Bandal a frôlé l’émeute

Commune inscrite dans la circonscription de la Funa, Bandalungwa a été, hier lundi 28 novembre 2011, le théâtre de plusieurs échauffourées entre population et éléments de la police. L’étincelle est partie de l’Institut scientifique Bokolo, situé vers Bakayawu, où la population en furie a failli lyncher vers 11heures un « agent » de la CENI accusé de détenir irrégulièrement 300 bulletins de vote. Sauvé de justesse par des éléments de la police qui ont dispersé la foule à coup de gaz lacrymogènes et tirs en l’air, l’individu a été acheminé à l’unité d’intervention mobile « Mbata Mbata », au croisement des avenues Inga et Kasa-Vubu. Abordé par le Phare, un des officiers de cette brigade a indiqué que ce personnage en tenue de la CENI affirme ne pas appartenir à cet organe, mais a été responsabilisé pour « superviser » les opérations électorales dans 6 centres de vote. Le seul document pouvant l’identifier était sa carte d’électeur que la police a refusé de présenter aux journalistes. Par ailleurs, très remontés contre les images montrées par la chaine de télévision CCTV lors de l’arrestation de ce quidam, les policiers ont évacué la presse présente sur les lieux au motif que ce dossier est désormais du domaine de… «Renseignement ».

Presque une heure après, des informations faisant état de l’interception de 5 cartons contenant des bulletins de vote déjà cochés, particulièrement en faveur d’un candidat à la présidentielle et d’un autre à la députation, ont fait le tour des quartiers. S’invitant à la vigilance, la masse est descendue vers les écoles Joyeux Lutins et Ango Ango où elle a mis la main sur les passagers d’une jeep Pick Up noire qui ont été molestés pour détention desdites coupures de vote, propriété exclusive de la CENI. Quant aux bulletins, ils ont été exhibés devant les observateurs, les témoins et les médias, puis immédiatement saccagés et brûlés.
Très en colère, la population s’est spontanément réunie devant le complexe scolaire voisin à la Banque de sang pour marcher vers le siège d’un candidat à la députation sur l’avenue Kimbondo, l’accusant d’avoir fomenté cette tricherie. Intervenant d’urgence, les éléments de la police fortement équipés et appuyés par des blindés anti-émeute ont dispersé la foule à coup de matraque et gaz lacrymogènes. Dans la panique, plusieurs manifestants se sont blessés et ont trouvé refuge dans les domiciles des particuliers longeant le quartier.

Ne s’avouant pas vaincus, les manifestants ont organisé dans toute la Commune de Bandal des marches sur fond des cris et chants. Encadrée par la police motorisée qui suivait derrière, cette procession s’est évanouie dans la nature en un clin d’œil à la vue des militaires lourdement armés de la Garde Républicaine.

Tshieke Bukasa

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