Affaire Chebeya, mystère autour des communications entre Mukalayi et Ngoy : encore et toujours des pistes policières

L’instruction du dossier « Floribert Chebeya » s’est poursuivie, hier jeudi 3 février 2011 à la Prison centrale de Makala(PCM), avec l’éclairage de l’expert de la société téléphonique « Vodacom », particulièrement sur les communications entre les prévenus avant et après la découverte du corps de l’activiste des droits de l’homme. En somme, après une analyse fouillée, Marcellin Bokungu Ndjoli, «Head of Quality Control and revenu assurance and Fraud» au sein de Vodacom, a fait constater un contact quasi-permanent entre le colonel Daniel Mukalayi, et son collaborateur, Christian Ngoy Kenga Kenga, commandant du bataillon « Simba », le 1er juin 2010, date de la dernière apparition de Floribert Chebeya.

 

A cet effet, l’expert a démontré qu’entre 18 heures et 19 heures, l’ancien commandant de ce bataillon, aujourd’hui en fuite, a appelé son supérieur hiérarchique entre 18 heures et 19 heures, alors que la communication a été prise en charge par l’antenne Centenaire. Vers 21 heures, l’antenne la Colline a marqué un autre appel émis par Christian Ngoy vers le même destinataire. Aux alentours de 22 heures, c’est l’antenne de Kimbondo vers Mitendi qui a confirmé une autre communication entre les deux personnages. Puis, est venu un autre appel du commandant Ngoy vers Mukalayi à 23 heures, vers Ma vallée, avant de chuter à Righini, quartier de la Commune de Lemba, à 23 heures 52’.

Comme il fallait s’y attendre, l’accusation s’est réjouie de cette interprétation des ces appels entrants et sortants, même des sms échangés entre les prévenus avant, pendant et après le 1er juin. Pour eux, elle en ressort que le général Numbi et ses collaborateurs Mukalayi et Ngoy, étaient en contact quasi-permanent pour préparer le forfait du 1er juin 2010. Cependant, la défense, par l’entremise de Me Didier Dimina, a questionné l’agent de télécommunication s’il était possible de lire le contenu d’un appel sortant et entrant. Répondant par la négative, l’expert a expliqué que l’entreprise n’a pas actuellement des matériels appropriés pour ce genre d’activités. Conclusion de la défense : c’est certainement pour des raisons professionnelles que ces deux policiers étaient tout le temps en contact. Surtout à la veille des festivités du Cinquantenaire du pays où il fallait abattre un travail de titan pour la sécurisation de la ville. Toutefois, le conseil des prévenus a attiré l’attention de la greffière de prendre acte de la confirmation faite par l’expert soutenant que l’appel du site de Ma Vallée a été émis par Christian Ngoy, toujours en cavale.

Invité à réagir à l’interprétation faite par le spécialiste car il a été abondamment cité, le colonel Daniel Mukalayi, considéré à ce jour, comme suspect numéro 1, a indiqué qu’il n’avait aucune réaction particulière. Autrement, il a tenu à rappeler que c’était lui le superviseur de différentes opérations de sécurité lancées dans la capitale (Tolérance Zéro, Kuluna etc.). « Au regard de ces prérogatives donc, j’étais en contact permanent autant avec ma hiérarchie qu’avec mes subalternes… ».

Dans l’attente du passage du dernier expert en télécommunications, celui de la société Airtel, les juges militaires ont suspendu l’audience d’hier jeudi. Elle reprendra le lundi 7 février prochain avec de gros calibres dont le général Oleko Jean de Dieu, pour son communiqué du 2 juin 2010; le Général Alongaboni, inspecteur général adjoint chargé des Opérations ; la sous-commissaire Corinne Mpila.

 

Tshieke Bukasa

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