produire un bilan économique et social et rendre compte de nos dix ans de mandat. Il en va de la dignité de tous ceux et celles qui ont mis leur nom dans la balance dans un engagement politique visible et clair.

Nous avons besoin de ministres de l’opposition pour assurer la cohésion nationale et garantir au gouvernement la sérénité requise pour remplir ses objectifs.

Quelle est la mission du nouveau gouvernement ?

         Maintenir la stabilité du cadre macro-économique en gérant la Banque Centrale sur le modèle légué par l’ex gouverneur Jean Claude Masangu et continuer à gérer les Ministères des Finances et du Budget ainsi que les établissements publics y rattachés avec la rigueur voulu par le Premier Ministre Matata Ponyo. Le nouveau défi est de faire des Ministères de l’Economie, de l’Industrie, de l’Habitat et de l’Agriculture les leviers de la croissance.

En effet, la croissance actuelle basée sur les résultats des industries minières et de la construction, notamment d’immeubles de luxe, est une croissance fictive. La croissance doit résulter des investissements et d’incitation pour la création d’emploi, la protection des entreprises existantes, l’accès massif à la propriété du logement et à l’accroissement de la consommation de la population. Une population de 67 millions d’habitants à même de consommer est une mine d’or ; les sociétés de télécommunications peuvent en témoigner. L’un des leviers du gouvernement est de mettre en place un fonds de garantie pour permettre aux banques commerciales d’accorder des crédits à taux d’intérêts acceptables avec des garanties non draconiennes pour encourager l’entreprenariat privé, le commerce, l’agriculture, la construction de logement sociaux sans oublier la mise en place d’une autorité anti-corruption et anti racket pour encourager l’investissement. Nous arriverons à l’échéance de 2016 dans la stabilité et la cohésion nationale à condition d’avoir un parlement à la hauteur du défi. Le pays ne peut se payer le luxe d’organiser des concertations politiques à répétition. L’Assemblée Nationale doit être le lieu du débat politique sans concession, facteur de cohésion nationale. Le fait d’avoir une majorité confortable ne doit pas conduire à réduire l’Assemblée Nationale au silence pour couvrir les défaillances des ministres.

         La Majorité recèle de tellement de compétences qu’un ministre incompétent peut être remplacé le lendemain par un autre cadre de la Majorité.

Tokwaulu Aena

Bernadette

Ecrivain

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