BAT CONGO dénonce une fiscalité inadéquate

Trente trois pour cent de l’effectif de BAT CONGO, dont 44 % des cadres de direction, sont appelés à cette entreprise. A la base de cette décision le souci d’équilibrer les charges pour s’adapter aux réalités actuelles en rapport avec l’ossature du marché du tabac dans le pays. Cette décision est une alerte appelant le gouvernement à assainir le secteur tabacicole congolais. 

            La nouvelle de la compression de 33 % du personnel de BAT CONGO, dont 44 % des cadres, a été annoncée en présence d’un groupe de collaborateurs de cette entreprise présent à la conférence de presse tenue, mercredi 1er décembre au salon Congo du Grand Hôtel Kinshasa, par l’Administrateur Directeur Général Luc Badibanga. Entouré pour la circonstance des membres du comité de direction et du Conseil d’administration, dont le PCA Evariste Mabi Mulumba, il a peint l’ossature du marché du tabac en RDC, caractérisée par une fiscalité inadaptée qui entraîne une concurrence déloyale ne s’acquittant pas des droits et taxes règlementaires. Cela vient favoriser considérablement la montée en puissance du secteur informel de la cigarette : la pratique de prix défiant toute concurrence entraîne la prolifération de produits de bas de gamme.

            D’après Luc Badibanga,  BAT CONGO, soucieuse maintenir son équilibre financier, avait pris une décision lourde de conséquences en juin 2003, de fermer son usine ultra moderne de Lubumbashi, un investissement qui a coûté une bagatelle de 40 millions Usd. Avec 500 travailleurs, ses activités procuraient des revenus à 2500 familles. Plus de 5000 fermiers vendaient leur récolte pour les besoins de l’usine dans cette partie du pays. Les travailleurs autant que la population tiraient profit des actions sociales réalisées et des activités connexes autour d’elle.

            L’équilibre déjà instable du marché tabacicole, a-t-il relevé, sera encore mis en mal avec la loi de mai 2008 qui venait augmenter de 100 % les droits de consommation sur les produits de tabac. Perturbés dans leur fonctionnement, les opérateurs réguliers devaient faire un choix. BAT CONGO entamera ainsi, une série de restructurations entre juillet 2009 et septembre 2010, notamment la compression des effectifs de l’unité de production de Kinshasa et la fermeture de la quasi-totalité des représentations dans diverses contrées du pays pour absorber cette augmentation sans précédent en diminuant ses charges fixes. Sur la même lancée, l’entreprise s’emploie à dégraisser aujourd’hui son personnel. Trente trois pour cent de l’effectif, dont 44 % des cadres de direction, sont concernés. La restructuration touche également la société sœur installée dans la province Orientale et dont les activités sont dédiées à la culture du tabac. Elle va se séparer de 88 % de son personnel ; la consommation du tabac étant passée de 8000 à 2000 tonnes annuellement.

Pour l’Administrateur Directeur Général de BAT CONGO, cette 4ème restructuration n’est pas liée au différend avec le ministère de l’Economie nationale, dont le dossier poursuit son cours normalement. La restructuration  est dictée par la préoccupation de maintenir son équilibre financier et d’équilibrer ses charges. Parallèlement, tous les travailleurs touchés par cette décision vont recevoir leur décompte final (qui sera supérieur à ce qui est prévu par le code du travail et des conventions collectives applicables) mais surtout ils bénéficieront d’un accompagnement spécial pour les aider à se reconvertir.  

Le groupe BAT ne se désengage pas de la RDC 

            Nonobstant les épreuves, le groupe BAT est loin de se désengager du Congo, un pôle stratégique d’importance, où il est implantée depuis 70 ans. Notant que les investissements de son groupe envers le pays ne tariront pas, Luc Badibanga a, par ailleurs, indiqué que la qualité des produits BAT restera inchangée sur le marché. Et d’ajouter que son entreprise  est fière de son leadership continu en RDC depuis 70 ans et est engagé fermement à rester N°1 dans le secteur tabacicole au Congo. Société citoyenne, BAT Congo contribue au budget de l’Etat à hauteur de 70% des droits et taxes payés par le secteur du tabac au Trésor public. Offrir de l’emploi directement ou indirectement à des milliers de Congolais restera une préoccupation pour BAT Congo qui va désormais sous-traiter de nombreuses activités.

A en croire l’Administrateur Directeur Général de BAT CONGO, la situation du secteur tabacicole congolais doit préoccuper au premier chef tous les décideurs. Il les a conviés à se poser des questions de fond pour que des réponses soient trouvées aux problèmes fondamentaux qui minent leur secteur, ainsi que d’autres  comme le textile, les pneumatiques, le ciment et les laboratoires pharmaceutiques. Enfin, il a formulé le vœu de voir opérateurs installés au Congo depuis de longues années être rassurés tout autant que les potentiels nouveaux investisseurs.

 

 

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