Audit hypothétique du serveur central : CENI, la crainte des tripatouillages

Le refus de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) de soumettre son serveur central à l’audit de ses partenaires politiques continue d’empoisonner le climat politique au pays. Pas plus tard que le jeudi 1er septembre, le sang a encore coulé à travers le pays à cause de l’exigence, par des millions de compatriotes, de la transparence du fichier électoral. Certes, la CENI a proposé aux partis politiques qu’ils mettent à sa disposition des informaticiens appelés à visiter son site, de manière à se rendre compte de l’état des données électorales.

Naturellement, les partis politiques, notamment ceux de l’opposition, tout en souscrivant à la proposition, la jugent incomplète en ce sens qu’elle se présente, jusque-là, comme une simple visite touristique du réseau informatique de la CENI. En lieu et place d’une courte ronde d’observation à distance du traitement des données électorales, les partis politiques de l’opposition ainsi que plusieurs organisations de la Société Civile insistent sur l’impératif d’un partenariat durable, à asseoir sur la base d’un suivi permanent du serveur central par toutes les parties prenantes au processus électoral, jusqu’à son terme.

Cette précaution vaut son pesant d’or, car elle devrait permettre aux « informaticiens » extérieurs à la CENI de contrôler, en temps réel, l’état réel du serveur central, pour s’assurer qu’il ne comporte pas des données électorales prédisposées ou un fichier malin chargé de maquiller, le moment venu, les résultats du vote. L’on n’a pas oublié le cauchemar de 2006, où la gestion exclusive du serveur central par la CEI de l’abbé Malumalu avait permis à cette dernière de compiler les résultats des urnes à sa guise, loin des regards indiscrets, et de « fabriquer » ses élus à tous les niveaux des scrutins.

L’argument de la CENI selon laquelle les données pourraient être piratées et effacées par des personnes de mauvaise foi est balayée d’un revers de la main, d’autant que l’audit permanent du serveur central devrait se faire en équipe, par les informaticiens de la CENI et des partis politiques, qui repartiraient chacun avec les données actualisées de la dernière rencontre. Même si un malin se permettait de tripoter, plusieurs informaticiens détenteurs des dernières données électorales acceptées par tous seraient là pour le confondre.
Encore une fois, s’il y a une volonté de travailler dans la transparence, la CENI ne devrait pas fermer la porter à l’audit et au travail en synergie avec ses partenaires.

Kimp

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