Affaire Banque Congolaise : Yaghi désigne ses bourreaux : BCC et CNS !

Le président du Tribunal de Grande Instance de la Gombe a clos, le jeudi 10 novembre 2011 au Centre hospitalier Nganda à Kintambo, les débats autour du procès « Roger Alfred Yaghi », du nom de l’ancien président du Conseil d’administration de la Banque Congolaise(BC). Cette audience consacrée au réquisitoire du ministère public et à la plaidoirie de la défense, s’est clôturée par les répliques de toutes les parties, y compris le mot de la fin du prévenu, avant que l’affaire soit prise en délibéré, avec promesse du tribunal de rendre le jugement dans un délai raisonnable.

Invité à conclure les débats, le prévenu Yaghi n’est pas allé par quatre chemins en réaffirmant ce qu’il a toujours reclamé depuis le début de cette « rocambolesque histoire » : des preuves ! « Ni le parquet, ni l’accusation n’a réussi à amener des preuves de leurs accusations. Les quelques rares qui ont atterri ici viennent de moi… », a-t-il lâché.

Pour lui, ce procès est un « gros montage ridicule organisé par la Banque Centrale du Congo(BCC) et le Conseil National de Sécurité (CNS) qui ont tout inventé pour faire mains basses sur la BC. Les collaborateurs du Chef de l’Etat veulent l’induire en erreur », a clamé l’homme d’affaires libanais, tout en insistant sur la conclusion d’un important document de l’Agence Nationale de Renseignements, rédigé par son actuel administrateur général, lequel le disculpe.
Affirmant avoir compris à son tour les difficultés auxquelles était buté le procureur dans ce dossier, Roger Yaghi a lancé à l’assistance que l’absence des preuves est une preuve que le parquet a été instrumentalisé. « L’affaire Roger Yaghi et BC est une honte pour le pays car ceux qui ont emprunté jusqu’à 144 millions USD sont encore là et manipulent tout… »

Le ministère public requiert 20 ans de prison
Il faudrait relever que dans son réquisitoire contre le banquier Roger Yaghi, le procureur a prié le tribunal d’admettre les huit préventions établies, tout en requérant 20 ans de servitude pénale principale contre le prévenu. Par ailleurs, l’organe de la loi a exhorté le tribunal à le condamner au paiement de 200.000 FC d’amende, de plus de 197 millions de dollars, de 374.000 euros, sans oublier les frais de justice et la restitution de toutes les sommes détournées. A cela, le ministère public a ajouté 50 millions de dollars que le prévenu devra payer à l’Etat congolais à titre de dommages-intérêts et de 50 millions USD à payer aux tierces victimes de la liquidation de la Banque congolaise.

Dans sa critique, l’organe de la loi s’était longuement appesanti sur les infractions concernant le faux en écriture, la banqueroute et la dissimulation.
Ainsi, il a déclaré que Roger Yaghi a dissimulé d’importantes sommes d’argent à son propre compte, argent versé dans des sociétés apparentées et satellites. Sur ce point, le procureur s’est appuyé sur le rapport d’un inspecteur qui a écrit : « Tous ces crédits sont octroyés sans aucune couverture de la banque ».
Concernant le refinancement de la BCC, l’accusateur a soutenu que la BC n’honorait pas ses engagements dans la chambre de compensation, que c’est la BCC qui supportait tout.

En outre, le ministère public a fait cas du détournement de plusieurs autres millions de dollars de Roger Yaghi car il avait « tous les pouvoirs d’agir, il n’existe aucun doute que le prévenu ait détourné au préjudice de Lengelo et consorts ».
Après avoir reconnu que la législation congolaise n’a pas défini le blanchiment des capitaux, l’organe de la loi a déclaré aux juges que le prévenu a procédé au transfert de 32 millions de dollars à la société Intercap basée au Liban. Et comme motif, il a été seulement mentionné « Alimentation compte, paiement achat matériel ». Sur ce point, le ministère public a dit aux juges que le prévenu a reconnu qu’il intervenait de temps en temps quand il y avait retard. Il a fini par conclure : « Vérification faite, il n’existe aucun contrat de collaboration entre la Banque congolaise et Intercap of Shore ».

Abordant la dernière prévention, le ministère public a affirmé que le prévenu Roger Yaghi a escroqué la signature de Mme Natacha Muamba, laquelle n’avait pas d’autre choix que de signer sinon c’était la révocation. Notons qu’aucune ombre de la principale victime de cette prévention n’a été aperçue durant tous les débats.

Tshieke Bukasa

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