Accord-cadre d’Addis-Abeba : la société civile déplore la lenteur du gouvernement

images-Joseph_Kabila_et_le_membre_du_Gvt_Matata_365521223C’est à un travail de diagnostic sans complaisance que se sont livrés en ce mois de février 2014, les responsables de dix organisations et de coordinations provinciales de la société civile, autour de l’Accord-cadre d’Addis Abeba, et de la Résolution 2098 du Conseil de sécurité des Nations unies.  On a noté la présence à la tribune d’Emmanuel Kabengele du Réseau de réforme du secteur de sécurité et justice, Fernandez Murhola du Réseau national des associations de défense des droits de l’homme ( Renadhoc), Nixon Kambale du Centre pour la gouvernance (CEGO), Nicole Odia de l’Action contre l’impunité pour les droits humains (ACIDH), et de Jonas Tshiombela de la Nouvelle société civile congolaise (NSCC). 

 Ces panélistes ont dévoilé hier lundi 24 février 2014, dans la salle Suzanne de l’Hôtel Sultani, leur rapport préliminaire sur l’état de la mise en œuvre des engagements souscrits par le gouvernement de la RDC et ceux des Etats de la région de Grands Lacs, en insistant sur l’enlisement de la réforme de l’armée, la crainte de l’enlisement de la situation sécuritaire dans la partie orientale, le retard dans la mise en œuvre de la décentralisation, le résultat mitigé de la Monusco dans l’appui à la réforme du secteur de sécurité, et l’effectivité de la coordination des envoyés spéciaux dans l’accomplissement de leur mandat.

Nixon Kambale s’est appesanti sur le contexte politique et sécuritaire du moment, une année après la signature à Addis-Abeba, par 11 pays sous l’égide du secrétaire général des Nations Unies, de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération en RDC et dans la région de Grands Lacs. Il a alors cité les engagements et les obligations auxquels ont souscrits les pays signataires, et donné les mécanismes de mise en œuvre de cet accord au sein desquels la société civile est absente.

A l’issue de cette conférence, le groupe de travail de la société civile va élargir le cadre pour englober toutes les thématiques.

Fernadez Murhola du Renadhoc  a présenté le groupe de travail et de suivi qui procède à l’évaluation périodique de l’Accord-cadre du 24 février 2013 et de la Résolution 2098 du Conseil de sécurité, dans l’optique que ce soit le dernier accord qui  aboutisse à la pacification de la sous-région.

Emmanuel Kabengela wa Kalonji s’est intéressé aux faiblesses constatées depuis la mise en œuvre de cet accord, et a mis un accent particulier sur les questions de l’armée. On notera à l’occasion, l’extension de l’activisme des groupes armés ( Katanga, territoire de Masisi, situation sécuritaire volatile en province orientale avec la FRPU, les Maï-Maï, situation qui entraîne un drame humanitaire).

Il a toutefois déploré le retard très préjudiciable dans la mise en œuvre de la réforme de l’armée et des services de sécurité, surtout dans l’accompagnement de la Monusco.

Ces interventions, comme il faudrait le souligner ont abouti à une série de recommandations. Au gouvernement de la RDC, il a été recommandé entre autres d’accélérer la réforme de l’armée,  de mettre sur pied un mécanisme de lutte et de suivi contre le trafic illicite des ressources naturelles. Le groupe de travail a invité les Etats de la région, de poursuivre et déférer aux demandes d’extradition de toutes les personnes sur qui pèsent des soupçons de crimes internationaux, et de mettre sur pied un mécanisme de contrôle du trafic d’armes et de munitions.

A la Monusco, les associations de la société civile ont recommandé d’accompagner la réforme de l’armée et de participer à l’éradication de l’exploitation des ressources naturelles.

A la CIRGL et la SADC, il  été demandé d’accompagner la RDC dans le vetting des forces armées, de la PNC, pour que les services de sécurité et des renseignements de la RDC, cessent d’être le bastion de l’impunité et une cité de refuge  pour les auteurs des crimes imprescriptibles et autres violations massives des droits de l’homme.

Signalons que d’autres panélistes, le président de l’ACAJ, Sylvain Lumu de la Ligue des électeurs, Nick Elebe de l’Osisa, le directeur exécutif de la VSV, pour ne citer que ceux-là, étaient également présents à cette présentation de rapport clôturée par un jeu de questions-réponses.                                                                                                                                 J.R.T. 

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