Beijing : 15 ans après

Quinze ans après la quatrième conférence mondiale sur les femmes de Beijing en 1995, qui avait fait œuvre de pionnière, la communauté internationale a fixé des normes juridiques claires pour interdire la discrimination et promouvoir activement l’égalité hommes-femmes et l’émancipation des femmes. Ces normes sont acceptées dans tous les pays du monde dans le cadre de la législation sur les droits de l’homme. La communauté internationale s’est aussi dotée d’organes qui peuvent effectivement suivre la mise en œuvre des droits des femmes.

 Il s’agit notamment du Comité des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (Comité CEDAW) et du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, récemment nommé, pour la violence sexuelle dans les conflits armés.

Pourtant, la mise en œuvre est lente dans de nombreux pays du monde. Une nouvelle étude menée dans dix pays au sujet de la santé des femmes et de la violence domestique par l’Organisation mondiale de la Santé montre que 15 à 71 % des femmes font état de violence physique ou sexuelle de la part de leur mari ou partenaire. Entre 4 et 12 % de femmes indiquent avoir été frappées durant leur grossesse. Chaque année, ce sont environ 5 000 femmes qui, dans le monde, sont assassinées par des membres de leurs familles, au nom de l’honneur.

Dans ces conditions, les mécanismes de protection des droits de la femme demeurent sous-exploités. La plupart des femmes ignorent qu’en tant que victimes, elles peuvent chacune adresser une plainte aux Nations Unies par exemple. Il s’agit là des problèmes clés que doit traiter la politique de l’UE en matière des droits de l’homme dans les pays tiers. À Bruxelles, l’UE œuvre dans ce sens en appliquant les normes les plus élevées. Demain, le Conseil de l’UE adoptera des conclusions sur «l’éradication de la violence à l’encontre des femmes dans l’Union européenne».  Elle voudrait montrer l’exemple dans ses politiques internes.

À la veille de la Journée Internationale de la femme, Catherine Ashton, Haute représentante de l’Union pour les Affaires Etrangères et la Politique de Sécurité et vice-présidente de la Commission européenne, a déclaré :

«La journée internationale des femmes est l’occasion pour chacun de réfléchir à sa responsabilité dans l’éradication des inégalités entre les hommes et les femmes. Il en va de même aussi dans les relations internationales où nous devons tous jouer notre rôle afin de parvenir à cet objectif commun. La paix et la sécurité durables ne peuvent pas être atteintes sans la pleine participation des femmes.

Malheureusement, la persistance des constitutions et de législations qui permettent ouvertement la discrimination à l’égard des femmes empêche encore le développement des pays dans le monde. La violence exercée à l’égard des femmes a des conséquences négatives directes sur l’accès des femmes à l’éducation et au travail et sur leur participation à la vie publique. L’impact de la marginalisation des femmes ne s’exerce pas seulement aux dépens des femmes mais est contraire à l’émancipation générale des communautés locales. Il reste encore énormément à faire partout dans le monde.»

«Il s’agit d’un défi international du niveau le plus élevé qui consiste à parvenir à l’égalité entre les hommes et les femmes et à l’émancipation des femmes, au sein de l’Europe et dans les autres pays. Voilà pourquoi l’UE continuera à œuvrer de manière dynamique dans ce domaine qui est au cœur de nos politiques, que ce soit au niveau interne ou externe. Partout dans le monde, les chefs de délégation de l’UE ont reçu des instructions claires à cet égard», a -t-elle conclu.

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