Autre temps, autres mœurs :Ali Bongo impose la bonne gouvernance au Gabon

On le disait Fils á papa á son accession á la magistrature suprême au Gabon. On croyait qu’il allait être la continuité de l’action de son illustre père Omar Bongo Ondimba. Ali Bongo a contredit tous les pronostics qui se voulaient pessimistes par une nette démarcation de sa philosophie, de sa démarche politique et de ses méthodes de gouvernement au service du peuple gabonais. Il est entrain d’imprimer une nouvelle marque, une nouvelle image très positive du pouvoir á Libreville. Sans faire du bruit, il a su rompre avec les méthodes de gestion du passé sans renier les acquis majeurs du patriarche.
Tout ou presque est entrain de changer á Libreville. De grandes mutations s’opèrent dans la vie publique et les mœurs politiques des Gabonais. Habitués aux largesses présidentielles durant plusieurs décennies, les hommes politiques gabonais espéraient voir Ali Bongo continuer sur la même lancée. Beaucoup d’entre eux ont vite déchanté.

Selon des informations recueillies auprès des voyageurs en provenance de Libreville, la bonne gouvernance est désormais de mise dans la vie publique. Et le bon exemple est donné au sommet de l’Etat pour servir de leçon á tous. Jadis tenu secret, le salaire des hauts fonctionnaires de l’Etat est publié et connu de tous. De cette façon, on peut facilement déceler et sanctionner tout enrichissement illicite.

Reforme de l’administration

La Fonction publique n’a pas échappé á cette rigueur du nouveau pouvoir. Aussitôt installé, Ali Bongo a ordonné une enquête au sein de toute l’administration. Les résultats ont été probants. Plusieurs postes étaient occupés par des agents qui avaient dépassé les limites prévues pour aller á la retraite. Des emplois ont donc pu être créés en faveur des jeunes cadres universitaires. De plus, l’enquête a révélé que plus de 2000 fonctionnaires étaient soit des agents fantômes, soit n’avaient pas de qualification correspondant aux postes qu’ils occupaient.

Au niveau de l’Enseignement supérieur et universitaire, l’enquête a permis de dénicher plusieurs cas de fraude des bourses d’études. Des anciens étudiants bénéficiaires des bourses de l’Etat á l’étranger avaient fini leurs études ou leurs stages et travaillaient déjà depuis plusieurs mois mais continuaient curieusement á percevoir la bourse d’études. Le gouvernement a donc supprimé la bourse pour cette catégorie et a décidé que tous ceux qui avaient bénéficie indument de cette faveur doivent rembourser á l’Etat les fonds perçus après la fin des études ou du stage.
Dans la foulée, des inspecteurs ont été responsabilisés par le gouvernement pour faire le suivi des décisions prises par l’Exécutif afin qu’elles ne souffrent d’aucune faille.

Entreprenariat privé encouragé

Pour réussir le pari du développement en cette période de crise économique prononcée, le nouveau pouvoir encourage les entrepreneurs privés á faire preuve d’innovation et de créativité dans divers domaines d’activité. C’est ainsi que l’ancien Vice président Didjob Divoung affectueusement appelé Dinding par les Gabonais s’est lancé dans la culture du riz afin de réduire la dépendance de son pays car le prix de cette céréale sur le marché mondial a doublé depuis la crise alimentaire de 2009. Il produit actuellement du riz d’excellente qualité dans le Sud du pays, dans la province de la Ngounié. Ce produit made in Gabon est particulièrement prisé par les consommateurs qui le préfèrent au riz importé d’Asie.

De son coté, Pierre Claver Maganga Moussavou, un autre ancien ministre aujourd’hui passé dans l’opposition, a investi dans le secteur de transport. Il a créé une compagnie qui dessert la capitale et la province de Ngounié. La population apprécie ces actions qui visent le développement autocentré du pays de Léon Mba.

Libreville, un chantier

En prévision des compétitions sportives de la Coupe d’Afrique des Nations de football « CAN 2012 » coorganisée avec la Guinée Equatoriale en janvier et février 2012, la capitale gabonaise a ouvert plusieurs chantiers pour offrir aux usagers des infrastructures adéquates et modernes. Des échangeurs et des routes sont en construction, des hôtels sont entrain d’être réfectionnés, la discipline est rétablie. L’une des premières mesures prises par le gouvernement pour assurer l’ordre est la fermeture des bistrots et autres débits de boisson á 22 heures. Aucune musique n’est tolérée au delà de ces heures car tout le monde doit dormir pour se remettre au travail le lendemain. Libreville retrouve ainsi les aspects d’une ville vivante et moderne où règnent l’ordre et la discipline.
La CAN 2012 est un événement sportif que tous les Gabonais attendent avec impatience. Et le gouvernement met les bouchées doubles pour que le pays soit à la hauteur des attentes non seulement du peuple mais de toute la communauté sportive africaine.

Pour tout dire, le Gabon change. Le Gabon bouge. Certes il y a toujours des hommes et des femmes qui se méfient du nouveau pouvoir et qui le taclent, surtout du fait qu’il ne veut pas introduire tout de suite la biométrie dans le processus électoral. Mais pour le bonheur des Gabonais, Opposition et Majorité regardent dans la même direction pour un seul objectif : transformer le Gabon et en faire un pays moderne et modèle sur le plan africain.

Stanis Nkundiye,Journaliste indépendant

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