Affaire de la nouvelle invasion de l’Est : RDC, défaite diplomatique interdite

 Y a-t-il encore des diplomates en RDC ? Voilà la question qui préoccupe depuis quelque temps l’opinion au regard du comportement incompréhensible et équivoque affiché par les autorités de la République face à cette nouvelle invasion du pays par des éléments nommément identifiés et des puissances extérieures fermant les yeux sur cette tragédie d’une époque révolue et d’un autre genre. Y a-t-il encore d’autres preuves plus palpables et convaincantes que celles fournies par la MONUSCO, les Ong de défense des droits de l’homme de renommée internationale de la trempe de « HUMAN RIGHT WATCH » ? Dont le rapport détaillé au millimètre près  sur l’implication directe du Rwanda dans la déstabilisation de la RDC empêche les dignitaires du Front Patriotique Rwandais de dormir en paix.
 Y a-t-il encore des preuves plus parlantes que les aveux spontanés des éléments faits prisonniers ou qui se sont librement rendus aux FARDC et à la MONUSCO et qui ont reconnu avoir été recrutés, formés, entrainés et armés par le gouvernement du Rwanda pour renforcer le fameux  M23 ? Y a-t-il encore des preuves plus accablantes comme celles fournies par le Ministre congolais de la Communication et des Médias sur les ondes de RFI?
Au cours de cette interview accordée à notre confrère Bruno MINAS, Lambert MENDE Omalanga a déclaré tout haut que son gouvernement détenait des preuves irréfutables de la présence du sieur Bosco NTAGANDA dans le camp d’entrainement militaire de Kiningi situé juste à la frontière avec la RDC et cela en compagnie du général Alexis KAGAME, ci-devant le N° 3 de l’Etat Major Général de l’Armée Rwandaise. En ajoutant que les éléments recrutés pour renforcer le M23 étaient logés dans des bâtiments appartenant à l’Office National  Rwandais du Tourisme et des parcs nationaux. Autant des preuves qui accablent le gouvernement rwandais et en face de lui c’est le silence complet et gêné.
 
Consommation intérieure  
 
Autant l’opinion dénonce le double jeu cynique du Rwanda dans la déstabilisation de la RDC, autant de nombreux observateurs se disent scandalisés par le silence gêné des autorités congolaises  sur cette tragédie qui se déroule devant leurs yeux sans réagir le moins du monde. Curieuse est cette habitude que Kinshasa a prise de se réfugier derrière des déclarations apaisantes et larmoyantes pour distraire les Congolais alors que la maison est en train de prendre feu. Curieuse cette habitude qu’a prise Kinshasa de continuer à faire confiance aux autorités rwandaises alors que celle-ci ne se gênent pas de rejeter avec mépris et condescendance  tous les rapports accablants en preuves matérielles rendus publics par des sources indépendantes sur  l’implication dans cette tragédie humaine et ne cessent de renforcer le M23 en armes lourdes, munitions de guerre et en hommes. Curieuse est l’habitude des autorités congolaises de continuer à croire à la bonne foi du Rwanda au moment où des informations dignes de foi provenant des agences de presse internationales font état de l’avancée significative des forces du M23 pour reprendre des positions stratégiques jusque là occupées par les FARDC dans le territoire de Rutshuru. Preuve s’il en faut une que ces éléments du M23 bénéficient d’un appui militaire et logistique de grande taille leur fourni par le Rwanda qui leur permet de faire ces prouesses.
 
Offensive diplomatique 
 
Il faut ’être aveugle et de mauvaise foi pour ne pas se rendre à l’évidence que Kigali a décidé de mettre le paquet pour en tirer des dividendes politiques et diplomatiques indéniables sur le plan international. Car il est établi que pour cette fois-ci comme par le passé ce sont des éléments de l’armée régulière rwandaise qui sont en train de combattre les FARDC. Sinon, d’où proviendraient les armes lourdes utilisées sur le terrain des opérations de guerre ? 
Au lieu de se prêter au jeu de cache-cache, le ministère des Affaires Etrangères de la RDC devrait immédiatement convoquer l’ambassadeur du Rwanda accrédité à Kinshasa pour lui transmettre officiellement les protestations congolaises. En même temps, Kinshasa devrait rappeler son ambassadeur accrédité à Kigali pour des consultations. Une façon de geler momentanément les relations diplomatiques et de lancer un message fort en direction de l’opinion internationale. Ensuite, Kinshasa devrait saisir officiellement les instances internationales, à savoir le Conseil de Sécurité de l’ONU, l’Union Africaine, la SADC, le COMESA, la Francophonie et pourquoi pas le Commonwealth. Entretemps, des émissaires plénipotentiaires congolais feraient œuvre utile en arpentant et investissant les couloirs des capitales occidentales pour plaider la cause du pays face à cette nouvelle invasion dont le bilan est des plus lourds en termes des pillages, destructions méchantes, massacres, déplacements forcés des populations, etc.
Ces émissaires devraient se munir des preuves accablantes attestant l’implication inacceptable du Rwanda dans la déstabilisation de la RDC sous couvert des mouvements politico-militaires qui changent de dénominations au gré des humeurs des autorités de Kigali.
 
En posant la question inévitable pour demander pourquoi tous ces mouvements politico-militaires ayant envahi l’Est du pays depuis 1996 jusqu’à ce jour n’ont-ils pas parvenu à éradiquer le phénomène des interahamwe ? Un prétexte sécuritaire qui accompagne toujours le fond de commerce du génocide brandi par Kigali lorsqu’il est coincé et pris la main dans le sac.
Ce chassé-croisé diplomatique devrait être renforcé par des activistes des Ong de défense des droits de l’homme pour saisir la Cour Pénale Internationale en vue de lui présenter des dossiers de crimes de guerre et contre l’humanité commis par Kigali à travers ces mouvements politico-militaires qui ne cessent de semer la mort et la désolation parmi les populations civiles non armées.  Entretemps, des marches de protestations devraient être organisées à travers toutes les villes et localités du pays pour dénoncer cette nouvelle invasion du pays. Il n’y pas meilleure façon de raviver la flamme du patriotisme et du nationalisme au lieu de décréter le huis clos à l’assemblée nationale sans motif valable.
Enfin, le dernier accord congolo-rwandais signé le 19 mai à Kigali devait être dénoncé. La RDC doit absolument envoyer un message fort en direction d’un voisin indélicat.
 
F.M.

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