Affaire Denis Lessie et consorts : coup de théâtre à Ndolo : réouverture des débats !

Lessie (1)Le verdict du procès qui oppose le ministre honoraire du Budget, Jean-Baptiste Ntahwa, à Denis Lessie et consorts, qui devait être prononcé par le Tribunal de Garnison Militaire de Gombe à l’audience publique d’hier mardi 17 septembre 2013, est renvoyé au vendredi 20 septembre. Pour cause! Le tribunal a estimé qu’il fallait examiner d’abord la question de droit liée à la nature des biens remis par Ntahwa aux prévenus avant le jugement.

En effet, cette question a été soumise à l’examen du tribunal pour savoir si les biens remis par Ntahwa à Lessie et consorts avaient un caractère légal ou illégal. C’est la partie civile Drolia Omedal qui avait introduit la requête. C’est pour cette raison que le tribunal a procédé à la réouverture  des débats sur base des dispositifs de l’article 256 du Code de justice militaire.

D’entrée de jeu, le ministère public  a estimé que c’était incorrect pour le tribunal de prendre une telle décision parce que la réouverture des débats ne cadre pas avec l’évolution du dossier. Pour l’organe de la loi, il s’agit d’une manœuvre dilatoire.

Il fallait, selon lui, que le tribunal puisse communiquer préalablement cette modification de la procédure à toutes les parties au procès.  Le ministère public a en outre confirmé son réquisitoire. Il a demandé au tribunal de dire établies en fait comme en droit toutes les infractions mises à charge des prévenus et de les condamner à perpétuité.

En ce qui concerne les avocats de la partie civile, ils ont martelé que les parties au procès ne devaient  pas tenir compte de la position du tribunal mais plutôt considérer que les débats étaient déjà clos et que l’on ne peut plus y revenir. Ils ont en outre rappelé que le tribunal est saisi par la requête du ministère public qui jusqu’à ce jour continue  à confirmer  les infractions d’association des malfaiteurs, d’escroquerie et d’incitation des militaires à charge des prévenus.

 Les mêmes avocats ont indiqué que  la remise était légale parce que c’était lié au règlement d’un litige. Si les avocats de la défense estiment que la remise des biens par Ntahwa à leurs clients est illicite, ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes parce que ce sont leurs clients qui se sont comportés en criminels. Ils ont ajouté que le souci de Ntahwa était de rechercher la paix avec tous, comme le recommande  la parole de Dieu. Il ne voulait pas être en conflit avec la famille présidentielle étant donné qu’il prêche la parole de Dieu. Ce sont les prévenus qui doivent répondre de ces faits parce que ce sont eux qui ont acquis illicitement lesdits biens.

            A leur tour, les avocats du prévenu Lessie ont répliqué que l’avis du ministère public ne compte pas. Ils ont remis tout à la sagesse du tribunal pour trancher et appliquer le bon droit. Ils ont relevé que dans la plainte de Ntahwa introduite au tribunal au mois de juin, il est indiqué que la remise des sommes d’argent et du  véhicule aux prévenus était liée à son maintien au gouvernement. Etant donné que Ntahwa lui-même a violé la loi, qu’il soit condamné  au même titre que tous les prévenus. On ne peut pas solliciter la protection des autorités comme le fait Ntahwa dès lors que lui-même pratique la corruption.

Ces avocats ont demandé au tribunal de rejeter l’action parce que les infractions mises à charge de Lessie ne sont pas établies en fait comme en droit. Aucune preuve matérielle de ses accusations n’est établie.

Ils ont fait savoir que la loi en matière de remise des biens exige un écrit comme preuve mais dans le cas d’espèce, aucune n’a été présentée par Ntahwa. Selon eux, il ne s’agit pas d’une escroquerie mais plutôt d’une libéralité.

Par rapport à l’intervention des avocats du prévenu Okunhimo Thierry Mambusa, ils ont estimé qu’il y a défaut d’intérêt dans le chef de Ntahwa parce que le véhicule  qui fait l’objet du litige ne lui appartenait pas mais plutôt à sa femme.  C’est cette dernière qui devait le réclamer. Ils ont estimé que si leur client est condamné, il faut que Ntahwa subisse le même sort parce qu’il a pratiqué la corruption en remettant des biens et de l’argent aux prévenus pour qu’il soit reconduit au gouvernement. Ils ont demandé au tribunal de ne pas tenir compte des propos évoqués par Ntahwa parce que selon eux tout ce qu’il a raconté du début à la fin du procès était du mensonge.

Et les avocats de Kasongo wa Ngoy ont sollicité l’acquittement de leur client au motif qu’il n’était pour rien dans cette aventure. La remise était volontaire. Et la partie civile Drolia Omedal a insisté sur la restitution de son véhicule parce qu’il l’a acquis dans la régularité. Et Ntahwa ne s’est jamais opposé à la vente effectuée par Denis Lessie.

Muriel Kadima

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