Assainissement de la ville de Kinshasa : le cadet de soucis des municipalités

assainissementLa force d’une communauté, d’une agglomération ou tout simplement d’une ville se mesure à l’aune de sa vitalité, c’est-à-dire, de la santé physique de ses membres, de ses habitants. Cela est tellement évident qu’une personne malade ne peut travailler ou contribuer au développement économique de sa communauté qui. ipso facto, sera obligée de prendre des mesures appropriées pour la prendre en charge : en prenant des précautions, non seulement pour soigner sa maladie, mais aussi et surtout pour la replacer dans un environnement plus salubre. Les diverses campagnes de salubrité publique orchestrée avec ou sans le concours des partenaires en matière de la Santé publique ne visent que cela : écarter les facteurs pathogènes de l’environnement de l’enfant, de la femme et de la famille. Les divers projets sanitaires – tels que « Ecoles et Villages assainis ; Programme Elargi de Vaccination ; Distribution gratuite de moustiquaires imprégnées d’insecticides (MII); Programme de lutte contre le choléra, etc. » – menés par le Ministère de la Santé avec l’appui de plusieurs de ses partenaires du secteur de la Santé, visent à éloigner les risques de maladies, d’éloigner ou d’atténuer les facteurs pathogènes. Sous d’autres cieux, l’efficacité d’un budget d’une administration publique se mesure à sa capacité à résoudre cette question de la santé et de la salubrité parmi les priorités.

Ici dans la capitale, tout observateur attentif s’aperçoit rapidement qu’il y a un certain nombre de travailleurs – provenant essentiellement des organisations non gouvernementales de développement (ong) ayant sans aucun doute un contrat avec le gouvernement provincial – qui s’efforcent de nettoyer au quotidien les grandes artères de la capitale, particulièrement dans la commune de la Gombe. Cela est une bonne chose mais reste toutefois insuffisant pour une mégapole comme Kinshasa car l’ensemble des avenues ou des rues internes aux municipalités kinoises sont négligées. En concurrence avec les balayages des grandes avenues, le curage des caniveaux et des collecteurs devrait s’effectuer. Le spectacle qu’offrent les caniveaux et collecteurs à peine reconstruits sur les boulevards et avenues à Limeté, Masina, Ngaliema, Kalamu, Kasa-Vubu, Kintambo, Ngiri-Ngiri ou Bandalungwa est pour le moins triste. La boue, les déchets ménagers, les emballages en plastiques obstruent l’écoulement des eaux. A l’indifférence générale des bourgmestres et de leurs chefs de quartiers. En fait, l’assainissement des quartiers n’a jamais été une priorité pour nos municipalités parce que là, ils ne voient pas directement les sous.

 

Des parcelles à fosses septiques ouvertes, envahies par des mouches et des bestioles

 

En outre, aucune municipalité – ni la Ville-Province elle-même – n’accorde suffisamment d’attention, à l’entretien des parcelles de leurs administrés, particulièrement en ce qui concerne la gestion des déchets ménagers et les latrines (W.C.). D’ailleurs, ce dernier point reste le tendon d’Achille des maisons communales kinoises où il est difficile de trouver des latrines salubres, où l’on puisse se soulager à l’aise, sans fermer les narines et les yeux, tellement le spectacle peut faire vomir. En plus, à travers leurs juridictions, plusieurs parcelles ont des fosses septiques non-couverts, colonisés du matin au soir par des essaims de mouches, sans compter des chiens et autres prédateurs qui y trouvent pitance. C’est bon d’ériger ici et là des latrines et des dépotoirs publics comme cela se fait à travers certains coins de la capitale, mais il serait conseillé de veiller également à la provenance de ces immondices.

Des équipes communales d’hygiène ou d’assainissement doivent circuler et obliger chaque parcelle à assainir son espace. Car les bestioles, rats, chiens, chats, mouches et autres insectes qui transmettent des maux tels que la malaria, la fièvre typhoïde, la verminose et autres maladies n’ont pas besoins de frontières. Ils sont présents partout : dans le verre, dans l’assiette, dans la casserole pour rendre le consommateur malade. Et le moustique le poursuit jusqu’au lit.

SAKAZ

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