Affaire Lutu : Kipolongo cité à comparaître

L’Administrateur délégué général de la Radio nationale télévision congolaise (Rtnc), Kipolongo Mukambilwa a été cité mardi à comparaître vendredi devant la Cour d’Appel de Kinshasa-Gombe dans l’affaire opposant le ministère public et la partie civile contre Eleuthère Lutu Mabangu, en détention préventive depuis mi décembre 2009 à Makala. L’audience d’hier a porté sur l’audition des témoins à décharge. Ont été auditionnés, le directeur financier, deux caissières et un logisticien de la RTNC 2 où Lutu est coordonnateur. Les trois témoins ont reconnu avaient perçu, pour le compte du Trésor public, une somme de 6000 dollars américains représentant, selon eux, le fruit de la vente des deux véhicules et d’un groupe électrogène d’une capacité de 120 Kva, déclaré hors d’usage pour lesquels Lutu est poursuivi. Ils ont sur le banc, produit les preuves de perception. Mais qui vous a demandé d’apprêter les factures que vous nous amenez ici? Question du ministère public transmise aux comparants par le juge. C’était par mesure de prudence, a répondu l’une des caissières, dans la langue qu’elle comprenait, le lingala.

Les avocats de la défense ont interrogé les témoins pour savoir à quand remonte l’histoire. Un logisticien de la Rtnc invité à la barre, a indiqué à l’attention des juges que les véhicules comme les deux groupes électrogènes n’étaient plus en bon état et l’option de vente à des tiers a été mûrement réfléchie au niveau de la « hiérarchie ». Laquelle ? a interrogé le ministère public. Au niveau du coordonnateur qui est mon autorité directe, a répondu le logisticien. De ces deux groupes, l’un a été vendu en plus de deux véhicules, a précisé le logisticien qui a rappelé que faute d’avoir trouvé les pièces de rechange, à la demande de Barnabé Kikaya, alors ministre de la Communication , l’ancien groupe, remplacé par un autre acquis chez Teleconsult, n’avait plus sa raison d’être. Dites si l’acte de vente a été bien ficelé. Question de la composition aux comparants. La signature de l’acheteur était cote à cote avec celle du coordonnateur, je ne pouvais donc pas contester la régularité de la vente et j’ai perçu l’argent, a rétorqué la caissière, brandissant aux juges ce qui paraissant, à ses yeux, comme des preuves. Moi-même quand on a voulu me donner l’argent, j’ai plutôt fait appel à la caissière qui n’était pas au bureau pour qu’elle vienne prendre l’argent parce que ce n’était pas de ma compétence, a déclaré Lutu, assis sur une chaise et déclaré malade, selon ses avocats. Qui a compétence de certifier l’état hors d’usage ou non d’un équipement public ? « Soit c’est Sta ou la hiérarchie ». Et ici qui les a déclaré hors d’usage ? C’est la hiérarchie, a répondu le cinquantenaire, regard tourné en direction de la défense. De son côté, le financier a reconnu avoir encaissé la somme et dit l’avoir laissée en entièreté dans la caisse au sortir de son bureau pour répondre à l’invitation de la Cour. Est-ce Lutu avait-il agi avec l’autorisation de sa hiérarchie ou de son propre chef ? Je ne sais pas c’est lui mon chef direct ? a rétorqué le préposé à la logistique, doigt pointé en direction de Lutu, dans une chemise de prisonnier, crâne rasé.  « Les produits de vente sont bien renseignés par mes services », a encore ajouté le financier qui a dit affirmer qu’à ses yeux, tout s’est passé dans la régularité de la procédure. L’affaire reprend ce vendredi.

    D-I.K

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