Agriculture à l’Equateur et Pool Malebo : revue à mi-parcours, le PARRSA a réalisé de grandes avancées

agriculture-RDC_cVanCoolen-Eureka-Slide-reporters-READevant des défis énormes que représentent à la fois la réhabilitation et la relance du secteur agricole, en termes de l’amélioration de la production agricole et animale, la remise en état et la construction des infrastructures et  le renforcement des capacités institutionnelles et des structures d’encadrement des agriculteurs et des éleveurs, à l’Equateur et au Pool Malebo, le Projet d’appui à la réhabilitation et à la relance du secteur agricole ( PARRSA) financé par la Banque mondiale à hauteur de 120 millions de dollars, et approuvé le 20 mars 2010, a été mis en œuvre le 31 décembre 2010 pour se terminer en décembre 2015. Plusieurs actions ont été menées dans les aires d’interventions suivantes : les districts de Nord Ubangi, Sud Ubangi, Mongala, pour la province de l’Equateur et le Pool Malebo, pour la ville de Kinshasa.

Du 3 au 18 février dernier, sous la conduite du coordonnateur national Alfred Kibangula, une équipe de la Banque mondiale avec à sa tête,  Amadou Oumar Ba, spécialiste agricole principal, et comprenant six membres, a effectué une mission d’évaluation sur le terrain pour se rendre compte de l’état d’avancement de ce projet. Empruntant des pistes de brousse et des routes détruites non entretenues, quelquefois impraticables, traversant des rivières et affrontant des moustiques et d’autres bestioles, sous une chaleur intense, la mission a pu recueillir une somme d’informations sur les réalisations du PARRSA dans cette partie de la république. Elle ne s’est pas contentée des rapports de certains services de l’Etat, tels que le Service national des semences ( Senacem), l’Institut national de la recherche agronomique ( Inera), mais a eu aussi des entretiens avec les autorités provinciales, les agriculteurs, les éleveurs, les ONG d’encadrement des paysans, et autres. Des visites d’inspection leur ont permis de constater de visu les réalisations du PARRSA, mais aussi  d’appréhender les défis qui restent à relever. Avec cette mission, les principales difficultés rencontrées par les agriculteurs et les éleveurs ont été recensées, et il leur a été donnée de proposer sur place quelques pistes de solution, en attendant que des solutions durables soient envisagées par les autorités nationales et provinciales en termes de mesures correctives. Le problème majeur qu’ils ont noté est le faible taux d’absorption qu’il faudra relever pour que le projet puisse atteindre sa vitesse de croisière.

Dans son intervention, M. Amadou Oumar Ba a fait hier mercredi 19 février 2014,  au Cercle français de Kinshasa, la restitution de la mission de la revue à mi-parcours.  De l’avis de différents spécialistes présents à cette réunion et des membres de qui a effectué cette mission de la revue, cette agence d’exécution de la Banque mondiale a réalisé de grandes avancées. Des images parlantes ont été projetées, des chiffres qui forcent admiration et des explications assez convaincantes donnés, le PARRSA a répondu à de nombreuses attentes. Ce qui a fait dire au secrétaire général à l’Agriculture qui présidait cette rencontre au nom du ministre, que des efforts ont été réellement engagés et que le chemin a été effectivement déblayé.

S’il a noté quelques difficultés au niveau de suivi-évaluation, l’entreposage et le stockage des semences améliorées, la professionnalisation des agents des structures d’encadrement des paysans, le secrétaire général à l’Agriculture a épinglé également la carence d’une structure spécialisée dans la communication pouvant assurer la visibilité des actions réalisées,  favoriser la diffusion des informations auprès des radios communautaires et renforcer les capacités techniques de Senacem et de l’Inera.

La filière semencière mise en place à l’Equateur pourra booster l’agriculture

Pendant la première semaine, la mission s’est consacrée au passage théorique des contraintes et à la visite des réalisations à Kinshasa. Elle a tenu des réunions avec des opérateurs d’appui-conseil, récoltant ainsi une première moisson d’informations. Au cours de la deuxième semaine, les membres de l’équipe sont allés constater sur le terrain, les réalisations dans le cadre de l’amélioration de la production animale et agricole, et les infrastructures. Plus palpitant a été le déplacement sur des routes en mauvais état qui avaient tout pour les décourager. Mais par leur détermination farouche à donner un contenu réel à leur mission, ils sont arrivés à terme.

Quelques chiffres sur les réalisations

Dans les aires d’intervention, M. Amadou a indiqué que le PARRSA a pu encadrer 25.000 ménages dans le Nord Ubangi, 48.000 dans le Sud Ubangi, 30.000 dans la Mongala et 2.000 dans le Pool Malebo.

 Concernant la filière semencière, la production des semences améliorées visée est de 1.500 tonnes. Aujourd’hui, cette production oscille à 1.145 tonnes en 2011, 125 producteurs des semences ont été recensés. Ainsi l’on dispose de 120 agrimultiplicateurs et 5 opérateurs formés par le Senacem. Signalons que 93 agrimultiplicateurs ont suivi une formation sur l’entretien et la protection phytosanitaires.

De ces actions, l’on apprend qu’avec l’accroissement de la production agricole, le prix de cossettes de manioc a baissé à Molegbe.

S’agissant de l’amélioration de la production animale, une sous-composante du projet, 151 superviseurs et 45 vaccinateurs ont été formés et des campagnes de vaccination lancées contre la maladie de Newcastle. A cela, il faut ajouter 68 cadres formés en techniques d’élevage et l’installation de 17,5 hectares de pâturages au centre de transit de Boyambi depuis août 2013.

         Depuis janvier 2014, l’on peut se satisfaire des résultats de cette opération. District de la Mongala : 25.278 volailles vaccinées, 87.462 au Nord Ubangi et 37.587 au Sud Ubangi. Soit 150.327 volailles vaccinées, soit 30 % de l’objectif visé.

En ce qui concerne les infrastructures construites ou réhabilitées, Amadou Oumar signale 540,8 Km réhabilités sur 2.500 Km prévus. Dont 162,6 Km dans la Mongala, 227,3 Km au Nord Ubangi, 150,9 Km dans le Sud Ubangi. Et d’ajouter que 590 Km sont en cours de réalisation. 250 Km retenus en mode mécanisé, 123  Km en phase démarrage, 127 Km en marché relancé infructueux et 1010 Km de pistes restants dont les études techniques sont en cours.

         Signalons aussi parmi les contraintes, l’occupation du site de Mikonga à Kinshasa par des habitations qui ont freiné la réalisation des projets.

Bénéficiaires directs du PARRSA

 53.789 ménages soit 378.000 personnes. Soit 51,2 % de l’objectif. Dans ce chiffre, l’on note 49 % de femmes, 43 ONG agrimultiplicateurs et 1.126 organisations de producteurs. Au-delà de ces chiffres, Amadou pense aux défis qu’il faut relever, notamment combler le déficit de la production semencière, la formation des agrimultiplicateurs, le faible niveau de communication, manque de professionnalisation de la production des semences.

 Il a terminé par une série de recommandations dont la plus importante est qu’il faut renforcer l’organisation de la collecte et du traitement des données, leur analyse et le rapportage dans les districts.

         Cette restitution s’est achevée par un jeu de questions-réponses des participants sur certains goulots d’étranglement et des problèmes du secteur.

         Aujourd’hui, ce sera la porte ouverte de PARRSA, toujours au Cercle français.

                                                                                                                                 J.R.T.  

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