Attaque contre un campement des FARDC : une main noire au Nord-Kivu

La guerre de l’Est apporte chaque jour à nos compatriotes la preuve que le pays est victime d’un plan de déstabilisation ficelé par une main noire qui se trouve planqués à Kigali. Le commanditaire de l’insécurité récurrente qui empoisonne le quotidien des milliers de familles congolaises au Nord-Kivu est désormais connu : le Rwanda. Malheureusement, ce pays voisin bénéficie des complicités internes congolaises dans son travail de sape de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo.

Une évidence crève désormais les yeux : les FARDC ne se battent pas contre des mutins congolais mais plutôt contre des éléments de l’armée régulière du Rwanda, dont la dernière vague a été déversée dans les rangs du CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple) et du M. 23 (Mouvement du 23 Mars 2009) depuis le mois de février 2012.
 
Recrutés, entraînés, armés, payés et nourris par le régime de Kigali, les ennemis de la paix et de la stabilité du Congo viennent d’être démasqués par les Nations Unies ainsi que plusieurs organisations internationales de défense des droits de l’homme. L’on peut dès lors douter de la paternité de l’attaque d’un campement des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) dans la localité de Kaseye, à 80 kilomètres de Lubero, au Nord-Kivu, imputée aux éléments des FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda) associés à une nébuleuse Mai-Mai.
Lorsque l’on se livre à une analyse sérieuse des enjeux politiques, militaires, économiques, financiers et fonciers dans cette partie de la République, l’on constate que le régime de Kigali suscite et instrumentalise systématiquement des micro-rébellions chargées de brouiller continuellement les cartes sur le terrain. Il est bizarre que l’on parle maintenant d’attaques des FDLR contre les positions des FARDC alors que le week-end dernier, les officiels rwandais accusaient l’armée congolaise d’être en collusion avec ces miliciens génocidaires.
Nombre d’observateurs pensent que le coup fourré reçu par les troupes loyalistes congolaises est venu des rebelles rwandais cachés sous les labels CNDP et M. 23. Car, la cartographie du front indique que les FARDC font pour le moment la chasse à ces « forces négatives » étrangères dans toutes les localités où leur présence est signalée.
 
Ne pas se tromper de cibles
 
A l’heure où le général Bosco Ntaganda et le colonel Sultani Makenga ainsi que ce qui leur reste encore comme troupes, en attendant des « renforts » que Kigali aura de plus en plus du mal à infiltrer en territoire congolais depuis la dénonciation de son double jeu par les structures onusiennes, les autorités civiles et militaires congolaises ne devraient pas se tromper de cibles. Des investigations poussées devraient être menées par les services de renseignements civils et militaires de notre pays en vue d’identifier clairement toutes les « forces négatives » présentes au Nord-Kivu, et pourquoi pas au Sud-Kivu, afin de mettre définitivement hors d’état de nuire aussi bien les nébuleuses autochtones armées que les rébellions fabriquées par Kigali.
Cet exercice s’avère urgent et capital dans la recherche d’une paix durable au Nord-Kivu. Les FARDC devraient savoir dans quelles directions canaliser des actions de traque de tous les groupes armés nuisibles à la paix, et chargés de la sale besogne de fructifier le fond de commerce du Rwanda, à savoir l’insécurité à l’Est de la RDC.
 
Rassurer les Congolais
 
Parallèlement aux actions militaires menées par les FARDC au Nord-Kivu, les décideurs politiques devraient rassurer les Congolais au sujet de la coopération militaire et sécuritaire entre Kinshasa et Kigali, laquelle paraît assise sur des bases suspectes. Nos compatriotes voient en effet d’un très mauvais œil le dernier accord entre les gouvernements congolais et rwandais, singulièrement en ses dispositions imputant à la partie congolais l’entière responsabilité de la traque des FDLR d’une part, et, d’autre part, donnant le feu vert à l’armée et aux services de sécurité rwandais pour faire du safari à travers le Nord-Kivu à leur convenance.
Pendant combien de temps notre pays va-t-il continuer à laisser son dispositif de défense et de sécurité à la merci du voisin rwandais ? On rappelle qu’entre 1996 et 2003, Kinshasa avait ouvert tous grands aux militaires et agents secrets rwandais, ougandais, burundais, érythréens, angolais, namibiens et zimbabwéens ses services spéciaux, ses bases militaires, ses cartes militaires, ses plans de défense et de sécurité. 
 
Nos concitoyens ont toutes les raisons d’être inquiets, d’autant que le huis clos qui enveloppe la question orale avec débat soulevée par le député national Martin Fayulu a permis au mystère qui persiste au sujet de la situation sécuritaire du Nord-Kivu de ne pas être percé à travers un débat public. La vigilance doit être de mise car la patrie est en danger avec des chevaux de Troie qui écument l’Est de la République.
 
Kimp

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