Bemba défié : une «première» au MLC

1267628211686C’est la première fois, dans les annales du Mouvement de Libération du Congo (MLC), que l’on assiste à une contestation publique, par un cadre, non seulement de l’autorité de son président national, Jean-Pierre Bemba, mais aussi de tous les organes statutaires. Pourtant, Jean-Lucien Bussa n’est pas le premier à être sanctionné par le « Chairman » ou à quitter le bateau de son propre gré. D’Olivier Kamitatu à François Muamba, en passant par Antoine Ghonda, Thambwe Mwamba, Delly Sessanga, José Endundo, Yves Kisombe, José Makila, Alex Kande, Adam Bombole, Mutiri wa Bashara…aucun ne s’est ouvertement opposé à l’autorité morale du parti ou n’a cherché à la diaboliser. Les uns et les autres s’étaient retirés en douceur, soit pour créer leurs propres formations politiques, soit pour s’affilier à celles déjà existantes, aussi bien de l’opposition que de la majorité au pouvoir.

            Ce qui arrive là sort vraiment de l’ordinaire, surtout que Jean-Lucien Bussa a décidé de mener sa « révolution » à l’intérieur du parti, sous le label de ce qu’il appelle le courant rénovateur. Plus grave, il a donné un ultimatum à la hiérarchie, l’invitant à révoquer le Secrétaire Général Thomas Luhaka de son poste. Quand on se permet de s’attaquer à l’autorité morale, actuellement dans une situation d’empêchement pour la gestion quotidienne du MLC, et à son représentant au pays, il y a à se demander à quoi veut en venir ce cadre.

            Mais, s’agit-il réellement d’un bras de fer ou d’une simple agitation ? Car, ce cadre qui est entré dans la dissidence de fait ne peut pas accéder au siège du parti, ni l’engager auprès des tiers. Tout porte à croire qu’en déballant publiquement Bemba et ses collaborateurs, Lucien Bussa a choisi de rompre définitivement les amarres, sans espoir d’une quelconque possibilité de repentance ou de retour au bercail.

            Avec ce qui vient de se passer, celui qui assume encore les charges de président du Groupe parlementaire du MLC et Alliés à l’Assemblée Nationale semble déterminer à engager le parti dans la voie du dédoublement institutionnel. Il est à espérer qu’il a bien réfléchi sur son avenir politique car, avec ce qui vient de se passer, il y a gros à parier qu’il va être rayé définitivement des tablettes de ce parti dans un proche avenir. En tout cas, d’aucuns pensent que d’ici peu, on va parler de lui au passé sur l’avenue du Port.

                                     Kimp

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