Affaire Tungulu : Kinshasa contre-attaque ce Mercredi

La veuve Tungulu et l’Etat Congolais sont attendus ce mercredi 10 novembre 2010 devant le Tribunal de 1ère Instance de Bruxelles. Ce rendez-vous judiciaire est lié à l’examen, par cette juridiction, de la « tierce opposition » formée par les avocats de la République Démocratique du Congo, Mes Mbemba et Moma, le vendredi 28 octobre dernier, contre l’ordonnance du lundi 04 octobre 2010 sommant le gouvernement Congolais de restituer, dans les 48 heures, le cadavre d’Armand Tungulu à sa famille, résidant à Bruxelles, sous peine d’une astreinte de 25.000 Euros par jour de retard.

 On rappelle que les avocats de la partie congolaise avaient invoqué, dans leur requête, l’absence de cette dernière à l’audience où avait été prononcée cette sentence. Quels arguments vont-ils développer devant le tribunal de Bruxelles ? Vont-ils soulever le cas d’incompétence de la justice belge pour juger un Etat, en l’occurrence la RDC ? On sait, à ce propos que le gouvernement congolais, par la voix de son porte-parole, Lambert Mende, avait dénié aux juges belges le droit de se saisir du dossier Tungulu.

L’on pensait, après la sortie médiatique du ministre congolais de la Communication et des Médias, que pour le gouvernement congolais, le dossier judiciaire d’Armand Tungulu ouvert à Bruxelles, était clos. D’où la surprise  d’apprendre, au soir du vendredi 28 octobre 2010, que la RDC avait introduit une « tierce opposition ». Faut-il croire, par cet acte, que notre pays a mis entre parenthèse sa souveraineté et qu’il a accepté, tout de même, d’affronter la famille Tungulu sur le terrain du droit belge ? En tous les cas, l’Etat congolais est partie au procès, sur le territoire belge.
 L’autre pan de l’affaire Tungulu est le retrait, par sa famille de Kinshasa, de la plainte qu’elle avait déposée contre l’Etat congolais au Parquet Général de la République, pour « non protection des citoyens ». Me Bolo, l’avocat des Tungulu version locale, n’avait fourni aucune explication à cette démarche, lui-même n’ayant reçu aucune lumière de la part de ses clients, dont une présumée fille du défunt, dénommée Stéphie Mudiandambu.
 Le feuilleton Armand Tungulu, faut-il rappeler, était parti du jet de pierres de ce Congolais résidant en Belgique sur le cortège présidentiel, le mercredi 29 septembre à la hauteur de la Maison Schengen, sur l’avenue « Libération » (ex-24 Novembre), dans la commune de Lingwala.
 Arrêté après avoir été sérieusement tabassé puis conduit au cachot de la Garde Républicaine, il était déclaré mort par suicide, dans sa cellule, par le Parquet Général de la République. Cette version, énergiquement contestée par sa veuve restée à Bruxelles, avait conduit cette dernière à interdire toute autopsie sur son cadavre et à réclamer son rapatriement en territoire belge. Et, pour formaliser son exigence, elle avait saisi le Tribunal de 1ère Instance de Bruxelles. L’affaire en est encore là, en attendant d’autres développements.
 Entre-temps, la dépouille mortelle d’Armand Tungulu reste consignée à la morgue de l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa, voici plus d’un mois. Jusque-là, aucun membre de famille, ni de Bruxelles, ni de Kinshasa, ne s’est présenté à cette formation médicale pour son identification, telle que recommandée, avec insistance, par le Parquet Général de la République. L’ardeur des proches de Tungulu à Kinshasa aurait été refroidie, dit-on, par la rumeur des pots de vin mis en jeu pour les amener à accepter cette formalité.
        Kimp.

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