Banque mondiale en RDC : bilan positif des actions en 2010

Le portefeuille actuel de la Banque mondiale en RDC a été dévoilé, lundi dernier, par la directrice des opérations pour la République démocratique du Congo et la République du Congo, Mme Marie-Françoise Marie Nelly. Le nombre des projets ciblés et les secteurs pris en compte, ainsi que le montant de décaissements ont été communiqués par la représentante de la Banque Mondiale aux délégués de la presse nationale. A cette occasion, elle a souligné les projets qui ont réussi et épinglé ceux qui ont moins bien marché.

 Au cours de cet entretien à bâtons rompus, elle a débuté par donner un aperçu exhaustif du bilan de son institution dans notre pays en 2010.
 D’entrée de jeu, Marie-Françoise Marie Nelly a indiqué que l’année 2010 a été une année très riche sur le plan économique, pour les deux Congo, avec deux points saillants.
 Pour la RDC, il y a eu atteinte du Point d’achèvement qui a abouti à l’annulation de 12 milliards de dollars, et rappelé que le point de décision a été atteint en juin 2003.
 Notre pays, a indiqué la directrice des opérations de la Banque mondiale pour la RDC et la République du Congo, a pu bénéficier de l’annulation de 17 milliards de dollars de l’IDA. Ce qui représente la grosse annulation de dettes dans l’histoire de l’IDA.
 En 2010, son institution est intervenue en RDC, dans 19 projets dont six projets d’urgence et 13 projets sectoriels. Ce qui a permis de passer de la phase d’urgence à celle de développement durable.

 Plusieurs projets sont arrivés à terme l’année passée. Le Projet multisectoriel d’urgence de reconstruction et de réhabilitation ( PMURR) l’a été en mars et la revue de fin du projet a été organisée en novembre 2010. Il représente 600 millions de dollars décaissés dont 580 millions de dollars en cours de l’année. Les montants décaissés représentent ainsi 40 % de cet engagement de la Banque mondiale.
 Evoquant les secteurs bénéficiaires, Marie-Françoise Marie-Nelly a cité les secteurs social, santé, éducation et infrastructures.
 Le Projet d’appui et de réhabilitation du secteur de la santé ( PARSS ) s’est déployé dans cinq provinces. Il représente un financement de l’ordre de 50 millions de dollars en 2010, qui a touché autant des familles bénéficiaires dans plusieurs zones de santé.
 La directrice des opérations de la Banque mondiale pour la RDC et la République du Congo a indiqué d’autre part, que ce financement a également permis de renforcer les capacités de l’administration de ministères sectoriels.
 Dans le domaine de l’éducation, un secteur important, deux projets ont été ciblés et exécutés. Il s’agit du Projet d’appui et de réhabilitation du secteur de l’éducation ( PARSE) et de PURUS qui ont permis de réhabiliter et de construction un certain nombre d’établissements scolaires. Elle a fait observer que 85 % du budget de l’éducation sont consacrés au paiement des salaires des enseignants.
 Un autre volet du portefeuille de la Banque mondiale a été destiné au Fonds social qui a bénéficié d’une enveloppe sur les 580 millions de dollars décaissés.
 Aujourd’hui avec le PASU, note Marie-Françoise Marie Nelly, les populations expriment leur joie quand elles reçoivent les installations de ce projet qui a permis d’améliorer la qualité de services sociaux.      
 Dans le secteur des infrastructures, elle a fait allusion au PMURR avec la réception du 3 ème module de l’usine de production d’eau de Ndjili dans la ville de Kinshasa. Et évoqué d’autre part, le pont de la Lwange qui permet l’intégration du pays.
 Beaucoup des travaux sont réalisés sur le plan des routes, a-t-elle fait remarquer, notamment la RN 4 et la RN 6. La RN 4 a permis de relancer les activités agricoles en favorisant l’évacuation des produits vers les centres de commercialisation ou de consommation.
 Avant l’intervention de la Banque mondiale, l’usine de Ndjili produisait 200.000 mètres cubes par jour. Avec le 3 ème module, la production a été augmentée de 110.000 mètres cubes par jour. Ce qui donne 310.000 mètres cubes par jour.
 Dans le secteur de la santé, avec la mise en place d’un bureau local, les populations prises en charge par plusieurs zones de santé, trouvent des médicaments. Et le personnel de santé est payé en fonction de la qualité de services dispensés dans les zones de santé.

Des projets qui ont moins bien marché

 A la question de savoir ce qui a moins bien marché, Marie-Françoise Marie Nelly a parlé de la réforme des entreprises publiques dont certaines sont appelées à devenir des entreprises commerciales. Si les investissements sont faits, les équipements installés, le problème se pose au niveau du suivi du projet.
 Dans ce domaine, beaucoup reste à faire. Des exigences se posent à tous les niveaux. Il y a des difficultés.
 Après le Point d’achèvement, beaucoup des contrats ont posé problème. Le souci majeur est de s’assurer de la traçabilité des revenus. Que l’Etat puisse optimiser ses ressources financières !
Avec un budget de 3 milliards de dollars de recettes propres, a fait remarquer la directrice des opérations de la Banque mondiale pour la RDC et la République du Congo, c’est nettement insuffisant par rapport à la taille du pays et de ses besoins. Il faut donc accroître les recettes propres de l’Etat.
 Dans le cadre des projets de la seconde génération, la préoccupation principale est la transparence et l’optimisation des recettes. Les nouveaux engagements exigent que les populations puissent bénéficier des avantages des projets à réaliser.
 Pour ce faire, une matrice de bonne gouvernance a été élaborée. Elle requiert plus de transparence. C’est dans ce cadre qu’elle a révélé que l’Etat congolais s’est engagé à publier tous les contrats des secteurs minier, forestier et des hydrocarbures. Et de signaler que des aménagements sont en train d’être apportés à ces contrats, et le gouvernement s’est en outre engagé à respecter les règles de la concurrence, avec la loi sur la passation des marchés et d’assurer une traçabilité de ses revenus.
 Une certitude est que des informations, a-t-elle indiqué, sont disponibles sur le site. 
 Elle a rappelé la série d’engagements pris par l’exécutif congolais. Il s’agit d’adhérer à une structure d’arbitrage, de respecter les déclencheurs du point d’achèvement, une plus grande concurrence, de créer une agence de régulation pour la passation des marchés.
Le processus est en cours et la Banque mondiale observe, a-t-elle conclu sur ce chapitre.
 Si les projets sont arrivés à terme, mais la Banque mondiale continue à accompagner la RDC, dans sa politique de reconstruction et de développement.
 Ainsi, elle continue d’intervenir dans le secteur social. Elle l’a fait avec une enveloppe de 90 millions de dollars pour renforcer la lutte contre la malaria. On entend étendre la couverture sanitaire avec l’appui des autres partenaires. 30 millions de dollars supplémentaires vont être consacrés à la lutte contre la poliomyélite avec la mise en place d’un dispositif vaccinal.
 Concernant le Document de stratégie de croissance de réduction de la pauvreté de 2 ème génération qui est en préparation, Marie- Françoise Marie Nelly signale que la stratégie de la Banque mondiale va se terminer en 2011. Elle devra s’asseoir sur le DSCRP. Elle aura deux piliers importants. Le premier épingle la croissance, la compétitivité et l’emploi. Surtout qu’il y a un taux de chômage très développé chez les jeunes.
 Le second pilier est la réduction de la vulnérabilité de notre économie. Elle en a évoqué quelques causes, dont le choc provoqué par la crise financière de 2008, le changement climatique, la poliomyélite et autres maladies.
Le souci de la Banque mondiale est de rendre ces économies plus résistantes. Il s’agira d’envisager une nouvelle stratégie et un recentrage de notre stratégie sur les 13 projets.
 L’aide, on l’a souligné, est très fragmentée. Et un recentrage permettra de se concentrer plus davantage sur certains projets prioritaires. Dans ses perspectives d’avenir, la Banque mondiale entend travailler avec son partenaire privilégié, le gouvernement congolais, mais aussi avec la société civile et les communautés locales pour le suivi des projets.

                                                                                         J.R.T. 

 

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