Annonceurs, médias, comédiens, agences conseils en atelier depuis hier

csacLe Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication « CSAC » organise depuis hier,  lundi 27 octobre 2014 à  l’hôtel Africana Palace des journées pédagogiques consacrées à la protection des jeunes face à la publicité des boissons alcoolisées. Destinées aux annonceurs, comédiens, agences en publicité et médias audiovisuels, ces échanges prennent fin aujourd’hui.

            Cogiter ensemble pour gagner la bataille de la protection des jeunes en élaborant un bréviaire censé  protéger notre  jeunesse des méfaits de l’alcool est l’objectif principal de ces journées. « Le CSAC veut, à travers cette activité, attirer l’attention des intervenants dans l’édition et la diffusion des publicités des boissons alcoolisées  sur la nécessité de veiller à la protection des jeunes consommateurs », a dit d’emblée, Tito Ndombi,  président du CSAC dans son mot d’ouverture. Car, d’après le diagnostic établi à ce jour, l’alcool est quasi- présent dans la totalité des émissions favorites des adolescents. Ce contact omniprésent avec ce genre de publicité à un âge précoce débouche souvent par une attraction  sur l’alcool, a reconnu le président du Csac. Par conséquent, l’astuce des annonceurs, a fait remarquer Tito Ndombi, est d’utiliser des stars en vogue auprès des jeunes afin de faire passer le message selon  lequel la consommation de l’alcool mène à la réussite sociale, sexuelle et accroit les performances de toutes sortes dont celles du secteur sportif, etc. Les dérapages étant énormes, le CSAC estime qu’il est temps de réagir, a –t-il indiqué.

En tant que communication dirigée vers le public, la publicité est appelée à être attentive aux effets de ses messages sur les jeunes. Le besoin essentiel du CSAC est celui de prévention vis-à-vis  de l’influence de ces publicités sur un public jeune. Les médias audiovisuels occupent à cet effet une place de choix dans la transmission du savoir et dans la transformation positive ou négative des gens. Il faut signaler tout de suite que loin de clouer la publicité au pilori, le Csac a voulu saisir cette opportunité pour tirer la sonnette d’alarme par une approche pédagogique sur le danger néfaste que véhicule le contenu de certaines publicités.

            Après ce mot d’ouverture, les participants ont eu droit à quatre interventions de quatre hauts conseillers dont  celui de Jean-Chrétien Ekambo, MaguyMayela, BanzaTiefolo qui ont chacun planché à tour de rôle sur un sujet précis.

            BanzaTiefolo a épinglé les effets néfastes de la publicité des boissons alcoolisées sur le public jeune. Il s’est attardé sur le concept jeune, adolescent, les méfaits de l’alcool chez l’être humain.

            De son côté, EkamboDuasenge Jean-Chrétien Ekambo a axé son intervention  sur les cinq vertus de la publicité dans les médias. L’importance de la publicité dans la société n’est plus à démontrer parce qu’elle devenue même une exigence pour toute entreprise qui veut se faire connaitre au grand public.  La publicité, telle qu’il l’a démontré,  devrait être comprise dans un sens plus large comme une action qui permet à toute entreprise de faire connaitre ses produits et son savoir faire.

            Pour cela, de manière classique, la publicité renferme cinq vertus : éthiques,  économiques, culturelles, déontologiques et sociologiques. La publicité amène ainsi sur l’espace public le libéralisme et la démonopolisation, ce qui favorise une concurrence loyale.

            Tandis que  Mlle MaguyMayelaKinkela est revenue sur les dispositions légales, réglementaires  et des compétences du CSAC sur la publicité. Le CSAC ne voudrait  pas se constituer en « bourreau » ou en « policier » mais plutôt en partenaire. Ainsi,  l’assemblée plénière s’est engagée dès son installation, à privilégier un dialogue fondé sur la pédagogie ainsi que sur la recherche d’une compréhension mutuelle du rôle du régulateur qu’est le Csac.

            Expliquant plus loin le texte institutionnel sur le CSAC, elle a circonscrit les compétences dévolues à cette institution d’appui à la démocratie sur la publicité en RDC et les textes réglementaires en la matière. Elle s’est ensuite  appesantie sur la loi organique du 11 janvier 2011 relative à la création  du CSAC, de la loi du 22  juin 1996 fixant les modalités de l’exercice  de la liberté de presse, du règlement d’ordre intérieur du CSAC reprenant ce que l’Etat attend  de cet organe. En l’absence d’une législation spécifique du secteur de la publicité, a reconnu MaguyMayela, le paysage médiatique souffre de la multiplicité des textes réglementaires. Ces couacs ne facilitent ni la vulgarisation desdits textes, moins encore la régulation. Elle a énuméré les textes réglementaires et législatifs sur  la publicité connus jusqu’ici. Notamment ceux du 10 janvier 2011 sur le CSAC, les arrêtés ministériels  d’avril 1990 sur les  dispositions réglementaires en matière de publicité, du 9 juillet 2007 fixant  les critères d’appréciation  de la publicité  sur le tabac et  l’alcool, du 10 juillet 2007  interdisant la publicité portant atteinte et d’autres textes.

            Voulant justifier la position du CSAC par rapport aux autres structures qui jouent un rôle similaire, elle a dit que leur institution est semblable à l’arbitre central d’un match de football.

            Les travaux en atelier démarrent aujourd’hui et seront sanctionnés par un travail de mise en commun qui pourra déboucher sur des recommandations.

 

Jean- Pierre Nkutu

et VAN

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