Affaire Nsingi – Malungeni : les Députés dénoncent les ingérences du PGR

Le Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité et son collègue de la Justice et Droits humains sont attendus dans les prochains jours à l’Assemblée nationale. Motif : s’expliquer sur l’immixtion ou interférence du pouvoir judiciaire dans le fonctionnement de l’Assemblée provinciale de Kinshasa. Ce, en rapport avec la décision du PGR (Procureur général de la République) qui paralyse à ce jour, les activités de cette assemblée législative depuis la déchéance de Roger Nsingi Bemba et son remplacement Malungeni que le Pgr juge illégal.

           

            C’est l’option levée par les Députés au cours de la plénière d’hier lundi 27 septembre, à la suite de la motion présentée par leur collègue Jean Lucien Busa.

 

            Ce dernier a fustigé l’immixtion qui devient monnaie courante du Pgr dans les affaires parlementaires. Un comportement, selon les propres mots de l’auteur de la motion, qui déstabilise les institutions et bloque la démocratie, comme c’est le cas avec la paralysie des activités de l’APK (Assemblée provinciale de Kinshasa).

Exigeant au Pgr la preuve de la violation de la Constitution, l’élu a dénoncé, sous les applaudissements frénétiques de ses collègues,  la situation qui prévaut actuellement à l’APK et celle, similaire, provoquée par le même pouvoir judiciaire à l’assemblée provinciale de l’Equateur. Conclusion : la justice non seulement interfère en faveur des affaires intérieures des autres pouvoirs, mais elle milite également pour déstabiliser les institutions. Avant de se demander les raisons de la protection du Pgr président déchu démocratiquement de l’APK.

            Face au blocage de l’APK provoqué par le PGR, Busa Tongba sollicite l’implication des présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, afin de faire rétablir l’ordre et permettre à l’APK de fonctionner normalement.

 

Dikuyi et Kyaviro rappellent le principe de la séparation des pouvoirs

 

            Comme le recommande le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, le président de séance a accordé la parole à quatre intervenants, dont deux pour soutenir la motion et deux pour son rejet.

Soutenant la motion, Dikuyi Muboyayi a stigmatisé avec énergie les ingérences du Pgr dans le fonctionnement du pouvoir législatif, en l’occurrence l’Assemblée provinciale de Kinshasa.

            A cet effet, il a exigé du Pgr la preuve de la violation de la Constitution. «Quel article de la constitution a été violé par les députés provinciaux en procédant à l’élection d’un nouveau président de leur institution ? Ou que le Pgr nous dise l’article de la constitution qui a été violé», a-t-il exigé.

            Sans emprunter la langue du bois, l’élu de Mbuji-Mayi n’a pas porté des gants pour dénoncer la politisation de la justice. Où était le Pgr lorsqu’on démissionnait tous les membres du bureau de l’Assemblée nationale ? Pourquoi n’était-il pas intervenu pour dénoncer la violation de la Constitution qui était indiscutable ?

            L’autre constat fait par l’intervenant est la non observance de la procédure en la matière. Car, tout dossier est directement géré par le Pgr, sans transiter par des étapes à suivre.

            A son tour, Kyaviro a commencé par rappeler les dérapages répétés de la justice qui met souvent l’institution parlement en difficultés pour bien fonctionner. Avant de dénoncer cette dérive dangereuse de la justice à vouloir déstabiliser toute la machine institutionnelle républicaine.

            Les arrêtés contestés de la Cour suprême de la justice invalidant les 18 députés après une longue période de siège dans l’hémicycle, l’affaire Mukonkole où l’arrêt de la même Cour n’a jamais produit d’effet, la résolution de l’Assemblée nationale…Et aujourd’hui le blocage des activités de l’APK et ce sont là quelques dérapages de l’ingérence dont la justice fait montre à ce jour.

            Face à cette situation, l’élu de Beni invite ses collègues à agir pour ne pas laisser la justice se prévaloir des pouvoirs qu’elle n’a pas, au risque de paralyser toutes les autres institutions.

            Les députés Tunda et Robert Minaku qui militaient pour le rejet de la motion se sont appesantis sur la forme, sans s’attaquer au fond dont ils ont eux-mêmes reconnu la véracité.

            Après les explications fournies par le président de séance Boris Mbuku, la plénière a recommandé à Jean Lucien Busa de transformer sa motion en question orale avec débat à adresser à deux ministres. A savoir : le Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur et celui de la Justice.

            Donc, Adolphe Lumanu Buana Sefu et Luzolo Bambi Lessa « comparaîtront » bientôt devant la Représentation nationale.

 

Dom

 

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