Agriculture familiale : les défis à relever en RDC

agriculture-RDC_cVanCoolen-Eureka-Slide-reporters-REA2014 a été décrétée « Année internationale de l’agriculture familiale et de la sécurité alimentaire» par les Nations-Unies et l’Union Africaine. A cet effet, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, avec l’appui du Parrsa (Projet d’Appui à la Réhabilitation et la Relance du Secteur Agricole), organise une semaine de conférences-débats de  sensibilisation. Ces échanges se déroulent à l’Espace Bilembo, dans la commune de Ngaliema, non loin de l’ambassade de France.

           Venus des organisations paysannes et des institutions partenaires du secteur de l’agriculture, les participants débattent de plusieurs sous-thèmes. Avec comme orateurs Paluku Mavimba, président de la Confédération des

Paysans du Congo, et Chris Yamba, les discussions de la 2ème journée ont porté sur le thème relatif à la dynamique des organisations paysannes et de leurs confédérations ; les revendications d’une participation plus directe des paysans dans les projets de développement.

         Dans son intervention, le président de la Conapac a donné l’historique des organisations paysannes, en passant par les difficultés de l’agriculture familiale et l’impact de l’agriculture agro-industrielle dans un pays en voie de développement.  Il a clôturé son exposé en relevant quelques  défis et pistes de solution afin de pallier cette situation.

    Dans le lot des défis à relever, il y a l’absence d’une bonne définition de politique agricole ; l’accès difficile à la terre dans certains territoires du Nord et Sud-Kivu, du Katanga, du Bas-Congo, des deux Kasaï ; le processus lourd et coûteux d’acquisition des terres ; l’accès difficile aux intrants agricoles, aux informations  sur les nouvelles technologies agricoles, aux marchés agricoles et aux financements agricoles ; le mauvais climat des affaires ; le changement climatique.

Pistes de sortie

            En ce qui concerne les pistes de sortie, ils recommandent : la mise en place des mécanismes d’accompagnement des paysans (acquisition des crédits agricoles); l’amélioration de l’accès de petits exploitants à des services financiers adaptés à leurs besoins ; la création des micro-finances en milieux ruraux et l’incitation à l’épargne ; la promotion des politiques actives, fortes et innovantes en faveur de l’agriculture familiale, l’élevage, la pêche

artisanale ; la construction et l’aménagement des routes de desserte agricole ; la prise de conscience de l’autorité et de la société civile sur le rôle de l’Agriculture  familiale comme source de production d’aliments et du développement intégral des zones rurales.

Loi foncière : une dichotomie sectorielle

            Simplex Malembe, expert en question foncière, était l’intervenant de la troisième journée. Il a décortiqué la loi foncière de la République Démocratique du Congo et constaté qu’elle présente beaucoup de lacunes. Elle a été élaborée, à son avsi, sans tenir compte des responsabilités de chaque secteur ayant comme outil de travail « la terre ». Pourtant la loi foncière concerne  aussi les secteurs minier, pétrolier, forestier et agricole.

    A cet effet, l’orateur a relevé quelques difficultés de mise en œuvre de ladite loi : processus complexe avec 27 étapes à parcourir ; archaïsme des services ; personnel peu motivé et parfois peu compétent ; chevauchement avec d’autres lois sectorielles ; faible couverture du territoire national par l’administration foncière.

            Vu les complications existantes dans l’application de ladite loi, le gouvernement a jugé bon de mettre sur pied une Commission nationale pour la réforme foncière (Conaref). Elle a comme axes prioritaires : clarification, reconnaissance et sécurisation des droits fonciers locaux ; appui institutionnel et développement des capacités ; gestion des conflits fonciers, etc.

     Seul le premier axe intéresse les paysans. Mais ceux-ci déplorent la non implication et prise en compte de leurs points de vue par cette commission nationale. Actuellement, il y a urgence d’avoir un décret transitoire portant gestion des terres des communautés locales.

                Dorcas NSOMUE

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