Banza Mukalay veut doter le pays d’une politique culturelle

 « Gagner sa vie avec la musique » est l’intitulé de l’atelier organisé le vendredi 22 juin 2012  au Grand Hôtel Kinshasa « GHK »  par le ministère de la Jeunesse, Sports, Culture et Arts,  à l’intention des disciples d’Orphée.  En initiant cet atelier, les organisateurs ont voulu amener les invités à  réfléchir sur les goulots d’étranglement  qui ne permettent pas aux artistes musiciens congolais de mener une vie décente, élaborer  ensuite  des résolutions censées être transmises à qui de droit. En outre  , le Ministre Banza Mukalay compte s’appuyer sur les experts de son ministère et  sur l’organismes de l’ONU en la matière afin de doter le pays d’une politique culturelle.
Disquaires, propriétaires des studios d’enregistrement, arrangeurs, éditeurs, chroniqueurs de musique, responsables de chaînes de télévision,  artistes musiciens, notamment  (Bozi, Wazekwa, José Nzita, Mbilia Bel, Baby Ndombe, Blaise Bula….),  producteurs, cadres du Ministère de la Culture… étaient nombreux au GHK le week end passé.
Très concis dans son discours d’orientation, le Ministre Banza Mukalay a dit qu’il aimerait voir leurs  invités cogiter sur la situation sociale du musicien congolais. L’organisation de cet atelier intervient au moment où on célèbre la fête de la musique, a-t-il précisé.  Le   succès de la musique congolaise a dépassé les frontières nationales, a-t-il ajouté. 
Et pourtant, Joseph Kabasele, un des pionniers de la musique  congolaise, avait crée un groupe qui fonctionnait comme une entreprise.
 
 Mais qu’est –ce qui fait qu’en dépit de sa célébrité, le musicien congolais vive dans la misère ?
Quelles sont les pesanteurs  qui se posent dans le secteur musical ? Que faire pour que le musicien congolais  ne vive plus  dans la précarité  ?. s’est-il écrié.  La musique est la discipline culturelle qui suscite le plus d’engouement, a-t-il indiqué.
Experts nationaux et internationaux, artistes musiciens…,  je vous prie de formuler   au terme de cet atelier  des résolutions censées  contribuer à l’amélioration de la situation de l’artiste musicien et déboucher plus tard à l’élaboration  d’une politique culturelle, a précisé Banza Mukalay
Ayant  terminé son mot de circonstance , il   a immédiatement quitté le GHK pour le Parlement où il était attendu avec d’autres collègues.
      
            Sans tabou
 
L’arrangeur Maika Munam, le PCA (Président du Conseil d’Administration) de la Société Congolaise des Droits d’Auteurs (Socoda), Jacques Mondonga, le Directeur Général du Fonds de Promotion Culturel  Baluku, un des directeurs de la RTNC, le producteur Mashala, Bombenga, Bula, Shaka Zoulou… ( artistes musiciens) ont été les principaux orateurs de cet atelier.
Soutien financier et  analyse  de la filière musicale en RDC, importance des droits d’auteurs et droits voisins,  appui aux entreprises culturelles, organisations des concerts, rôle des médias  dans la promotion de l’industrie musicale sont les thèmes qu’ils ont développé.
Intervenant à tour de rôle, ces orateurs ont parlé sans tabou des problèmes qui se posent dans le secteur musical. Ils ont fait ressortir l’importance de la musique dans la vie d’une nation. Egratignant à l’occasion les décideurs politiques  qui se servent d’eux  pour les chansons de propagande ou d’autres choses semblables. Mais se désintéressent d’eux par la suite.   Par ailleurs, tous les maillons de la chaîne doivent être bien formés.
L’Etat a l’obligation de doter le pays des salles de spectacles dignes de ce nom.
Le DG Baluku a invité les disciples d’Orphée à déposer leurs projets auprès de la direction générale des FPC (Fonds de Promotion de la Culture). Bombenga a déploré l’indifférence des pouvoirs publics à l’endroit des musiciens de la seconde génération.
 
Mea culpa
 
Un des directeurs de la RDC, a  représenté l’ADG Christophe Nkolomoni au GHK. D’entrée de jeu, il a dit qu’il doit battre sa coulpe pour le préjudice que la RTNC a fait subir aux artistes musiciens. La RTNC doit 6 millions d’euros  ( comme   droits d’exécution publique des œuvres musicales)  aux artistes musiciens. Il a demandé aux chroniqueurs de musique de s’acquitter de leur tâche sans passion.  Mondonga, Mashala, Blaise Bula  se sont appesantis sur la gestion, la protection des œuvres de l’esprit. Louis Onema du studio Meko a dit dépanner les musiciens congolais pendant plusieurs décennies.  Lui et ses collègues propriétaires des studios attendent recevoir l’ascenseur des décideurs politiques.
 
Sortir des sentiers battus
 
Une trentaine des résolutions ont été prises à l’issue de la rencontre du vendredi 23 juin 2012. Etienne Unega, le directeur de cabinet de Banza Mukalay a  évoqué la nécessité de créer  un comité de suivi pour s’assurer que les recommandations formulées au GHK  ont été appliquées, où sont en voie de l’être.  Il a précisé qu’ils vont  faire la toilette des propositions émises par les invités, les transmettrent à qui de droit.
 
Sensibiliser la population au civisme fiscal, poursuite du dialogue entamé au GHK sous la forme des groupes thématiques, inviter le FPC de réaliser dans un premier temps des projets culturels à l’intention des créateurs des œuvres de l’esprit , doter le ministère de la Culture d’un budget conséquent, instauration d’un régime de pension pour  artistes musiciens….sont  les propositions retenues par les participants.
D’autres recommandations se rapportent à la perception et à la répartition des droits d’auteurs selon les normes internationales, à la création d’un comité  national de lutte contre la piraterie,  mais aussi  à une commission  entre les ministères de la Culture et de l’Information pour résoudre le problème des  redevances radiophoniques  de la RTNC, d’autres chaînes de  télévision,  à la revalorisation du métier d’artiste musicien.
 
Jean- Pierre Nkutu

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