Arrêtée et battue par la police à l’Unikin : la journaliste Dorcas Somwe du «Phare» hospitalisée

 

            Dorcas Somwe, journaliste au quotidien « Le Phare », a été admise hier jeudi 22 novembre en urgence dans une formation hospitalière de la place, des suites de son passage à tabac par des éléments de la Police Nationale Congolais, District du Mont-Amba, qui l’avait arrêtée sans motif plausible le mercredi 21 novembre sur le site de l’Université de Kinshasa, où l’avait dépêchée la rédaction en vue de couvrir une manifestation spontanée des étudiants de cet établissement. La communauté estudiantine de l’Unikin, rappelle-t-on, était sortie de ses auditoires et homes pour protester contre l’occupation de la ville de Goma par les rebelles du M23 et la complicité de certains décideurs politiques de Kinshasa dans cette défaite militaire. Les violents coups de crosses et de pieds lui administrés dans la jeep où elle avait été jetée comme un sac de sable et maintenue sous la banquette pendant trois heures ont eu pour effet de provoquer un traumatisme crânien et d’arrêter net le processus de rééducation de l’une de ses jambes, sous traitement au Centre de Rééducation pour Handicapés Physiques depuis 8 mois, après un accident de circulation qu’elle avait connu le 8 mars.

            Compte tenu de son état de santé qui commence à inspirer beaucoup d’inquiétude, « Le Phare » estime que l’Etat congolais, civilement responsable des actes posés par la Police du District du Mont Amba, devrait prendre ses responsabilités d’abord pour participer aux frais de prise en charge de Dorcas Somwe et ensuite pour rechercher et punir les auteurs de la barbarie dont elle a été victime. A ce stade en effet, notre consoeur est appelée à subir un certain nombre d’examens (scanner, échographie, radiographie, laboratoire) fort coûteux, afin de permettre à son médecin traitant de poser un diagnostic exhaustif pour des soins appropriés.

            En attendant les résultats de ces explorations médicales, cette victime de l’intolérance policière reste clouée dans son lit de malade, incapable de se livrer à la collecte, au traitement et à la diffusion de l’information, cette mission sacrée dévolue à tout professionnel des médias. Mais dans ce pays de non-droit, il se trouve sur le chemin du journaliste des donneurs d’ordre et des exécutants qui pensent qu’informer l’opinion, c’est d’abord et avant tout ne relayer que le son de cloche du pouvoir en place.

            «Le Phare» est d’autant indigné par le calvaire subi par sa journaliste que cette dernière n’a posé, dans l’exercice de son métier, aucun acte délictueux de nature à lui valoir un traitement violent et humiliant de la part précisément des citoyens qui ont pour mission primordiale la protection des personnes et de leurs biens.

            Pour revenir à l’événement de l’Unikin, même un journaliste débutant aurait eu le réflexe et la curiosité de Dorcas Somwe, à savoir se déporter sur le campus universitaire, tout simplement dans le souci de recueillir l’information à porter à la connaissance du grand nombre. Le journalisme est un métier noble, qui a ses règles, lesquelles reposent sur les exigences de vérité, d’indépendance, de responsabilité, d’objectivité, de respect de bonnes mœurs et de la dignité des tiers, de retenue dans la relation des faits susceptibles de susciter la controverse, de vérification et croisement de sources, etc. Au journal « Le Phare », même si on n’est pas exempt de reproche, chaque membre de la rédaction est tenu à l’observance de cet « ABC » de la profession. Il est régulièrement rappelé à chaque journaliste en reportage ou chargé d’un « papier » d’analyse de rester au service exclusif de la vérité, en laissant parler les faits.

L.P.

 

Leave a Reply