Affaire de 10 millions USD à la MIBA : Sibeka en justice contre la RDC

Pour le commun des Congolais, la bagatelle des dix millions des dollars Us remis il y a deux mois à la MIBA constitue une avance sur les 20 millions annoncés précédemment pour relancer les activités de ce géant du diamant et donner ainsi un coup de pouce à l’économie congolaise et particulièrement à celle de deux provinces du Kasaï. Ce geste avait été salué par tous les hommes de bonne volonté, toutes tendances confondues, comme l’un des signaux visibles du gouvernement central pour venir à la rescousse d’une entreprise qui avait soutenu l’effort de guerre de 1998 à 2003 sans contrepartie aucune.

            Mais hélas ! Des sources généralement bien informées, l’on apprend que ce geste a été transformé en crédit remboursable dans cinq ans à un taux d’intérêt qui n’a pas été divulgué parce qu’exorbitant. Qui a pris la décision de transformer ces libéralités présidentielles en un crédit remboursable ? Nul ne le sait, mais toujours est-il que le Ministère du Portefeuille a nommé deux cadres expatriés, un Canadien et un Gabonais, pour gérer ce crédit pour le compte du COPIREP.

La SIBEKA bientôt devant la chambre arbitrale de Paris 

            D’autre part, l’on se pose la question de connaître la nature de ce crédit bancaire. S’agit-il d’un crédit octroyé par un bailleur, par l’Etat ou par l’un des actionnaires ? Or, l’on sait que l’Etat congolais est actionnaire majoritaire à la hauteur de 80 % des parts sociales face à la SIBEKA qui ne détient que 20 %. De même, on apprend que cette convention de transformer en crédit bancaire ce que l’on croyait être une bouffée d’oxygène financière présidentielle a été imposée par l’Etat congolais sans en aviser son unique associée, la SIBEKA. Raison pour laquelle celle-ci compte déposer une plainte devant la chambre arbitrale de Paris à l’instar de la canadienne First Quantum Minerals et de la société pétrolière britannique Tullow Oil. Avec ce que cela comporte comme pénalités pécuniaires pouvant atteindre des sommes colossales en devises étrangères, ce qui va relancer la dette extérieure du pays alors que l’on est en train de se vanter d’avoir atteint le point d’achèvement permettant à la nation congolaise de bénéficier d’autres financements dont a pourtant besoin le programme gouvernemental des cinq chantiers. 

            Par ailleurs, aussi paradoxal que cela puisse paraître, l’Etat congolais a exigé des garanties par l’ouverture d’un compte séquestre logé à la Banque Centrale du Congo qui malheureusement ne peut être actionné qu’avec son accord. Autrement dit, la MIBA ne pourra accéder à ce compte qu’en allant presque à Canossa ou en se mettant à genoux devant le Ministère du Portefeuille fortement impliqué dans la gestion de cette entreprise sans y associer ni l’actuel comité de gestion et encore moins la SIBEKA. Ces deux derniers étant devenus de simples « faire valoir » pour avaliser des décisions venues d’ailleurs. Même pour des dépenses minimes, indique-t-on dans les milieux de la MIBA.   

Le taux de mortalité revu à la hausse 

            Les dix millions libérés par le chef de l’Etat que le Ministère du Portefeuille vient de transformer en un crédit bancaire constituent une avance sur le montant total de vingt millions promis depuis l’année dernière aussi bien par Joseph KABILA que par Adolphe MUZITO. Il se fait cependant que les agents demeurent impayés, raison pour laquelle ils n’ont pas pu organiser la rentrée scolaire et universitaire de leurs enfants et pire le taux de mortalité a atteint de proportions gravissimes. Les plus avertis ont carrément pris la tangente pour trouver refuge au Katanga, à Kinshasa et en Afrique du Sud. Une fuite des cerveaux fort préjudiciable à la MIBA qui risque de compromettre sa relance étant donné que ses meilleurs cadres techniques, notamment médecins, ingénieurs, géologues, informaticiens de haut niveau, etc. sont allés vers des cieux plus cléments. Ce qui énerve plus d’une personne, c’est qu’au moment où la MIBA attendait une bouffée d’oxygène de la part de l’Etat, contre toute attente, au lieu de payer une avance sur sa dette de plus de 50 millions de dollars Us, on lui impose au contraire un prêt à un taux usurier.

            On rapporte aussi que les émoluments alloués aux deux cadres expatriés, notamment le Canadien et le Gabonais, seraient tellement exorbitants, tous frais compris, qu’ils donneraient le vertige aux agents qui n’ont plus touché leurs salaires depuis des lustres. C’est ce qui est à la base du malaise profond dans les milieux des agents et cadres de la Minière de Bakwanga et un petit rien peut provoquer une déflagration aux conséquences imprévisibles à la veille des élections générales. Dossier à suivre.

Castro

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