Affaire Malumalu : l’Eglise catholique reste sereine

L’abbé François Luyeye, prêtre du Diocèse de Kinshasa et « Aumônier de
la Classe Politique » était, le vendredi 14 juin, l’invité de
l’émission « Précisions » de la Radiotélévision Catholique (RTCE). Son
entretien avec le journaliste Mutombo a gravité essentiellement autour
de la désignation et de l’investiture de l’abbé Apollinaire Malumalu
en qualité de président de la Commission Electorale Nationale
Indépendante (CENI), sous le label de la sous-composante « Confessions
religieux ».
D’emblée, il a tenu à rappeler la décision du Saint-Siège, relayée en
son temps par la CENCO (Conférence Episcopale Nationale du Congo) et
le CALCC (Conseil de l’Apostolat des Laïcs Congolais) interdisant aux
ecclésiastiques de siéger dans les institutions de la République.
Contrairement aux rumeurs, le Vatican n’a pas revu sa position. En
réponse à ceux qui soutiennent que le 2me Secrétaire général adjoint
de la Cenco, l’abbé Nshole, qui avait réagi à chaud contre la
désignation de l’abbé Malumalu l’avait fait sans l’aval de Mgr Djomo,
président national de cette structure, l’abbé Luyeye a précisé que le
précité avait qualité pour engager la Cenco. En sa qualité de membre
du Secrétariat général chargé des textes, ses prises de positions
engagent automatiquement la Cenco. Avant de s’adresser aux médias, il
prend l’avis du président national et du Secrétaire général.
Interrogé au sujet de la désignation de l’abbé Malumalu comme membre
de la CENI, l’abbé Luyeye a fait savoir qu’au départ, la procédure
était entachée de tricherie car l’Eglise Catholique n’a jamais fait
acte de candidature et n’a jamais été consultée à cet effet. Il a mis
quiconque au défi d’exhiber un document autorisant l’abbé Malumalu à
se porter candidat membre de la Ceni pour le compte de l’Eglise
catholique. Il a déploré le fait que le cas Malumalu a été politisé
sur la base d’un mensonge, d’un manque total de transparence.
Après la désignation de l’abbé Malumalu comme délégué des «
Confessions religieuses » et son investiture par ordonnance
présidentielle comme président de la CENI, le dossier peut-il être
considéré comme clos ? Selon l’abbé Luyeye, le dossier reste ouvert
car la CENCO attend impatiemment que l’intéressé puisse clarifier
lui-même son statut à travers un écrit. Si cela est fait, cela
pourrait constituer un des points à traiter lors d’une réunion
statutaire de son Comité exécutif ou d’une Assemblée générale de la
CENCO.
Y aurait-il incompatibilité entre les fonctions politiques et les
charges religieuses de l’abbé Malumalu ? L’abbé Luyeye a été
affirmatif. A son avis, l’incompatibilité n’appelle même pas de débat
étant donné qu’il s’agit de deux charges pleines. Il a rappelé
qu’avant d’être désigné à la tête de la CENI, cet abbé venait d’être
nommé, par le Saint-Siège, au poste de Directeur Général de l’Institut
Panafricain Cardinal Martino pour l’Enseignement Social. Au regard des
responsabilités qu’impliquent l’une et l’autre fonction, le concerné
devait forcément opérer un choix. Le cas Malumalu, a-t-il dit,
intéresse aussi bien l’Eglise Catholique congolaise, l’Eglise
catholique africaine que l’Eglise catholique Universelle.
Au regard du maintien de l’abbé Malumalu à la présidence de la CENI,
l’Eglise catholique n’est-elle pas défiée et humiliée ? Selon l’abbé
Luyeye, ce n’est pas la première fois que cette église est humiliée.
Jésus-Christ était le premier chef de l’Eglise catholique à être
humilié, a-t-il rappelé. Alors qu’il était porteur du message du salut
pour les humains, ceux qui n’y croyaient pas l’avaient arrêté,
calomnié, torturé et mis à mort à le faisant crucifier comme un
criminel. C’était une humiliation extrême mais qui s’était transformée
par une grande victoire que l’on célèbre depuis des siècles. Aussi
a-t-il exhorté les Chrétiens catholiques à ne pas se laisser troubler
par le cas Malumalu et à ne pas fléchir dans leur foi. L’Eglise
catholique est une structure organisée, qui est régie par des textes
et des principes. Leur application ne devrait souffrir d’aucune
faille.
S’agissant de la rumeur faisant état d’un avis favorable de Mgr
Melchisédech Sikuli, évêque du diocèse de Butembo à la présence de
l’abbé Malumalu au sein de la CENI, l’abbé François Luyeye a refusé de
croire que ce prélat pouvait prendre le risque de se désolidariser de
ses pairs et surtout de passer outre la position du Saint –Siège. Il a
martelé que les décisions qui découlent des réunions ou assemblées
générales de la Cenco engagent tous les évêques du Congo, sans
distinction.
En conclusion, l’Aumônier de la Classe Politique a invité les
décideurs politiques au respect de la vérité, de la transparence.
L’Eglise catholique, a-t-il souligné, se veut au servir du peuple. Son
vœu le plus cher est de nouer, dans le dialogue et la transparence, un
partenariat clair avec les gouvernants, comme c’est déjà le cas dans
les domaines de l’éducation, de la santé, de la bancarisation, etc.
Kimp

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