Beni : la Monusco parle d’intox

BENI Centre villeReprésentant spécial adjoint de la Mission des Nations-Unies pour la stabilisation de la RDC(Monusco), le général Abdallah Wafi est monté au créneau, hier mercredi 12 novembre 2014, pour fustiger la campagne d’intoxication orchestrée, dans le territoire de Beni(Nord-Kivu), contre les casques bleus des Nations-Unies. Au cours de la conférence hebdomadaire de la mission onusienne à Kinshasa, il a dénoncé la circulation de fausses informations accusant la Monusco d’acheter des machettes qui servent aux massacres de la population à Beni et d’amener du soutien, particulièrement des vivres, aux rebelles de l’ADF, etc. « Ces gens sont allés plus loin en affirmant que le contingent népalais de la Monusco est anthropophage. Qu’ils kidnappent les gens qu’ils mangent dans leur camp. Actuellement, il est inutile de dire qu’il s’agit des mensonges. C’est inconcevable et tout cela procède de la campagne de manipulation et d’intoxication » a martelé le général.

             Il convient de rappeler qu’une vive tension a eu lieu le soir de lundi 10 novembre courant vers 17h30 locale alors qu’une patrouille des éléments de la Brigade d’intervention de la Monusco en mission de surveillance sur l’axe Beni-Oicha était de passage à Mbau (25km au nord de Beni-Ville), chef-lieu du Secteur de Beni-Mbau. Au passage du convoi, rapporte la Société civile du Nord-Kivu, les jeunes taximen (motards) ont à l’unisson klaxonné huant en quelque sorte le passage de la Monusco. « Les contingents ont interprété ce signe d’attaque contre-eux et se sont immédiatement mis à tirer en direction des motards qui stationnaient dans leur parking » a souligné Omar Kavota, vice-président de la Société civile du Nord-Kivu.

            Par malheur, poursuit-il, un taximan a reçu une balle et il en a succombé sur le coup. Kambale Sombola, c’est le nom de la victime. « Ce qui a ravivé la tension dans la localité où tous les jeunes se sont joints aux taximen pour veiller avec le corps au lieu du drame, attendant disent-ils une enquête impartiale sur cet incident. Ce qui a mis de l’huile sur le feu le matin de ce mercredi 11 novembre, c’est lorsque la Police (Légion Nationale d’Intervention/LENI) a voulu procéder à la levée du corps, une situation que les jeunes n’ont pas laissé faire. Ils se sont interposés énergiquement au point de vouloir à la place prendre la dépouille et l’amener au Quartier Général de la MONUSCO.

            La police en dispersant les manifestants a à son tour blessé par balles trois autres jeunes, ravivant ainsi la tension » a-t-il rapporté, avant d’ajouter que pour l’instant, la situation reste encore tendue.

            Pour sa part, le général Wafi a reconnu que, s’agissant de cet incident du 10 novembre toujours, la Monusco est interpellée naturellement. « Comme le prévoit les règles des Nations-Unies, il y a une enquête interne de la Monusco qui est en cours. Le général Santos Cruz (chef des forces de la Monusco) est à Beni et les autorités congolaises compétentes en la matière ont été saisies pour qu’il y ait des investigations, afin de situer les responsabilités… » a-t-il indiqué, tout en regrettant que la victime ait été enterrée, alors que la Monusco avait demandé une autopsie.

            Quant au porte- parole militaire de la Monusco, le lieutenant-colonel Félix Basse, il a affirmé que les casques bleus, en mission dans ce secteur, ont été confrontés à des manifestants hostiles et agressifs. Il a assuré cependant que le convoi du contingent tanzanien de la brigade  d’intervention a réussi à traverser la barrière sans faire aucun blessé.

            «Le 10 novembre, aux environs de 17h30 à Beni, un groupe d’individus non identifiés, après avoir barricadé la route, se sont soudainement mis à jeter de pierres à hauteur de la localité de Oïcha, sur un convoi du contingent tanzanien de la brigade d’intervention qui faisait mouvement de Mavivi vers Erengeti, obligeant ainsi les casques bleus à tirer en l’air pour disperser la foule hostile et agressive, mais aussi leur permettant ainsi de poursuivre la route», a-t-il expliqué.

            «Jusqu’au moment où ils partaient du site de l’incident, aucun blessé n’a été déploré ou noté», a insisté le porte-parole militaire.

            Le porte-parole militaire de la Monusco a enfin appelé les  populations de Beni à être vigilantes aux infiltrations, à ne pas céder aux manipulations des ennemis de la paix et à soutenir les FARDC, la police nationale et les forces de la Monusco afin de mettre un terme aux activités de groupes armés dans la zone.     Tshieke Bukasa

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