La banalisation de la maladie Ebola suscite l’indignation

EBOLA 1 « Il nous faut tous lutter contre l’épidémie d’Ebola », tel est le slogan autour duquel des efforts des organisations internationales, des institutions et de grandes entreprises se déployent aujourd’hui dans une synergie d’actions. L’Organisation mondiale de la Santé avait saisi en son temps, le Conseil de sécurité des Nations Unies qui a inscrit l’épidémie d’Ebola à l’ordre du jour de sa dernière assemblée générale. L’Union européenne et puis, l’Union africaine, ont pour leur part, débattu de cette question sanitaire et appelé à davantage de mobilisation des moyens et des volontaires pour accélérer l’éradication du virus.

         De toute cette mobilisation, on peut signaler que des  mesures de vigilance sanitaire ont été prises dans de nombreux pays. Multiplication des contrôles anti Ebola dans les aéroports, ports, dans les frontières terrestres et maritimes  de trois pays les plus touchés, mise en quarantaine des populations, la communauté internationale ne semble pas tergiverser sur les mesures préventives et lésiner sur les moyens pour venir à bout de cette épidémie.

            Curieusement, c’est au moment où l’on continue à pleurer des morts dans certains pays africains, la RDC est passée par-là,  que l’on assiste malheureusement à la banalisation de l’épidémie. Kinshasa, la semaine passée, était fleuri par des banderoles annonçant le concert d’un artiste-musicien en mal d’inspiration. La vedette qui se surnommait Monsieur Ebola, pour la circonstance, croyait ainsi frapper l’attention des mélomanes pour drainer un monde fou à son concert. Une stratégie qui pouvait entrainer un effet contraire.

            Ces supports publicitaires plantés au croisement de grandes artères de la capitale, ont par contre étonné et indigné plus d’un. Pour les observateurs avertis, cette action de marketing mal orientée suscite une foule des questions.

Il faut des manifestations de solidarité en faveur des victimes

 Comment peut-on banaliser la maladie qui a décimé des milliers de personnes sur le continent et dans notre pays ? Comment ne peut-on pas prendre conscience de l’ampleur d’une épidémie qui a mobilisé les pays les plus puissants de la planète ? Mais comment peut-on se moquer d’une maladie dont les vaccins expérimentaux sont encore à l’essai et qui attend la découverte des produits pharmaceutiques pour son éradication efficace et totale ?

Qu’un tel message ait été propagé à travers la ville, qui a autorisé sa diffusion sur des banderoles ?

            Pourquoi le CSAC qui est sensé filtrer les messages publicitaires pour n’en autoriser  que ceux qui n’enfreignent pas les bonnes mœurs, ni ne choquent les bonnes consciences, a-t-il fermé les yeux ?

Quelle image livre-t-on à l’opinion nationale, aux familles des victimes d’Ebola, aux habitants de Boende en particulier et à la population de l’Equateur en général ?

Que penserait alors l’opinion internationale devant une telle banalisation de la maladie qui n’en est pas à ses premiers ravages dans notre pays ? Y a-t-il eu une prise de conscience nationale de l’épidémie ? Comment les autorités sanitaires de la RDC n’ont-ils pas aussitôt réagi à cette banalisation de l’épidémie ?

            Ce sont là autant d’interrogations qui interpellent à la fois les autorités sanitaires qu’on a vu au front de la lutte contre la maladie, les dirigeants du CSAC et les services de l’Hôtel de ville.

On aurait bien accepté qu’à l’initiative de cet artiste-musicien, qu’il soit organisé un méga-concert avec une vingtaine des vedettes de renom de la RDC, dont les recettes seraient versées au bénéfice des familles des victimes d’ici et d’ailleurs. Cette manifestation culturelle de solidarité avec les victimes anoblirait les musiciens congolais, au lieu de dévoiler leur méconnaissance de l’ampleur de l’épidémie et leur indifférence aux inquiétudes de la communauté internationale qui d’ailleurs s’est mobilisée en dépêchant en RDC, des équipes médicales, des scientifiques et autres chercheurs, des équipements et des produits pharmaceutiques pour circonscrire la maladie.

            Triste !

                                   J.R.T.

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